envoyer la page à un ami Ajouter aux favoris Version imprimable dico de la beauté dico des célébrités dico des marques dico de la musique dico des finances annuaire Histoire


Philippe Pétain : du vainqueur de Verdun, au Chef d’état suprême du régime de Vichy



Jamais homme politique et militaire n'a fait l'objet d'autant de polémiques et de controverses dans l'histoire de France. Car, que faut-il retenir de Pétain... Le vainqueur de Verdun ou le collaborateur nazi ?... Sans doute les deux... Né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour, petit village du
Pas-de-Calais, Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain est élevé dans la tradition catholique, bercé par les récits des guerres de son oncle qui a servi dans la Grande Armée de Napoléon, et marqué par la guerre de 1870. C'est donc tout naturellement qu'il se dirige vers des études militaires en 1876 à l'Ecole militaire de Saint-Cyr. Lors de l'affaire Dreyfus, Pétain se range du côté des militaires pour ne pas salir la réputation de l'armée. Militaire dans l'âme, il se montre fin tacticien, ce qui lui vaut parfois les foudres des enseignants militaires en place. En 1914, Philippe Pétain, alors colonel, est proche de la retraite quand éclate la Première Guerre mondiale. Il se distingue en Belgique et le voilà nommé Général de corps d'armée, très apprécié par ses hommes. Il prend la tête des troupes françaises lors de la bataille de Verdun en 1916 et instaure une politique de ravitaillement et de soins pour les soldats du front (ce qu'on appellera « la voie sacrée »). En créant une division de chasse aérienne, il sera « le vainqueur de Verdun ». Arrive ensuite l'horrible bataille du Chemin des Dames durant laquelle 100 000 hommes sont mis à mal ou tués par la négligence du Général Nivelle. Celui-ci est déposé et Pétain prend sa place à la tête des armées françaises. La confiance est revenue au sein des troupes. En 1918, Pétain rappelle le Maréchal Foch qui avait été mis à l'écart au même titre que Nivelle. Foch devient le chef suprême de toutes les troupes alliées. Alors que Pétain était contre, l'Armistice est signé le 11 novembre 1918 par Foch et Clemenceau. Pétain devient cependant Maréchal de France. Entre les deux guerres, il reste Général en chef de l'armée et il sort victorieux de la guerre contre le Maroc en 1925-1926 en employant, pour la première fois, des armes chimiques. En France, il s'oppose à une ligne de défense continue et encourage à la construction de chars contre l'avis de Foch. À la mort de ce dernier, Pétain est élu à l'Académie française le 20 juin 1929. Finalement bien âgé, il est remplacé le 9 février 1931 à la tête des armées par le Général Weygrand. Pétain a alors 74 ans. Mais, toujours bon pied bon oeil, il est nommé Général de la défense aérienne. Il demande alors à Pierre Laval, Président du Conseil, de lui accorder des crédits pour construire une vraie force aérienne, tout autant de défense que d'attaque. Cela est refusé. En 1934, Pétain est un éphémère Ministre de la Guerre jusqu'à ce que le cabinet de Doumergue soit renversé. Durant ce temps, Hitler renforce son armée. Pétain, durant son exercice, fait construire des chars de combat et fait former les futurs officiers aux chars et à l'aviation. Il soutient, du bout des lèvres, le principe de la ligne Maginot, tout en étant persuadé de son inefficacité si elle n'est pas doublée de lignes motorisées rapides... L'histoire ne va pas lui donner tort. S'il insiste pour la construction de chars rapides et légers, ce sont des chars lourds qui vont être construits. Très populaire chez les Français et dans les milieux d'extrême-droite en 1935, sa brouille avec les parlementaires va le conduire à refuser tout poste d'importance. Pétain participe ensuite au Conseil supérieur de guerre, aux côtés de Charles de Gaulle qui n'est encore que Colonel. Les deux hommes ont la même vision : une guerre offensive avec une concentration de chars rapides et d'avions. Mais la ligne Maginot était en voie de construction. Cette ligne de défense, incomplète, s'arrêtera à la frontière belge et ne servira à rien. Les Allemands n'en feront qu'une bouchée lors de la Blitzkrieg (guerre éclair). En mars 1939, Pétain alors ambassadeur de France en Espagne, rencontre le général Franco et suite à un accord, fait transférer les réserves d'or de la Banque d'Espagne ainsi que les toiles du musée du Prado conservées en France à Madrid. Pétain accepte le 17 mai 1940 la vice-présidence du Conseil du gouvernement. Aux débuts de la guerre, deux clans s'opposent : d'un côté De Gaulle et Mandel qui veulent résister aux Allemands, de l'autre Pétain et Weygand, en faveur de l'armistice. Hitler ne s'embarrasse pas de telles tergiversations et occupe Paris le 14 juin 1940. La bataille de France est perdue. Le gouvernement se réfugie à Bordeaux. Alors que Pétain l'exhorte de signer l'armistice, Paul Reynaud, au lieu de se battre pour ses convictions pour continuer la lutte, donne sa démission et confie la France au Maréchal Pétain le 16 juin 1940, choix approuvé par le Président de la République Albert Lebrun... Il est vrai que le « vainqueur de Verdun » est extrêmement populaire. Une fois en place, Pétain demande l'armistice qui est signé à Rethondes le 22 juin 1940. L'annonce à la radio de cet échec a un effet désastreux sur les troupes. Une semaine plus tard, le gouvernement s'installe à Vichy à la demande de Pierre Laval. Le 10 juillet, une loi constitutionnelle donne tous les pouvoirs au Maréchal Pétain, sans aucun contrôle de l'Assemblée. C'est l'institution sans aucune légitimité de « l'Etat Français », un régime dictatorial sans Constitution et sans Parlement avec à sa tête un homme de 84 ans qui n'avait comme modèle que les guerres napoléoniennes, celle de 1870 et sa réputation de « Vainqueur de Verdun »... Autant dire qu'Hitler n'en fit qu'une bouchée ! Lors du régime de Vichy, Pétain se montra extrêmement incompétent car influençable tout en étant autocratique car il se vantait d'avoir « plus de pouvoirs que Louis XIV » (sic !). Le pouvoir lui monta à la tête puisqu'il pouvait désigner son successeur à l'image des anciens Rois de France, promulguer une nouvelle Constitution, gouverner, légiférer en disant « Nous, Maréchal de France, décidons que... ». Ses dauphins, Pierre Laval et François Darlan, n'étaient guère plus selon lui que des vice-présidents du Conseil. Le vieil homme, qu'on pouvait penser sénile, gouvernait pourtant de manière autoritaire. Irrité de la place prépondérante de Pierre Laval dans les négociations avec l'Allemagne nazie, Pétain le renvoie. Il signe, par la même occasion, nombre de révocations de maires, de préfets qui ne veulent pas lui obéir dont un certain Jean Moulin qui sera la figure emblématique de la Résistance Française. La République Française disparaît au profit de « l'Etat Français ». Toutes les libertés publiques sont suspendues ainsi que les partis politiques, les centrales syndicales, les unions départementales, les assemblées élues, la Franc-Maçonnerie, les Conseils Généraux, les municipalités. Ne reste comme devise que la collaboration. Charles de Gaulle est condamné à mort le 2 août 1940 par contumace, Pétain fait enfermer Pierre Mendès France qui arrive à s'échapper de sa geôle pour rejoindre les Forces Françaises Libres. La guillotine fonctionne à nouveau en automne 1941. Auparavant, Léon Blum est arrêté, ainsi que Daladier et Paul Reynaud. Pétain envisageait même de faire le procès du Front Populaire, selon lui responsable de la défaite française !!! Le procès sera suspendu mais les internés seront livrés aux Allemands... Chez les Français moyens pendant ce temps, le culte du chef fait rage. Le visage de Pétain s'affiche partout, même sur les timbres et les pièces de monnaie... Un vrai roi, Pétain est un vrai roi. La République est honnie et Marianne est retirée des mairies, sur ordre. Un hymne « Maréchal, nous voilà ! » et voilà « La Marseillaise » mise aux oubliettes. On fête chaque 3 mai la Saint-Philippe, les fonctionnaires doivent prêter serment de fidélité au Maréchal, même par les Juges. La presse est muselée ou elle doit se faire complice pour vanter les mérites de Pétain, le vainqueur de Verdun. Alors que Pétain est tout à sa congratulation propre, Laval prévoit les milices et la Francisque. Malgré tout, Pétain est populaire, il est vrai qu'il fait des discours à la radio et qu'il entreprend des voyages dans la France profonde et qu'il est soutenu par de nombreux hommes d'église dont l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France, dans une France qui est encore très catholique à l'époque. Même les purs nazis français lui rendent hommage (Darnand, Doriot, Bruneton chargé du travail forcé...). La devise « Liberté, Egalité, Fraternité » est remplacée par « Travail, Famille, Patrie ». Pétain désire même fonder une nouvelle « Révolution nationale » tant il est imbu de son image. Cela ne se fera pas lorsque Laval reprendra du pouvoir en avril 1942, poussé par Hitler. Culte de la personnalité, entente avec l'ennemi, reniement de la République... Les historiens sont partagés car comment le vainqueur de Verdun aurait-il pu accepter de se soumettre aux Germaniques ? Etait-il au courant des déportations de Juifs ? Oui... Etait-il au courant du travail obligatoire ? Oui... Etait-il au courant de la chasse aux communistes ? Oui... Etait-il au courant des actions de Laval et de sa compromission ? Oui... A-t-il agi contre les Juifs, les Francs-Maçons et les Communistes ? Oui... (des textes ont été signés, tant pis pour ceux qui veulent réhabiliter sa mémoire). Maurras et ses sbires entourent le Maréchal et il devient même proche de « l'Action française », cite volontiers Salazar et Franco. Certes, il prend des mesures sympathiques comme l'instauration de la fête des mères, l'interdiction de fumer dans les salles de spectacles, il lance l'IGN et un ministère de la Reconstruction mais il supprime les Ecoles Normales, lieux d'enseignement laïc et républicain, il renvoie les femmes à leurs foyers, tente de mettre un terme aux divorces, condamne l'avortement, encourage le culte catholique ainsi que les Chantiers de la jeunesse française à l'image des Jeunesses Hitlériennes. Il interdit les grèves mais instaure les futurs comités d'entreprises et entrevoit un salaire minimum. De toutes façons, l'instauration du Service du Travail Obligatoire va briser bien des rêves. Pire encore, malgré De Gaulle qui s'agite au-delà de la Manche, Pétain entretient une mentalité de vaincu chez les Français. De ce vieil homme, il y a du bon et du mauvais à prendre bien que la poignée de main de Montoire avec Hitler soit restée à jamais dans la mémoire des Français en faisant oublier le vainqueur de Verdun. En août 1944, le Maréchal est emmené par les Allemands et il n'oppose aucune résistance. Toujours imbu de lui-même, il fait une lettre aux Français en se disant « toujours leur chef ». Il finit par se rendre aux autorités françaises le 26 avril 1945. Il ment dès le début de son procès en indiquant qu'il était un allié secret du Général de Gaulle et ne veut plus répondre aux questions. Le 15 août 1945, le verdict tombe : il est coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison. La Haute-Cour le condamne à mort mais la sentence n'est pas appliquée vu son grand âge (89 ans) et vu son passé lors de la Première Guerre mondiale. Il est juste condamné à la perpétuité et est exclu de l'Académie française. Pétain est interné au fort du Portalet puis transféré à l'île d'Yeu. Eu égard à sa santé déclinante, il est assigné à résidence le 8 juin 1951 par le Président Vincent Auriol. Le Maréchal meurt à Port-Joinville le 23 juillet 1951. Il est inhumé dans le cimetière marin de l'Île d'Yeu tout en gardant son titre de Maréchal. Sa tombe ne sera plus fleurie officiellement après 1992, le héros de Verdun s'étant à jamais effacé derrière le collaborateur nazi. De Gaulle aura cette phrase : « la vieillesse est un naufrage ».

Date de création : 13/08/2007 17:52
Contributions de Catherine
Votez cet article :   Très bien    Bien    A revoir


Philippe Pétain
Philippe Pétain


Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :

Bari, ville des Pouilles en Italie



tests gratuits
Vous avez un peu de temps ? Amusez-vous avec nos jeux et tests gratuits!


cvs gratuits
Vous recherchez un emploi ? Inspirez vous de nos exemples et modèles de cv gratuit








Il y a aucun commentaire pour cet article :



Nom ou pseudo :

Commentaire : (les commentaires abrégés en SMS seront supprimés)
Vos commentaires sont soumis à modération. Ne vous inquiétez donc pas si ceux-ci ne s'affichent pas instantanément.

:-) ;-) :-/ :-| LOL :-D :( :-C 8-) :-o ;-( 8-O



Recopiez le code de l'image dans la case :

confirmation de votre commentaire




Navigation:
Sel de la Mer Morte, bienfait pour les maladies de peau, les douleurs musculaires, articulaires Jean-François Kahn : poil à gratter des « bien-pensants »


A voir dans notre annuaire :
  Rubrique > Histoire (207 sites)
  Rubrique > Guerres (19 sites)
  Rubrique > Seconde guerre mondiale (6 sites)
  Rubrique > Première Guerre mondiale (6 sites)


[Retour au guide Aquadesign]