L'anglicanisme représente quatre vingt millions de fidèles principalement anglophones dans le monde. La conférence de Lambeth, présidée par l'archevêque de Canterbury, primat de l'Angleterre, est l'occasion de réunir tous les dix ans l'ensemble des Eglises anglicanes. En effet, contrairement à l'Eglise catholique, l'anglicanisme repose sur l'autorité religieuse locale et
non sur un pouvoir centralisé tel le
Vatican. Outre les diverses Eglises anglicanes de
Grande Bretagne, beaucoup d'autres parties du monde ont donc leur propre Eglise, notamment au
Canada, aux
États-Unis, en
Australie, en
Nouvelle-Zélande, en Afrique occidentale, en
Afrique centrale, en
Afrique du Sud, en
Inde, en
Chine, au
Japon et aux
Antilles. Au nom de la Communion anglicane, ces Eglises ont implanté de nombreuses missions au sein de populations marquées par la culture anglo-saxonne. Près de trois cinquièmes des anglais se réclament de confession anglicane, l'anglicanisme étant la religion officielle d'Angleterre depuis le XVIème siècle. L'anglicanisme a pour atout de constituer une voie moyenne entre le catholicisme et le protestantisme, avec la reconnaissance à la fois des principes protestants exposés dans le « Book of Common Prayer » (« Livre des prières communes »), et des saintes
Écritures interprétées par « les Pères catholiques et les premiers évêques ». Parlons histoire, lorsque Henri VIII, pour se venger du Pape qui avait refusé d'annuler son
mariage avec Catherine d'Aragon, rétablit l'Acte de Suprématie qui dénie l'autorité du Pape sur l'Eglise d'
Angleterre, le peuple anglais le suivit dans sa grande majorité. En effet, ces lois promulguées par le Parlement entre 1529 et 1536 ne dérangaient en rien les pratiques rituelles et donnaient au
pays une bouffée d'indépendance qui n'était pas pour déplaire à nos voisins insulaires. En outre, les rois anglais avaient déjà tenté dès le
Moyen Âge de réduire les pouvoirs de l'Eglise de
Rome. A la
mort de
Henri VIII, c'est la Réforme protestante qui développe son influence. En 1549, le clergé anglais a pour obligation d'utiliser le Book of Common Prayer nouvellement créé. Une deuxième édition suit, puis sont publiés les Quarante deux Articles, ramenés à Trente neuf Articles en 1563, qui définissent les dogmes d'un anglicanisme fortement teinté de protestantisme. Les souverains suivants apporteront des changements selon leur sensibilité religieuse ou
politique, Marie Tudor replace l'autorité papale, Elisabeth 1ère renouvelle l'Acte de suprématie et redéfinit avec plus de tolérance les règles de l'anglicanisme. L'arrivée au pouvoir de Jacques 1er, de la lignée des Stuarts, va voir l'interdiction du Prayer Book en raison des complots politiques, puis le roi est renversé et exécuté en 1649. Le Prayer Book est à nouveau remanié et l'usage en est rétabli dans les églises anglicanes en 1662. Malgré d'autres aléas politiques, l'anglicanisme ne sera plus remis en cause par l'Etat mais les différents courants de pensée apparus parmi les fidèles seront une autre source de conflits qui aboutiront à la création de nouvelles divisions religieuses, anglicanes ou non. Citons le méthodisme, issu du réveil évangélique ou le mouvement d'
Oxford dit « high church » sous influence catholique par opposition à la « low church » de sensibilité protestante et plus austère. L'issue de ce conflit sera la création de l'Eglise libérale ou « Broad Church ». On pourrait croire que de telles controverses et péripéties amènent forcément à des divisions importantes, mais les anglicans estiment qu'il s'agit là de l'esprit d'ouverture qui a fondé leur Eglise et qui en fait la richesse.
Date de création : 17/07/2007 17:50
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Anglicanisme
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