L'héroïne est une drogue dérivée de l'opium du pavot, c'est, avec la morphine et la codéine, l'opiacé le plus utilisé mais elle est trois fois plus puissante que la
morphine. C'est un dérivé semi synthétique de l'opium se présentant sous forme de fine poudre soluble qui peut être de
couleur blanche (la chinoise), brunâtre (brown sugar), ou noire. L'héroïne vendue dans la
rue est parfois très faiblement dosée : de 5 à 10 %, parfois moins. En effet, pour en augmenter le volume, les vendeurs n'hésitent pas à la couper ou la diluer largement avec du lactose, de la quinine, de l'amidon, du
bicarbonate de soude ou encore de la strychnine. L'héroïne est humée ou injectée mais si les nouveaux consommateurs commencent habituellement par « sniffer », avec un effet assez lent à venir, certains finissent par l'injecter dans
les muscles ou dans les veines pour connaître le fameux « flash » abondamment décrit dans les ouvrages des années soixante. Car l'héroïne a bénéficié d'un effet de mode qui a eu des résultats très nuisibles sur la jeunesse de cette époque. Depuis, sa consommation a baissé mais elle s'est en partie reportée sur les nouveaux stupéfiants tels l'
ecstasy et autres drogues chimiques modernes. Les consommateurs d'héroïne décrivent après l'injection, un sentiment de
bien-être intense, une impression de chaleur, de
relaxation et de désinhibition, ajoutons que le produit réduit la douleur et retarde l'éjaculation. Mais l'effet ne dure que quelques heures et seule une nouvelle dose peut procurer à nouveau cet état de
détente et de déconnexion d'avec la réalité, d'où forcément une rapide dépendance. L'héroïne provoque alors des états de somnolence et d'éveil durant lesquels le monde n'existe plus, prise à fortes doses elle amène un état de torpeur permanent et des pupilles en « tête d'épingle ». Les nombreux risques médicaux liés à la prise et à l'overdose sont d'ordre cardiaques, infectieux et pulmonaires. De plus, la dépendance psychologique et physique à l'héroïne est très forte, elle crée une accoutumance qui amène à une augmentation des doses pour obtenir les mêmes effets et ensuite ne pas souffrir. Car les symptômes de sevrage vont des larmes à l'
insomnie, en passant par des phases de spasmes musculaires, d'
anxiété, de grelottements, d'
hypertension,
diarrhée, irritabilité, frisson etc. Si l'usager est en mauvaise
santé ou extrêmement dépendant, il peut même mourir de l'arrêt brutal de la drogue, sans parler des risques de transmission du
SIDA ou d'
hépatites. Le risque social est extrêmement grave, la drogue devient un prétexte pour voler ou même tuer et avoir une vie « normale » est impossible. C'est pourquoi on a mis au point des
médicaments qui permettent aux drogués de sortir du cercle infernal dans lequel ils se procurent l'héroïne en leur délivrant des substituts chimiques. La méthadone ou le Subutex, principaux produits concernés, sont distribués selon des protocoles très stricts dans des centres spécialisés ou les
pharmacies. En
France entre 1998 et 2005, la part des personnes prises en charge dans les Centres de soins spécialisés pour toxicomanes pour consommation d'opiacés est passée de 63 à 48 pour cent. En 2003, le nombre de personnes traitées par BHD ou
Subutex était estimé à environ 78 000, pour 14 000 traitées par
méthadone. La
chimie seule ne peut néanmoins pas faire de miracle et un accompagnement psychologique est indispensable pour permettre au malade, car c'est devenu un malade, de changer les éléments de sa vie qui l'ont amené à cette dépendance. On aborde là des problèmes qui rejoignent l'
alcoolisme et toutes les dépendances en général.
Date de création : 18/07/2007 18:06
Contributions de Regine

Héroïne
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :
la consommation d'Héroïne n'est absolument pas en baisse, le prix du gramme baissant. en plus les gamins d'aujourd'hui n'ont pas tous le souvenir comme dans les années 80 de seringues dans les parcs, de junkies marginalisés... mais il ne faut pas se tromper : la méthadone très dangereuse donnée par l'état pour que les tox restent tranquilles occasionne énormément plus de dépendance et même d'overdoses. et ne parlons pas de la codéine dans les sirop en vente libre ou presque... tout ça pour être tranquille...