Michel Serrault s'est éteint dimanche soir 29 juillet 2007, à l'âge de 79 ans des suites d'un
cancer à
Honfleur, en
Normandie. Après 135 films et de nombreuses pièces de théâtre en 50 ans de carrière, il a joué près de 150 personnages tantôt
comiques, tantôt dramatiques, parfois inquiétants, et excellait dans tous les registres. Né le 24 janvier 1928 à Brunoy dans l'Essonne, il croit avoir une vocation de prêtre mais, après un passage éclair au Séminaire, il préfère s'orienter vers le théâtre et choisit d'être un clown. Un comble ! Le plus grand
acteur français est refusé au Conservatoire après deux ans passés au centre de la rue Blanche ! Son tout premier contrat est signé en 1946 pour « Les Fourberies de Scapin » mais il se tourne vers le cabaret. Il y rencontre son ami Jean Poiret et le duo fonctionne à merveille. C'est en 1954 que Michel Serrault fait ses débuts au cinéma dans « Ah ! Les belles bacchantes » de Jean Loubignac. Il enchaîne dans « Les diaboliques » de Henri-Georges Clouzot l'année suivante puis dans « Assassins et voleurs » de
Sacha Guitry en 1957. Il continue sa carrière au théâtre, étant peu plébiscité pour le cinéma. Il enchaîne les rôles médiocres jusqu'à Pierre Tchernia qui lui offre son premier rôle important dans « Le Viager ». Mais sa carrière prend véritablement un tournant en 1973 avec la pièce de théâtre « La cage aux folles » écrite par Jean Poiret. La pièce sera à l'affiche durant cinq ans ! Michel Serrault incarne l'inoubliable « Zaza Napoli ». La pièce sera plus tard adaptée au cinéma et le comédien recevra à cette occasion son premier César (1979). Après « La cage aux folles » au
théâtre, durant les années 70, Michel Serrault devient une véritable star et le cinéma commence à lui proposer des rôles différents, décalés, sombres et grinçants, comme son ami Jean-Pierre Mocky qui le fera tourner à dix reprises (« L'ibis rouge » dans lequel il joue un étrangleur). Tour à tour
banquier véreux dans « L'Argent des autres » de Christian de Chalonge, inconnu du RER dans « Buffet froid » de Bertrand Blier, il enchaîne les rôles forts dans lesquels tout son talent peut s'exprimer : « Mortelle randonnée » de Claude Miller, « On ne meurt que deux fois » de Jacques Deray, « Pile ou Face » de Robert Enrico. Mais c'est son rôle du notaire Jérôme Martinaud dans « Garde à vue » en 1981 qui va lui donner sa renommée de « monstre du
cinéma » dans le rôle d'un
notaire accusé du viol et du meurtre d'une petite
fille. Face à
Lino Ventura, Michel Serrault est tout simplement exceptionnel et son talent est une nouvelle fois récompensé par un César. Il en recevra un troisième avec « Nelly et M. Arnaud » face à Emmanuelle Béart, dernier film de Claude Sautet en 1995. Il renoue ensuite avec la comédie dans « Le
Bonheur est dans le pré » d'Etienne Chatiliez, tourne pour Claude Chabrol dans « Rien ne va plus », pour Mathieu Kassovitz dans « Assassin(s) » puis pour Christian Carion dans « Une Hirondelle a fait le printemps » auprès de Mathilde Seigner, rôle dans lequel il joue un vieux paysan bougon en 2001. Il campe aussi pour
TF1 un « Gaston Dominici » époustouflant en 2003. Cet immense comédien, qui adorait les clowns, tristes ou gais, a joué avec les plus grands réalisateurs (Clouzot,
Chabrol, Mocky, Lautner, Audiard, Blier, Zidi, Kassovitz, etc...). Se glissant dans la peau de n'importe quel personnage, comique, ambigu, dramatique, il se définissait comme « l'âme de
Chaplin sur un corps d'apothicaire ». C'est sans doute le plus grand
comédien français qui vient de nous quitter.
Date de création : 30/07/2007 09:25
Contributions de Catherine

Michel Serrault
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :
la carrière de Michel Serrault est impressionnante , ce que vous dites n'est pas faux, Michel Serrault était l'un des derniers grands acteurs français encore en vie, mais il vient de nous quitter ...