Le féminisme est un mouvement militant qui défend le rôle et les droits des femmes dans la société. Le terme de féminisme apparaît dans les années 1890 et désigne déjà la revendication collective des femmes envers l'égalité des sexes. Mais l'aspiration féminine à l'égalité remonte bien avant cette époque. Dès 1405, Christine de Pisan, connue pour avoir défendu la cause des
femmes contre les écrits misogynes des prêtres, dénonce les discriminations dont souffrent les femmes dans son ouvrage « la cité des femmes ». La fille adoptive de
Montaigne, Marie de Gournay, publie deux siècles plus tard « l'égalité des hommes et des femmes » et milite pour la revendication principale des femmes à l'époque : le droit à l'instruction. En effet, on commence à se rendre compte que la femme est éduquée selon une position d'infériorité qui l'empêche d'accéder au même statut que les hommes. La
Révolution Française va voir les débuts du féminisme, grâce à Olympe de Gouges qui réclame en 1791 la reconnaissance de la citoyenneté des femmes. Outre-Manche, c'est Mary Wollstonecraft qui pose les bases du féminisme actuel avec « A Vindication of the Rights of Woman », Défense des droits de la femme, un
livre publié en 1792. Mais la réaction conservatrice étouffe ces premières manifestations, et en France le code
Napoléon de 1804 consacre l'incapacité juridique de la femme. Il faudra attendre les révolutions de 1830 et de 1848 pour que les droits éducatifs, économiques et
politiques des femmes soient à nouveau à l'ordre du jour. La femme devient un acteur de l'évolution industrielle et gagne son indépendance économique par le
travail salarié. Les militantes socialistes telle l'
écrivain Flora Tristan se battent pour la cause des ouvrières et la lutte pour le divorce. Les journaux se mettent également à diffuser la cause du féminisme, « la Femme libre » fondé en 1832 ou « la Voix des femmes » de 1848 dénoncent la tutelle masculine et l'inégalité des
salaires. Le droit de vote est également une revendication très forte, car l'instauration du suffrage « universel » de 1848 exclue toujours les femmes. En 1871, la
Commune de
Paris et la IIIème République donnent à nouveau la parole aux femmes, notamment à la militante révolutionnaire Louise Michel. Le féminisme se développe peu à peu partout en
Europe et aux
Etats-Unis. L'alliance internationale pour le suffrage des femmes voit le jour en 1904, malgré la grande résistance masculine à ce qui est considéré comme une menace pour le foyer et la
famille. L'État du
Wyoming est le premier à accorder le droit de vote aux femmes dès 1869. Mais les suffragettes européennes devront attendre les deux guerres mondiales pour voir leurs efforts reconnus et les femmes admises comme citoyennes « de première catégorie ». Toutefois, les inégalités demeurent flagrantes,
Simone de Beauvoir les met en
lumière dans « le Deuxième Sexe » en 1949. Cet essai littéraire fait l'effet d'une bombe, il accuse la société de maintenir la femme en position d'infériorité et appelle à la lutte pour l'indépendance. Les mouvements suivants, dans les années 1960-1970, feront du féminisme une lutte non seulement pour l'égalité entre les sexes mais aussi pour la spécificité de l'identité féminine. En 1968, deux célèbres mouvements de libération sont ainsi créés, le Women's Lib aux États-Unis, et le MLF en
France. Le féminisme va remporter des victoires sur l'
opinion et les pouvoirs publics, on lui doit en 1967 la loi Neuwirth qui légalise la
contraception, en 1975 la loi Veil qui dépénalise l'interruption volontaire de grossesse (
IVG), la refonte totale de la législation sur le
divorce et le principe de l'égalité professionnelle entre hommes et femmes. Pourtant la lutte n'est pas finie, les femmes doivent toujours défendre pied à
pied leurs droits et dénoncer les discriminations professionnelles et salariales, sans parler de leur sous-représentation au sein des institutions
politiques.
Date de création : 23/07/2007 13:13
Contributions de Regine

Le féminisme
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