Né le 25 octobre 1913 à Bad Godesberg, petite cité située près de Bonn, Klaus Barbie grandit dans une famille catholique relativement modeste puisque son père est instituteur. Ce dernier, ayant été blessé lors de la
Première Guerre mondiale, hait la France et les Français. À l'âge de 12 ans, Klaus Barbie suit des études en
tant que pensionnaire au lycée de Trèves. Pendant un temps, il pense à se spécialiser en théologie mais ses parents décèdent en 1933. L'année suivante, il adhère aux Jeunesses hitlériennes et devient chef de patrouille en dirigeant une centaine de garçons de 15 à 18 ans. Devant son efficacité, le service de renseignements du parti nazi (SD) le recrute alors qu'il a 22 ans. Il suit alors une formation de SS durant deux ans avant d'être muté au SD de Düsseldorf. C'est à cette époque qu'il rencontre Régina Wilms avec qui il se marie (à noter qu'elle devra elle aussi suivre des cours dans deux institutions qui forment les épouses de SS : « l'école des fiancées » et « l'école des femmes »). Klaus Barbie adhère au parti nazi en 1937, en étant noté comme un très bon élément qui fait preuve de performances remarquables et d'un comportement de SS irréprochable (selon une pièce produite au procès). Trois ans plus tard, alors que la
Seconde Guerre mondiale a commencé, il est muté aux
Pays-Bas, à La Haye afin d'arrêter les Juifs et les réfugiés politiques allemands. En 1942, il est nommé à
Dijon puis à Lyon et doit diriger 25 officiers de la Gestapo chargés de la lutte anticommuniste, antisabotage et antijuive. Le territoire qu'il doit surveiller est immense puisque la région comprend Lyon, le
Jura, les Hautes-Alpes jusqu'à
Grenoble. Il s'appliquera avec zèle à sa tâche. Ainsi, il est responsable de la rafle de l'UGIF le 9 février 1943 (Union générale des Israélites de France) : 90 personnes sont arrêtées et déportées. Son action envers les résistants est terrible. Ainsi, il fait arrêter Jean Moulin qui est transféré à
Paris, torturé et exécuté le 8 juillet 1943 dans un train le menant vers
Berlin, mais aussi Albert Lebrun, l'ancien
Président de la République et André-François Poncet qui sont envoyés en
Autriche. Le 6 avril 1944, c'est également selon ses ordres qu'a lieu la rafle des enfants d'Izieu : 44 enfants de 3 à 13 ans sont arrêtés ainsi que 7 adultes. Ils sont transportés vers Drancy un mois plus tard puis envoyés à Auschwitz. Alors que Lyon va être libérée, Klaus Barbie procède à un dernier convoi le 11 août 1944 de 308 personnes à destination d'Auschwitz. Durant son « mandat », Klaus Barbie fit déporter des milliers de Juifs à Drancy qui iront finir leurs jours à Auschwitz. En septembre 1944, les Allemands quittent Lyon en brûlant presque toutes les traces de leurs méfaits. Barbie rejoint
Baden-Baden où il fait soigner une blessure qui l'a atteint lors de sa fuite. Après la guerre, il reste en
Allemagne, vit de trafic et de marché noir en cachant son identité. Il dirige même un cabaret à
Munich ! Alors que les chasseurs de nazis sont sur ses traces, Barbie va être utilisé par les services secrets américains à partir de 1947 comme agent pour lutter contre l'URSS. Les Français demanderont son extradition en vain. Réponse immuable : « on ne sait pas où il est ». En 1950 alors qu'a lieu le procès de René Hardy, accusé d'avoir trahi
Jean Moulin, la France réclame encore son témoignage sans succès (il sera condamné à la peine de mort par contumace). Klaus Barbie, qui a quelques aides, part pour la Bolivie et obtient la nationalité bolivienne en 1957. Il se fait alors appeler « Klaus Altmann ». En
Bolivie, il vit très bien, dirigeant une entreprise de bois et devient même gérant de la compagnie maritime nationale. Mais en 1972, Serge et Beate
Klarsfeld retrouvent sa trace. Il est en prison pour dettes à La Paz. La France délivre un mandat d'arrêt le 5 novembre 1982 et un an et trois mois plus tard, Klaus Barbie est enfin livré à la
justice française. Il est emprisonné dans la prison de Montluc à Lyon, une prison réaménagée par le
ministre de la justice en place,
Robert Badinter, qui a fait abolir la
peine de mort en
France. Barbie est ensuite transféré à la prison Saint-Joseph de Lyon. Klaus Barbie, sur les conseils de sa fille, choisit alors Jacques Vergès comme avocat. Le procès va durer plus de quatre ans. Barbie a déjà été condamné pour crimes de guerre. Le
procureur va alors se fixer sur les crimes contre l'humanité. Après 36 jours d'audience et de nombreuses dépositions de témoins, le verdict tombe et Barbie est déclaré coupable sans circonstances atténuantes de 17 crimes contre l'humanité. Il est donc condamné à la prison à perpétuité. Il décède en prison à
Lyon le 25 septembre 1991 à l'âge de 77 ans, des suites d'un
cancer.
Date de création : 14/08/2007 16:35
Contributions de Catherine

Klaus Barbie
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