Jean-François Kahn est né le 12 juin 1938 à Viroflay, d'un père
philosophe d'origine juive et d'une mère catholique. Après une
Licence d'Histoire, il s'oriente assez vite vers le journalisme et l'Histoire en fait un témoin précieux de la guerre
d'
Algérie. A l'époque, Jean-François Kahn est en effet envoyé spécial permanent pour Le Monde en
Afrique du Nord et assure le relais avec les médias parisiens. Devenu correspondant pour « Paris Presse», Jean-François Kahn est également éditorialiste à Europe1. Son
travail de journaliste lui permet de mener l'enquête journalistique qui aboutit à la révélation de
l'affaire Ben Barka. Jean-François Kahn va ensuite couvrir les nouvelles pour de grands médias tels L'Express en 1964, Europe 1 en 1970 comme chroniqueur, ou
Le Monde. Il prend la direction de la rédaction des Nouvelles Littéraires en 1977 puis celle du Matin de Paris en 1983. En 1984, le journaliste crée « L'évènement du Jeudi », puis en 1993 l'hebdomadaire « Marianne ». C'est par ailleurs un « cinglé du
Music-Hall » qui tient des chroniques musicales à la
radio quand son
travail d'essayiste lui en laisse le temps. Car Jean-François Kahn est l'auteur de nombreux ouvrages dont les titres évocateurs ne laissent planer aucun doute sur les opinions de l'auteur. Jugez-en vous- même : « Esquisse d'une philosophie du mensonge », « Tout change parce que rien ne change », « De la révolution », ou encore « Les Rebelles: celles et ceux qui ont dit non ». On devine à ces titres que Jean-François Kahn n'est pas un résigné, qu'il donne des coups de pieds dans la fourmilière médiatique et politique, avec un goût avoué pour la polémique et une répartie rarement en défaut. Son dessein principal est de secouer vigoureusement l'ordre établi et la « pensée unique » afin de faire avancer le débat. Il n'hésite pas à énoncer clairement son refus sur de nombreux sujets médiatiques tels que le libéralisme économique en 1995 ou la dénonciation de l'intervention américaine en
Irak en 2003. Mais Jean-François Kahn n'est pas qu'un journaliste politique dont les éditoriaux dans « Marianne » donnent parfois des suées à nos dirigeants, c'est avant tout un homme sincère et un frère au sein d'une fratrie qui comprend aussi le
chimiste Olivier Kahn et le généticien Axel Kahn. Avec ce dernier, Jean-François Kahn a d'ailleurs écrit en 2006 un
livre où tous deux racontent leur enfance puis leur parcours d'adulte, « comme deux frères ». Les personnages forts ne manquent pas dans la
famille Kahn, de la grand-mère antisémite et pro-allemande au père, juif athée, résistant et professeur en passant par une mère catholique. Jean-François Kahn,
journaliste et Axel Kahn, biologiste de renom, évoquent les drames familiaux et leur sentiment de renouveau lors de la reconstruction de la France dont ils sont témoins. Leurs orientations politiques datent de cette époque, et même si les lendemains ne chantent plus, l'engagement dans la recherche scientifique pour l'un, le combat politique de l'autre restent au service de l'homme. Dans un autre registre, mais paru également en 2006, un autre ouvrage de Jean-François Kahn dénonce le catastrophisme ambiant, son titre « les Bullocrates » annonce un pamphlet contre les médias et les politiques prétendent parler au nom du peuple alors qu'ils s'en sont coupés.Provocation et polémique, certes, mais il est toujours bon de déranger un peu...
Date de création : 13/08/2007 18:32
Contributions de Regine

Jean-François Kahn
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