Un grand nombre de théories ont tenté d'expliquer l'homosexualité... Pour autant, ce n'est que très lentement que son caractère psychique est apparu. Ainsi, le médecin légiste Krafft-Ebing réalisa le premier l'inventaire et l'étude de toutes les perversions sexuelles (car à l'époque, l'homosexualité est considérée comme une perversion sexuelle). Pour lui, l'homosexualité résulte
d'une dégénérescence congénitale. L'explication de Krafft-Ebing prend tout son sens quand l'on se rappelle qu'en tant que
médecin légiste, il ne vit comme homosexuels... que des criminels, sans doute parfois vraiment dégénérés ! Il n'est donc pas étonnant qu'il ait pu transposer dans sa théorie la dégénérescence à l'homosexualité ! Havelock Ellis, un contemporain de Freud et de Krafft-Ebing, sera le premier à tenter de démystifier l'homosexualité. Il montrera notamment qu'elle n'est pas congénitale, mais toujours acquise : c'est-à-dire qu'on ne naît pas homosexuel, mais on le devient ! Ainsi, contre Krafft-Ebing et la plupart de ses disciples, Havelock Ellis affirmera le caractère psychique de l'homosexualité. Freud abordera le problème en 1905, critiquant l'organicisme de Krafft-Ebing sans pour autant valider la thèse de Havelock Ellis, qui selon Freud ne permet pas de comprendre pourquoi seulement certains individus pourront répondre par l'homosexualité à une situation donnée. Freud soulignera l'importance d'une constellation psychologique qui semble être décisive, sans pour autant nier la possibilité de facteurs organiques. Pour
Freud, ce qui serait décisif dans l'homosexualité serait la fixation infantile à la mère, qui conduira l'enfant à rechercher des adolescents qui lui ressemblent. Havelock Ellis avait d'ailleurs déjà souligné l'importance de ce choix en le nommant «
narcissisme ». L'étude du complexe d'Œdipe et son échec possible permettront un approfondissement des thèses relatives à l'homosexualité. Ainsi, alors que l'identification à la mère semble être décisive pour l'homme, c'est la fixation au père qui risquerait d'engendrer l'homosexualité chez la fille. L'élément décisif serait alors le
complexe de castration : si la
fille ne peut parvenir à accepter la différence des sexes, elle ne peut donc se détacher de son identification au père, risquant alors de devenir homosexuelle. C'est la manière par laquelle l'
enfant résout son complexe d'Œdipe lors de l'adolescence qui sera décisive dans l'apparition du comportement homosexuel... Quoiqu'il en soit, l'homosexualité ne serait pas, selon certains auteurs moderne, un « phénomène » qui pourrait être un objet de la
psychanalyse. Car la tentation est parfois grande d'une approche médicale du phénomène, approche qui exclue toute inclusion des sentiments, des passions amoureuses, irrationnelles par définition. Rappelons que l'homosexualité est punie de la
peine de mort dans certains
pays, tandis que l'
OMS ne la considère plus comme une
maladie psychiatrique : la notion est donc à manipuler avec précaution, tant les approches conditionnent la manière dont on aborde l'
homosexualité.
Date de création : 19/07/2007 10:10
Contributions de Ludovic

L’homosexualité en psychanalyse
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :