Il y a des jours comme ça où le cinéma nous joue des tours. Alors que l'on vient d'apprendre le
décès du grand Michel Serrault, la nouvelle tombe ce matin : Ingmar Bergman est mort. Né le 14 juillet 1918 à Uppsala au nord de
Stockholm, ce fils de pasteur luthérien
ambitieux est très vite marqué par une éducation religieuse très sévère et une vie austère, d'autant plus que les rapports familiaux sont très ambigus et contrariés. Obsession du péché, punitions corporelles, rites religieux... C'est sans doute de cette enfance tourmentée et assez traumatisante que lui viendra la nécessité de transmettre au cinéma ses propres questions sur la vie, la mort ou le couple. Très tôt, le jeune
garçon s'intéresse au cinéma, reçoit un cinématographe en cadeau et visite les studios suédois. Il est également attiré par le théâtre et par la littérature (Dostoïevski,
Balzac,
Flaubert, Nietzsche) et mettra en scène des pièces de théâtre. Il part ensuite pour l'Allemagne dans une famille d'accueil qui adore Hitler et lui-même se trouve galvanisé par les discours d'
Hitler, trop jeune pour comprendre sans doute. Revenu en Suède, il est baigné dans cette ambiance de l'idéologie
nazie (son frère est un des fondateurs du parti nazi suédois). C'est la terrible découverte des camps d'extermination après la guerre qui va le traumatiser et l'éloigner définitivement de la
politique. Il étudie l'histoire et la littérature. Un temps
acteur, il se tourne vers la mise en scène et écrit des pièces de
théâtre. Il est ensuite employé scénariste pour des studios suédois. Bergman imite les méthodes américaines mais préfère les Français Jean Renoir, Marcel Carné ou Julien Duvivier. Après un premier échec, il réalise quelques films à partir de 1945 d'où se dégage déjà une révolte contre la religion et la
famille : « Il pleut sur notre
amour » - « L'éternel mirage » - «
Musiques dans les ténèbres » - « Crise ». Ces films sont sévèrement critiqués. C'est sur la
Côte d'Azur qu'il va vraiment trouver son inspiration et « décoller ». À
Paris, il va aussi découvrir la Comédie Française. Entre-temps sa vie
amoureuse est une suite d'épisodes, de
mariages, de
divorces. Mais le « maître du
cinéma suédois » a pris de l'assurance et il réalisera 54 films parmi lesquels « Sourires d'une nuit d'été » en 1955, « Le septième sceau » en 1957, « Les
Fraises sauvages » en 1957, « Cris et Chuchotements » en 1972, « Scènes de la vie conjugale » en 1974 et « Sonate d'automne » en 1978 pour ne citer que les plus célèbres. En exil en
Allemagne en 1976 pour des raisons fiscales, Ingmar Bergman réalise encore « L'
oeuf du
serpent » sur la montée du nazisme. Revenu en Suède, il réalise « Fanny et Alexandre » oeuvre qui sera couronnée par quatre Oscars. Depuis 1995, Ingmar Bergman vivait seul sur l'île de Farö en mer Baltique, lieu qui lui servit de décor pour plusieurs films. Marié cinq fois, il eut neuf enfants. Commandeur de la
Légion d'honneur, membre de l'Académie des
lettres de
Suède, Ingmar Bergman s'est éteint, à l'âge de 89 ans nous laissant une oeuvre intimiste où se révélaient la complexité des rapports humains, le duel avec la
mort, l'absence de Dieu, la magie de la vie... Une oeuvre difficile mais acclamée par les cinéphiles du monde entier.
Date de création : 30/07/2007 15:07
Contributions de Catherine

Ingmar Bergman
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :
Ingmar Bergman était un grand cinéaste, ce fut une grande tristesse que d'apprendre sa disparition. j'aimais beaucoup les films d' Ingmar Bergman.