L'anarchisme se définit comme l'opposition à toute forme de domination afin de garantir la liberté individuelle. Les sources de la pensée anarchiste remontent à la
Révolution française, et le « Manifeste des Égaux » de Gracchus Babeuf qui date de la fin du XVIIIème siècle est reconnu comme une des premières actions libertaires. Les
fondements philosophiques de l'anarchisme sont communes à celles du marxisme mais s'en écartent sur l'idée du destin de l'Homme, l'anarchisme refusant l'idée de collectivité et prônant la souveraineté du Moi « unique », sur les bases de l'ouvrage de Max Stirner, « L'Unique et sa propriété » publié en 1845. Paradoxalement, cette doctrine qui proclame « Ni Dieu ni Maître » a puisé également dans l'enseignement du Christ, l'
écrivain français du XIXème siècle Pierre Joseph Proudhon a même célébré l'enseignement social de Jésus et son principe de dépassement de l'Etat. Considéré comme le père de la pensée anarchique, Proudhon réfute la théorie du contrat social défini par
Jean-Jacques Rousseau et estime que les règles unissant l'individu à la société doivent être totalement remise en cause. Selon l'anarchisme, la liberté de l'individu ne doit subir aucune forme de répression ou de contrôle extérieur. La vie en société doit donc rejeter tout type d'autorité et ne peut reposer que sur l'accord individuel de tous les membres de la communauté. En outre, l'anarchisme remet en cause la notion de propriété, avec dans ses rangs deux tendances opposées. La première soutient le maintien de la propriété individuelle alors que l'autre, héritière de la conception collectiviste de la répartition des biens, se rapproche du communisme. Le mouvement anarchiste se démarque pourtant nettement du communisme et dès 1866, le Russe Mikhaïl Bakounine prédit que le système communisme va créer une classe privilégiée, les bureaucrates, ce qui provoque la rupture définitive entre les deux courants. L'anarchisme philosophique d'aujourd'hui se distingue principalement de la pensée socialiste par le rejet de tout contrôle sur l'individu. Ce rejet de l'autorité peut conduire à la violence et l'insurrection, l'anarchie a donc souvent été associée au terrorisme. Effectivement, au début du XXème siècle, une vague d'assassinats commis par des anarchistes a eu pour victimes le président français Marie-François Sadi Carnot (1894), le roi d'
Italie Humbert Ier (1900), le
président des
États-Unis William McKinley (1901) et le roi de
Grèce George Ier (1913). En
France, entre 1892 et 1894, les anarchistes
Ravachol, Caserio et Vaillant ont commis une série d'attentats, puis c'est la célèbre bande à Bonnot, groupe de malfaiteurs inspirés par l'idéal anarchiste, qui a sévit entre 1911 et 1913. Ceci dit, on a souvent vu imputer aux anarchistes des crimes qu'ils n'avaient pas commis. Heureusement, l'activisme anarchiste va rapidement s'essouffler, et les militants vont se tourner vers la CGT naissante, par exemple, et d'autres organisations moins révolutionnaires. Même si
Mai 68 a remis quelque temps au goût du jour cette doctrine en prônant le chaos, le recours idéologique a fait long feu et il nous reste surtout aujourd'hui de l'anarchie un idéal romantique chanté par
Ferré, « Poètes, vos papiers ! »...
Date de création : 18/07/2007 15:05
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Anarchisme
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