Gisèle Halimi, née en
Tunisie en 1927, est avocate et militante depuis son inscription au Barreau de
Tunis en 1949 puis à celui de
Paris en 1956. Cette avocate milite depuis sa jeunesse en faveur des
Droits de l'Homme, son engagement, sans concessions, l'a amené notamment à dénoncer la torture pratiquée par l'armée française en se plaçant aux côtés des indépendantistes durant la guerre d'
Algérie. Son nom faisant autorité en la matière, c'est elle qui présida en 1967 la Commission d'enquête du tribunal Russel sur les crimes de guerres américains au
Vietnam. Le militantisme féministe était alors en pleine effervescence et Gisèle Halimi fonda avec
Simone de Beauvoir le mouvement féministe « Choisir la cause des femmes » en 1972. Elle plaida à cette époque pour la dépénalisation de l'avortement et fit partie des 343 femmes qui déclaraient avoir avorté et réclamaient l'accès aux moyens anticonceptionnels et l'avortement libre. Dans une affaire d'avortement d'une mineure à la suite d'un viol, qui fait grand bruit à Bobigny en 1972, Gisèle Halimi défendit l'accusée en faisant une tribune contre la loi de 1920. On peut dire maintenant que ce procès a aidé les mentalités à changer et la loi Veil de 1975 sur l'interruption volontaire de grossesse (
IVG) en découle en partie. Gisèle Halimi a été l'amie et l'avocate de
Jean-Paul Sartre ; après Paul Halimi, son second mari a été Claude Faux, le secrétaire du grand écrivain et
philosophe français. Son parcours
politique la rapproche de
François Mitterrand dans les années soixante dix, mais en 1981 lorsqu'elle est élue à l'Assemblée nationale, elle ressent le frein de la misogynie ambiante et déplore le manque de femmes députées. Le vote de sa proposition de l'amendement instaurant un quota pour les femmes aux élections est quasi-unanime en 1982 mais est censuré par le Conseil Constitutionnel aussitôt. La vie et la carrière de Gisèle Halimi sont synonymes de ceux d'une femme intègre qui a toujours dénoncé les injustices. L'
écrivain en elle a relaté les épisodes douloureux de sa vie, qu'ils remontent aux douleurs de son enfance ou à celles d'être manipulée par les politiques ou encore bafouée par les nombreux machos de l'
Assemblée nationale. Les
livres qui en témoignent s'appellent « Djamila Boupacha », 1962 « La cause des femmes » et «
avortement, une loi en procès » en 1973, « Le lait de l'
oranger » en 1988 et « La nouvelle cause des femmes » en 1997. Le procès de Bobigny a par ailleurs été adapté pour le petit
écran, Anouk Grinberg interprètant le rôle de Gisèle Halimi dans le téléfilm de François Luciani. Gisèle Halimi fait partie des grandes figures de l'histoire des luttes menées en
France dans la deuxième partie du siècle. Parallèlement au métier d'avocat qu'elle exerce toujours, son engagement féministe s'exprime dans l'Observatoire de la parité qu'elle anime désormais. Le grade d'officier de la
légion d'honneur est venu récompenser en 2006 le combat de Gisèle Halimi qui est également une des fondatrices de l'
association altermondialiste ATTAC.
Date de création : 23/07/2007 17:13
Contributions de Regine

Gisèle Halimi
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :