Erwin Johannes Eugen Rommel naît le 15 novembre 1891 à Heidenheim dans une famille bourgeoise (son père est
instituteur et sa mère appartient à la haute bourgeoisie du Wurtemberg). Il s'engage dans l'armée en 1910 en étant nommé lieutenant deux ans plus tard. Il est ensuite nommé instructeur à l'école d'infanterie à Dresden.
Lors de la
Première Guerre mondiale, il est décoré de l'ordre du mérite allemand pour ses brillants faits d'armes. Entre les deux guerres, son parcours dans l'armée le fait remarquer d'Hitler qui le nomme chef de sa garde personnelle en 1939. Au début de la guerre, Rommel admire Hitler et sur le terrain, il se fait remarquer dès 1940 en étant à l'avant-garde de l'attaque allemande, en prenant les commandes de la 7e division blindée, surnommée « la division fantôme ». Il entre ainsi à
Dinant le 12 mai 1940, atteint
Rouen le 8 juin et la Manche le 10. Rommel devient célèbre et Hitler va se servir de cet homme courageux, excellent tacticien pour alimenter sa propagande. Nommé général, Rommel prend la tête de l'Africa Korps, le corps germano-italien envoyé en Afrique pour contrer les Britanniques. Il arrive à
Tripoli le 12 février 1941. Surnommé le « Renard du désert » car il improvisait constamment, il réussit à atteindre l'
Egypte, protectorat britannique jusqu'à El Alamein. Alors que les Anglais sont prêts à évacuer, la
bataille de Bir Hakeim durant laquelle Rommel perd un temps précieux contre les Forces Françaises Libres, change la donne et le général Montgomery arrive avec des renforts. Rommel perd la bataille d'El Alamein, ses troupes étant mal approvisionnées et en infériorité numérique (alors qu'il ne cessait de demander des renforts qui furent souvent bloqués par Goering). Il est alors relevé de son commandement par Hitler. Sa défaite est un coup dur pour la propagande nazie. Mais son remplaçant est tué peu de temps après et Rommel reprend ses fonctions en Afrique. Il commence à douter d'Hitler. En effet, ce dernier insiste pour tenir des positions sans relâche, alors que celles-ci sont désespérées et que le seul résultat serait la perte de ses hommes. Rommel refuse d'obéir (« ce sont les ordres d'un fou » dira-t-il) et ordonne la retraite malgré l'obstination des hauts commandements allemand et italien. 300 000 soldats sont ainsi évacués d'
Afrique du Nord dans des conditions dramatiques : en effet, le ravitaillement est insuffisant, l'essence et les munitions manquent aussi. Malgré tout, Rommel est nommé Feld Maréchal en 1943 par Hitler, le plus jeune de l'armée allemande à l'âge de 50 ans, tout en étant très populaire dans le monde arabe car considéré comme un libérateur de l'autorité britannique. Cependant, le débarquement des Américains en
Afrique met un point final à l'aventure italo-allemande dans cette zone de conflits. Mais son expérience et sa réputation font que Rommel est nommé inspecteur du
mur de l'Atlantique de la
Bretagne aux
Pays-Bas. Rommel n'a pas sa langue dans sa poche et demande au Führer des crédits supplémentaires pour mettre en place de plus en plus de fortifications (« que préférez-vous ? Que vos hommes soient fatigués ou
morts ? »). Malade, vieilli, déçu par Hitler, ne se faisant plus d'illusions sur l'issue de la guerre, Rommel tient bon et place tous ses espoirs dans sa défense et dans son « mur » de l'Atlantique. En 1944, Rommel est à la tête du Groupe d'armées B, son QG est à La Roche Guyon. Il commande 44 divisions réparties en deux armées, la XVe de Von Salmuth allant d'
Anvers à Houlgate et la VIIe de Dollmann allant d'Houlgate à
Nantes. En fait, les hommes sont fatigués, le matériel n'est guère entretenu, un peu plus de la moitié des divisions sont réellement prêtes pour le combat. Le 6 juin, comme le temps est mauvais et que les Allemands prévoyaient un débarquement dans le
Nord-Pas de Calais, Rommel s'accorde un congé qu'il passe chez lui à Herlingen près d'Ulm pour fêter dignement l'
anniversaire de son épouse. Il est informé à 6 h du matin du
débarquement en Normandie par son chef d'état-major, le général Hans Spiedel. Rommel repart sans tarder vers son QG. À Berlin, c'est la désorganisation la plus complète. Les ordres, contre-ordres s'annulent et Hitler ne se décide pas à envoyer les blindés. C'est seulement à 17 h que deux divisions de Panzer sont autorisées à partir vers la Normandie. Il faut dire que les communications sont mauvaises, les lignes téléphoniques ayant été endommagées par les résistants. À 21 h, Rommel, qui est arrivé à La Roche Guyon, apprend que les deux divisions ont été bombardées et qu'une autre division de panzers en Normandie a perdu le quart de ses effectifs. Rommel, malgré son génie militaire, sera bloqué par les ordres et ne parviendra pas à arrêter les Alliés. Rommel, avec l'appui de Von Runsted, tentera de persuader Hitler qu'il faut accepter l'armistice. Ainsi, il écrivit une
lettre au Führer le 15 juillet pour lui faire entendre raison et lui expliquer que la guerre était perdue. Peine perdue. Le 17 juillet 1944, alors qu'il inspecte le front, Rommel est mitraillé par un
avion anglais dans sa voiture. Il en sort grièvement blessé et Von Kluge le remplace au commandement. Le 20 juillet a lieu un attentat contre Hitler. Etant au courant mais ne faisant pas partie des conjurés, Rommel est désormais dans la ligne de mire d'Hitler. Mais l'homme est une légende vivante et il convient d'être prudent pour ne pas pousser les soldats à la révolte et il est aussi préférable d'utiliser Rommel pour la propagande nazie. Ainsi, Rommel est « invité » à se rendre à
Berlin le 10 octobre. Le 14 octobre 1944, les généraux Burgdof et Maisel entrent chez Rommel avec des SS, lui signalent son expulsion de l'armée. Ils lui proposent le choix entre être condamné à mort par le tribunal ou se suicider avec du poison. Rommel, pour épargner sa
famille, adopte la seconde solution...
Hitler lui offrira des funérailles nationales le 18 octobre en vantant « un soldat exemplaire tombé en combattant »...
Date de création : 14/08/2007 09:28
Contributions de Catherine

Erwin Rommel
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