L'expression « complexe d'infériorité » est entrée dans le
langage courant, pour devenir un lieu commun... Le complexe d'infériorité appartient à la théorie psychanalytique d'Alfred Adler. Il désigne ainsi pour Adler la crainte de paraître inférieur aux autres : cette crainte sera vécue comme une entrave et troublera l'action du sujet.
Cette crainte aurait pour origine soit une infirmité réelle, soit une éducation déficiente. Adler parle plutôt de sentiment d'infériorité : l'individu cherche alors à compenser ces déficiences, pour devenir à l'issue de cet effort de compensation soit un génie, soit un malade mental, avec tous les stades intermédiaires... Alfred Adler était passé de l'ophtalmologie à la psychanalyse après sa rencontre avec Freud, dont il sera l'un des nombreux disciples... Pour autant, Adler ne tardera pas à se séparer de son maître quand celui- ci lui demandera d'accepter sans discussion ses théories sur la sexualité. Il est ainsi l'un des premiers à démissionner de la Société de
psychanalyse... Dans « Le sens de la vie », Adler résumera sa théorie sur le complexe d'infériorité en une phrase lapidaire : « Etre un homme, c'est se sentir inférieur »... Ce serait donc pour lui un sentiment universel, auquel nul ne peut échapper. Le complexe d'infériorité, selon Adler, a trois sources différentes : une infériorité organique (le handicap par exemple...), les gâteries, ou une négligence dans l'éducation. Les lésions organiques ont une telle importance qu'elles finiront par affecter la structure du psychisme et pousser le sujet soit vers des réalisations extraordinaires, soit à la
névrose. Ainsi, Adler cite les cas fameux de Démosthène, qui était bègue,
Beethoven, qui était
sourd, et de
Monet, qui voyait mal, devenus successivement orateur de génie,
musicien brillant et
peintre de renom... C'est ainsi la loi de la compensation qui en donnerait l'explication ! Par ailleurs, l'enfant trop gâté pourra présenter des troubles dans son comportement social en se sentant à l'ombre d'une autre personne... A l'inverse, l'enfant détesté par ses parents ou négligé par eux aura tendance à soit se décourager facilement, soit à être constamment dans la recherche de domination ou de puissance. Freud critiquera vivement la psychologie individuelle d'Adler, en soulignant son caractère pauvre et partiel... Pour
Freud en effet, un «
enfant se sent inférieur s'il remarque qu'il n'est pas aimé, et il en est de même pour l'adulte »... Malgré son existence incontestable, la plupart des auteurs modernes enlève une bonne partie de l'importance qu'Adler donnait au complexe d'infériorité dans la vie psychologique des individus.... Pour autant, la découverte du complexe d'infériorité et ses conséquences thérapeutiques restent encore une avancée réelle dans la théorie psychanalytique.
Date de création : 19/07/2007 10:09
Contributions de Ludovic

Complexe d’infériorité
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