Armand-Gaston Camus, né le 2 avril 1740 à Paris et disparu le 2 novembre 1804 à Montmorency, était un avocat, un jurisconsulte et un homme politique. Il était membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1783 mais c'est son activité pendant la période de la Révolution qui le rendit célèbre. Armand-Gaston Camus, élu député du Tiers aux Etats généraux par la
ville de Paris le 13 mai 1789, fut un des premiers à prêter le serment du Jeu de Paume. Il devint l'archiviste de la Constituante le 14 août 1789 et fut à l'origine de la création des Archives nationales. C'est lui qui rendit public le « Livre rouge » contenant la liste des pensions payées par le Trésor royal. Anciennement avocat du clergé de
France au parlement de
Paris au moment de la Révolution, il se fit haïr par ses anciens clients en faisant voter la Constitution civile du clergé et la suppression des annates versées à la papauté. On doit également à Armand-Gaston Camus la suppression des titres de noblesse, le 30 juillet 1791. En mission en
Haute-Loire, où il représentait la Convention, il envoya à l'assemblée nationale un écrit recommandant « la
mort sans appel et sans sursis » lors du jugement de Louis XVI. Armand-Gaston Camus devint ensuite membre du Comité de Salut public, ses fonctions en firent le commissaire de la
Convention auprès l'armée commandée par Dumouriez en
Belgique. Mais ce dernier le livra aux Autrichiens avec ses collègues. Retenu d'abord à Mons comme otage pour négocier la vie de la Reine et de son fils, Armand-Gaston Camus fut détenu à Maëstricht, Coblence et Olmütz avant d'être enfin relâché à
Bâle contre la
fille de Louis XVI, devenue duchesse d'
Angoulême. Il rentra en
France en 1795 au bout de trente-trois mois de captivité. A la suite de son élection au Conseil des Cinq-Cents, on lui proposa en vain les ministères des
Finances et de la
Police. Il est vrai qu'Armand-Gaston Camus n'était pas enthousiasmé par l'établissement du gouvernement consulaire et qu'il n'était pas politiquement proche de
Bonaparte. Nommé garde des archives générales en 1796, il délaissa définitivement la politique et se tourna vers ses travaux littéraires et ses fonctions d'archiviste. Il se consacra alors au développement de la bibliothèque de l'
assemblée nationale en lui adjoignant quantité d'ouvrages tirés des Dépôts littéraires qui rassemblaient les bibliothèques saisies lors de la
Révolution chez des religieux et des émigrés. Armand-Gaston Camus créa ainsi un organe de documentation qui aujourd'hui encore profite au législateur. Au niveau littéraire, on lui doit principalement des ouvrages de droit, ses «
Lettres sur la Profession d'avocat » de 1772 ont été reproduites par André Dupin sous le titre de « Manuel de l'
avocat » en 1832, ou encore un Code matrimonial en 1770. Cependant, Armand-Gaston Camus s'intéressait également à la littérature grecque et même dans les geôles autrichiennes, il travaillait à des
traductions d'
Aristote ou d'Epictète. C'était un homme cultivé, qui a joué son rôle dans la vie
politique mouvementée de son époque puis a su s'en dégager pour se consacrer à l'art et aux archives.
Date de création : 23/07/2007 16:03
Contributions de Regine

Armand-Gaston Camus
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