Robert Badinter est un avocat et homme politique français,
ministre de la Justice de 1981 à 1986, dont l'action fut à l'origine de l'abolition de la peine de mort en France. Il fut ensuite président du Conseil constitutionnel entre 1986-1995. Né à Paris en 1928, Robert Badinter est titulaire d'un Masters of Arts et agrégé de
droit. Entre 1954 et 1958, il fut chargé des travaux pratiques à la faculté de droit de Paris puis devint professeur agrégé de droit à
Dijon à
Besançon et à
Amiens. En 1974, il rejoint la capitale et devient professeur à l'
université de Paris I,
Panthéon-
Sorbonne. Son adhésion au Parti socialiste remonte à 1971, mais Robert Badinter milite également pour diverses organisations telles la Ligue des droits de l'homme ou Amnesty International et participe aux instances de la communauté israélite. Sa carrière d'
avocat à la
cour d'appel de
Paris l'amène à plaider dans des affaires financières, industrielles et criminelles. C'est ainsi qu'il défend en 1972 Roger Bontems, jugé coupable avec Claude Buffet d'une prise d'otages meurtrière à la centrale de Clairvaux. Les deux criminels seront guillotinés, et ces exécutions donneront l'impulsion à Robert Badinter de s'engager résolument pour l'abolition de la peine de mort. En 1977, il plaide la cause d'un meurtrier d'enfants, Patrick Henry, et obtient la condamnation à perpétuité plutôt que la
guillotine. Dès lors, il se chargera de la défense de tous les condamnés à mort qui sont rejugés, après arrêts de la
Cour de cassation. Robert Badinter a accompagné
François Mitterrand lors des campagnes présidentielles de 1974 et de 1981, il devient donc garde des Sceaux du gouvernement de Pierre Mauroy quand la gauche prend le pouvoir en 1981. Robert Badinter élabore alors le projet de loi d'abolition de la peine de mort qui est voté le 18 septembre 1981. Son action dans les réformes du système judiciaire et carcéral va dans un sens moins répressif. On lui doit entre 1981 et 1982 l'abrogation des lois « sécurité et liberté » et « anticasseurs », ainsi que le délit d'
homosexualité. Son souci de moderniser la justice et de la mettre en conformité avec les droits de l'homme l'amène à développer des peines de substitution pour les délits mineurs pour alléger les
prisons. Il crée même un Conseil national et des conseils départementaux de prévention de la délinquance. Sensible aux problèmes de surpopulation en milieu carcéral, il crée des réformes visant à humaniser la situation des détenus. Robert Badinter va encore améliorer l'accès des citoyens à la justice en élargissant le droit pour les
associations de se constituer parties civiles en matière de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre ou de crimes à caractère raciste. Grâce à lui, la
France reconnaît le
droit à tout justiciable d'exercer un recours individuel devant la Commission et la Cour européenne des
droits de l'homme. Robert Badinter succède ensuite à Daniel Mayer à la présidence du Conseil constitutionnel en février 1986. Sa politique sera celle de ses prédécesseurs, le Conseil sera jusqu'en 1995 le défenseur vigilant des libertés publiques et le garant de la continuité des institutions alors que trois alternances politiques et deux cohabitations se partageront tour à tour le pouvoir exécutif. Toujours dans un souci de tolérance et de justice, Robert Badinter travaille ensuite pour la Cour de conciliation et d'arbitrage créée en 1992 dont l'objet est de régler les différends opposant les États. Son élection en tant que sénateur des Hauts-de-Seine en 1995 est reconduite en 2004. Outre ses talents d'
avocat et de homme
politique, Robert Badinter est également
écrivain. Son dernier ouvrage paru en 2006 a pour titre « Contre la peine de
mort » et constitue un nouveau plaidoyer en faveur de l'abolition de la
peine de mort dans le monde.
Date de création : 21/07/2007 16:58
Contributions de Regine

Robert Badinter
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