Dans la
région Franche-Comté, la
sous-préfecture du
département du Jura, Dole, est aussi la ville la plus peuplée du
département (environ 25 000 Dolois). Située sur
le bord du Doubs et du canal qui relie le
Rhône au
Rhin, la ville de Dole est éloignée d'une cinquantaine de kilomètres de Dijon et de Besançon. La cité naît au
Moyen Âge, vers l'an 1000. Ce sont les ducs de Bourgogne qui élèvent une forteresse sur une falaise pour se protéger des invasions barbares. Bien vite, des maisons entourent le
château-fort. Dole se développe ensuite avec l'arrivée de congrégations religieuses vers 1120 et devient une capitale de
région. On y construit alors des fortifications, des moulins sur le
Doubs ainsi qu'un pont en pierre très long comportant 17 arches. À la mort de Renaud III de Dôle, sa fille épouse l'empereur allemand Frédéric Barberousse. La ville devient donc province allemande mais elle réintègre la Franche-Comté à la mort de Barberousse avant de passer aux mains de
Philippe le Bel en 1294. Un atelier de la monnaie y est installé. Plus tard, par le biais d'un
mariage, Dole est rattachée à la
Bourgogne. Ville proche de
Dijon, Dole connaît alors une période de prospérité jusqu'à ce que la
peste frappe la ville et décime la lignée seigneuriale. À nouveau, la ville passe au royaume de France qui fait fortifier Dôle avec 21 tours et 4 portes. Culturellement, la cité va devenir un pôle en Franche-Comté jusqu'à la
mort de
Charles Le Téméraire en 1476, ennemi juré de Louis XI. Ce dernier assiège la ville mais il est repoussé par les habitants. Deux ans plus tard, il revient en force et massacre toute la population doloise. Voulant punir la ville, il interdit toutes réparations. Les habitants vivent alors dans des caves... Ce n'est que sous Charles VIII que Dole peut être reconstruite avant de réintégrer le royaume des Habsbourg en 1493. C'est de cette époque que date la basilique Notre-Dame de style gothique. S'ensuit une période de neutralité avec la France et Charles Quint décide plus tard d'en faire une place-forte pour tenir tête à la France en 1530. Son fils, Philippe II d'
Espagne et roi des Flandres poursuivra les travaux. Dole connaît alors une période de grande prospérité grâce à son université, ses halles, le collège de Citeaux et d'autres établissements d'enseignement dont certains sont confiés aux Jésuites. On y construit l'hôtel-Dieu. Tout va pour le mieux dans la cité jusqu'à l'arrivée de
Richelieu qui a des vues sur la Franche-Comté. Le Grand Condé va assiéger la ville durant 80 jours. C'est un échec pour les Français. Ce siège éprouvant fait de nombreuses victimes : il ne reste que 662 habitants que les 4500 Dolois. Après une reconstruction difficile, c'est au tour de
Louis XVI de s'attaquer à la ville qu'il emporte facilement. Mais finalement, devant choisir entre les Flandres et la Franche-Comté, il délaisse cette dernière pour la reprendre six ans plus tard grâce à
Vauban le 9 juin 1674. Ce sera alors une grande récession pour Dole qui se verra rangée au simple niveau de petite ville française : elle perdra son
université, son parlement et son atelier de la
monnaie... Le tout sera transféré à
Besançon. Les fortifications seront détruites. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que la ville se relèvera peu à peu. Aujourd'hui, la ville est toujours assez industrielle (agroalimentaire,
porcelaine sanitaire, chaudronnerie,
électricité, outillage, etc...). Pour tout son passé, la ville de Dole est classée ville d'art et d'histoire. Autour de la Collégiale Notre-Dame se dressent encore de vieilles maisons du XVe au XVIIIe siècles. Le quartier de « la petite
Venise » est particulièrement agréable à visiter. Un secteur de 116 hectares a été complètement sauvegardé. De nombreux sites historiques sont à visiter : la collégiale Notre-Dame qui est la plus haute église de Franche-Comté, la chapelle du collège des Jésuites, le couvent des Cordeliers devenu le
Palais de justice, le couvent de la Visitation, celui des Carmélites, l'ancien
hôtel de ville, l'ancien Hôtel-Dieu devenu médiathèque, une dizaine d'hôtels particuliers (hôtel de Froissard,
hôtel de Vurry, la plus haute et la plus ancienne maison doloise), le collège de l'Arc du XVIIe siècle, les vestiges des fortifications de Charles Quint, l'ancien pavillon des
chevaliers de l'Arquebuse, etc... À noter que
Louis Pasteur est né à Dôle en 1822 et qu'un musée qui lui est consacré, a été instauré dans sa maison natale. À visiter aussi le musée des Beaux-Arts et d'
Archéologie de Dôle qui abrite des collections françaises, italiennes et nordiques des XVe et XIXe siècles ainsi que des pièces préhistoriques, gallo-romaines, mérovingiennes et égyptiennes. À proximité de Dole, on peut pratiquer la
pêche, le canoë-kayak, le
tourisme fluvial sur les rivières environnantes ainsi que le
golf, l'
équitation, le
VTT et la
randonnée sur les kilomètres de sentiers balisés. Aux alentours de Dole, ne manquez pas la Saline Royale à Arc et Senans qui exploitait le sel gemme : elle est inscrite au patrimoine mondial de l'
Unesco depuis 1983. À voir aussi le
château de Salans du XVIIe siècle. Enfin, pour vous balader dans la
nature, rien de tel que la forêt de Chaux qui s'étend sur 20 000 hectares. Il s'agit d'une des plus grandes forêts de
France qui abrite un seul village, La Vieille-Loye, connu pour sa verrerie. La forêt de la Serre est également très agréable : l'un de ses sentiers conduit à la grotte de l'Ermitage qui était peut-être habitée lors de la
préhistoire. Quant au Mont Roland, il s'agit d'une colline qui offre un magnifique point de vue sur toute la
région jusqu'au Jura et aux
Alpes.
Date de création : 16/07/2007 15:56
Contributions de Catherine
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