L'infectiologie a pour but l'étude et le traitement des maladies infectieuses. Il y a
maladie infectieuse quand un agent pathogène envahit un organisme animal ou humain. Parmi les micro-organismes qui se révèlent agents pathogènes, on distingue les bactéries, les
virus et les
parasites ou champignons unicellulaires. Rappelons que les infections bactériennes, à elles seules, sont responsables de plus de dix millions de décès dans le monde chaque année.
Les maladies infectieuses ont de tout temps été présentes dans la vie de l'homme et l'infectiologie est l'une des plus anciennes des branches de la médecine. Les
épidémies étaient déjà l'objet d'études du temps de l'Antiquité, par exemple,
Hippocrate, 460-356 av. J.-C., fut le premier à poser les observations cliniques et le diagnostic du tétanos. Cependant, en l'absence de moyens d'investigations, la
médecine ne pouvait que pratiquer l'observation clinique, sans pouvoir déterminer les causes et les facteurs de transmission des maladies. Si la
variole a été étudiée par les Égyptiens, les Grecs et les Romains dès le IXème siècle, ce n'est que cent ans plus tard qu'Avicenne, 980-927, démontra son caractère contagieux. Le paludisme également fut l'objet d'études d'infectiologie dès le Vème siècle avant notre ère, pourtant l'agent responsable et le mode de transmission ne furent découverts qu'à la fin du XIXème siècle. L'infectiologie moderne a vu le jour grâce à la mise au point des premiers
microscopes à partir de 1673, même si deux cent ans d'études supplémentaires ont été nécessaires pour que les micro-organismes observés soient réellement reliés aux pathologies qu'ils provoquent. On doit cette découverte à Louis Pasteur et à Robert Koch qui découvrit la bactérie responsable de la
tuberculose. L'infectiologie devint alors une discipline qui permettait non seulement de détecter mais surtout de soigner ou prévenir les maladies infectieuses. La
vaccination, notamment, dont les principes scientifiques nous viennent de
Louis Pasteur, fut développée par Edward Jenner en 1796 et permit de mettre en place les premières
politiques préventives. La microbiologie apporta une aide inestimable à l'infectiologie en permettant l'identification des agents pathogènes. En 1908, Paul Ehrlich inventa la sérothérapie qui consiste à injecter au malade des anticorps peu de temps après la mise en contact avec un agent infectieux, on soigne encore ainsi les morsures de
serpent ou les risques de
tétanos. Mais la grande révolution en infectiologie a été l'
invention des antibiotiques dans les années vingt, les sulfamides et la
pénicilline ont permis d'enrayer les infections d'origine bactérienne. De nos jours, l'infectiologie bénéficie de l'apport des nouvelles techniques de recherche, dont la
génétique moléculaire, pour fournir des identifications toujours plus précises. Pourtant beaucoup d'hommes meurent encore de
maladies infectieuses comme le
sida, fléau moderne digne de la
peste, ou le
paludisme, toujours pas éradiqué. L'infectiologie doit désormais également faire face au problème des germes résistants, les bactéries qui survivent aux traitements antibiotiques par exemple ou à la quinine. C'est pour cette raison qu'après une grande vague de délivrance d'
antibiotiques par les
médecins, on a fini par tirer la sonnette d'
alarme. Tous les êtres vivants sont programmés pour s'adapter, y compris les
bactéries et les parasites, on doit donc limiter leur contact avec les agents thérapeutiques sous peine de perdre toute efficacité.
Date de création : 17/07/2007 12:18
Contributions de Regine

Infectiologie
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