La néphrologie est définie comme la spécialité médicale qui étudie la physiologie et les maladies des reins. La première observation médicale en néphrologie est faite par un chirurgien italien, Guglielmo de Saliceto (1210-1280). Il décrit la néphrite, maladie inflammatoire des reins, ainsi que des abcès et des
scléroses du rein. Un
traité sur les urines qui contient la première description de l'hémoglobinurie paroxystique, ou émission d'urine colorée par l'hémoglobine des globules rouges, est ensuite publié à la fin du XIIIème siècle par Johannis Actuarius de
Constantinople. Au XVIIème siècle, les observations spécifiques des maladies rénales et l'observation de présence d'
albumine dans les urines comme le signe de ces
maladies, qui vont constituer les bases de la néphrologie actuelle, sont découvertes par le Hollandais Dekkers (1648-1720) et l'Italien Domenico Cottugno (1736-1822). Par la suite, Addison décrit la destruction des glandes surrénales, maladie qui porte son nom, en 1855 et George Haley apporte sa contribution à l'étude d'Actuarius sur le passage du sang et de l'hémoglobine dans les urines. Grâce aux progrès de la physiologie, on apprend le rôle du rein dans l'épuration des déchets du
sang et les premiers examens microscopiques des reins montrent que ces derniers sont formés de tubules. Ces éléments amènent à la mise au point des premières dialyses, processus au cours duquel des ions et des petites molécules passent ou non, en fonction de leur taille, au travers d'une membrane. Le rein artificiel est né ! Le premier de ces instruments de néphrologie est inventé en 1914 à l'hôpital John Hopkins de
Baltimore. Le Néerlandais Willem Kolff invente trente ans plus tard le premier appareil capable de réaliser une dialyse automatique. Dès le début des années soixante, les malades souffrant d'insuffisance rénale chronique bénéficient des premières dialyses de long terme. Mais la néphrologie amène une autre grande innovation médicale en matière de soins pour les patients atteints de néphrite au stade terminal, c'est la greffe du rein. Les premières tentatives se heurtent aux réactions d'incompatibilité entre donneur et receveur d'organes. Mais en décembre 1954 à
Boston, lorsque J. Harrison et J. Murray font la transplantation d'un rein d'un donneur sur son frère jumeau, la
greffe est un succès. L'attribution d'un
prix Nobel récompense cette réussite qui va encourager d'autres
médecins de greffer d'autres organes, comme un poumon en 1963, puis un coeur en 1967. Aujourd'hui, la néphrologie dispose de nouvelles connaissances sur le système d'histo-compatibilité, ou système HLA, qui permettent une meilleure sélection des donneurs et des receveurs pour les greffes. On a également mis au point des nouveaux
médicaments pour traiter l'
hypertension artérielle en se basant sur l'étude des phénomènes de régulation dans les mouvements des ions et des petites molécules au niveau des tubules rénaux. Les diagnostics en néphrologie sont devenus plus fiables et surtout plus précoces, grâce à l'apport des autres disciplines scientifiques et médicales. Les néphrologues étudient maintenant les gènes responsables d'anomalies héréditaires ou de malformations des reins au cours du développement de l'organisme.
Date de création : 18/07/2007 16:08
Contributions de Regine

Néphrologie
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