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L’Idiot de Dostoïevski : un des plus beaux personnages de la littérature mondiale



L'Idiot de Fedor Dostoïevski est paru en feuilleton de 1868 à 1869 et publié en volume en 1874. Les carnets de l'auteur témoignent de la lente gestation de l'oeuvre pour atteindre sa forme définitive, au bout de dix-huit mois de réécriture constante de l'intrigue et les personnages. Si le canevas initial était centré autour d'une famille de hobereaux ruinés, comme dans tant
d'autres romans russes de l'époque, le second enfant prend peu à peu une importance qui amène Dostoïevski à en faire le héros central de la version définitive. L'auteur écrit à cette époque qu'il souhaite décrire un « homme parfaitement beau », inspiré par le Christ. Au-delà de la source religieuse du personnage, Dostoïevski crée avec le Prince Mychkine un « Idiot » qui deviendra un modèle majeur de la littérature universelle, aux cotés du Pickwick de Dickens, du Don Quichotte de Cervantès ou du Jean Valjean de Victor Hugo. Le qualificatif d' « idiot » vient des crises d'épilepsie dont souffre le héros, comme son auteur d'ailleurs, et qui le rendent d'après ses propres termes presque idiot. La simplicité d'esprit et la grandeur d'âme du Prince Mychkine en font un idiot surtout pour ceux qui ne veulent pas reconnaître sa grande bonté et préfèrent se gausser d'une âme pure qui les dérange. Les premières pages du livre relatent une conversation dans le train qui ramène Mychkine, l'Idiot, dans sa Russie natale après un long séjour de soins en Suisse. Dans ce train, l'Idiot fait la connaissance de Rogojine qui attend un héritage pour demander la main de Nastassia Filippovna, mais il est aussi question d'héritages, de mariages et de la protection qu'accordent, selon les coutumes de l'époque, les personnages influents du pays. On découvre ainsi les personnages principaux du roman, grâce à un petit fonctionnaire qui se console de sa pauvreté en colportant des ragots sur la bonne, et moins bonne, société de St Pétersbourg où se déroule l'intrigue. L'Idiot, en tant que dernier du nom, doit toucher lui aussi un héritage et souhaite faire la connaissance du peu de famille qui lui reste : le général Épantchine, encore un soupirant de Nastassia, sa femme, Élisabeth Procofievna au grand coeur sous ses dehors écervelés, et leurs trois filles aussi belles qu'intelligentes. Le drame passionnel dans lequel l'Idiot va se trouver mêler réunit Rogojine, le fils de marchands, Ivolguine, fonctionnaire et secrétaire d'Épantchine, et Totski, vieux débauché, qui tous tournent autour d'une beauté tragique, Nastassia Filippovna. Celle-ci, compromise dans sa jeunesse par un Totski sans scrupules qui veut maintenant s'en débarrasser, joue avec les sentiments de ses soupirants sans être dupe de son statut de femme perdue d'après les conventions de la société russe bien-pensante et hypocrite. L'Idiot est infiniment touché par le malheur de cette femme passionnée et ses sentiments sont plus proches de l'empathie pour sa souffrance que du désir amoureux. En effet, tel l'enfant qu'il reconnaît parfois être encore, Mychkine est à mille lieux des passions charnelles qui animent les hommes. Sans dévoiler le reste de l'histoire, on peut évoquer cette soirée d'anthologie qui voit Nastassia refuser successivement les demandes en mariage d'Ivolguine, de Rogojine, puis du prince, avant de s'enfuir finalement avec Rogojine pour se perdre irrémédiablement. Je vous laisse le plaisir de découvrir le dénouement de cette histoire tragique dont les événements, concentrés en séquences chronologiques et narratives fortes, alternent avec des temps où l'action dramatique cède le pas à l'initiation de l'Idiot à la vie de ses compatriotes. Le beau doit-il n'être que du domaine de l'idéal, un soi-disant Idiot plein de compassion et de gentillesse ne peut-il être que moqué, utilisé et finalement renvoyé à sa maladie ? Telles sont les questions que pose Dostoïevski dans cet ouvrage universel et intemporel qui fait partie des chefs d'oeuvre de la littérature. La réponse appartient à chacun, mais les « Idiots », comme on préfère les appeler, ne sont peut-être que la preuve que l'Homme n'est pas encore prêt à reconnaître ce qu'il a de meilleur en lui.

Date de création : 19/08/2007 15:29
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L’Idiot de Dostoïevski
L’Idiot de Dostoïevski


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