Ne souriez pas si je vous dis que le bambou et le rotin peuvent être une des solutions pour sauver la planète : l'INBAR existe. Il s'agit d'une organisation intergouvernementale spécialisée dans l'amélioration des fonctions sociales, économiques et environnementales du bambou et du rotin. Cette organisation, née le 6 novembre 1997, est chargée de
promouvoir le développement du bambou et du rotin au profit des populations et de l'environnement. Ce réseau international de recherche concerne la Chine, le
Bangladesh, le Canada, l'Indonésie, le Myanmar, le
Népal, le
Pérou, les
Philippines et la
Tanzanie. La recherche et le
développement durable sont ses maîtres mots ainsi que la sécurité écologique et alimentaire. L'affaire débute en 1979 lorsque des spécialistes du rotin sont venus à
Singapour pour aider le Centre de recherche pour le développement international du
Canada (CRDI). Un an plus tard, le bambou était lui aussi à l'honneur. Cette fois, près de 20 spécialistes des forêts de bambou se sont réunis pour faire le point sur la recherche dans ce secteur particulier. Ainsi, au début des années 80, le CRDI a axé ses développements forestiers sur la base des
arbres non-ligneux. Un programme sur le rotin a été donc créé en
Malaisie en 1983. L'année suivante, le CRDI a organisé une réunion d'experts pour identifier les dix essences forestières qui étaient polyvalentes et le bambou et le rotin faisaient partie de la liste. Finalement, différents projets se sont mis en place pour développer le bambou et le rotin notamment en
Inde et en
Chine. Mais au fait, que sont le bambou et le rotin ? Le premier est une graminée à tige ligneuse dont on dénombre 1 250 espèces. Il a l'aspect d'un arbre qui vivait déjà il y a 200 millions d'années et il alimentait donc les
dinosaures. Le bambou pousse dans les zones tropicales, s'adaptant aussi aux régions tempérées du globe. On ne le trouve pas en
Europe et en Asie occidentale. Sa particularité est de pousser très vite : ainsi le record est détenu au
Japon avec une pousse de 1,2 m en une journée ! Ce n'est pas tout, car les récoltes multiples sont possibles tous les deux ans de manière infinie pour certaines espèces à l'image de nos
fleurs vivaces. Ce que l'on sait moins, c'est que le bambou est aussi un producteur de biomasse puisqu'il en fournit près de 40 tonnes par hectare et par an. Sa tige est la partie la plus importante, elle peut atteindre 40 mètres en trois ou quatre mois. Outre sa profusion, le bambou est aussi élastique et léger. Il est ainsi de plus en plus utilisé pour la construction de maisons dans les zones sismiques ou pouvant faire l'objet de catastrophes naturelles comme les
ouragans et les
tremblements de terre. A noter que le bambou a une résistance plus forte que celle de l'acier ! En outre, le bambou peut dans certaines espèces, être comestible. Il est, dans ce cas, riche en éléments nutritifs (on y trouve des fibres bien sûr mais aussi du
calcium, du fer, de la
vitamine C, de la vitamine B1, des protéines, des hydrates de carbone, du
phosphore et du glucose)... Bref, rien de vaut une cure de bambou pour une
remise en forme (les pandas ne s'y sont pas trompés). Certaines pousses contiennent aussi du potassium et de la
vitamine A et d'autres espèces contiennent jusqu'à 17
acides aminés. De plus, cette plante s'adapte à tout environnement allant de la sécheresse aux inondations. Ce n'est pas tout, le bambou produit de la cellulose pour la fabrication du papier et grâce à ses racines souterraines, il arrive à protéger les rives de fleuves ou les pentes de collines soumises à l'érosion. Les bambous contribuent aussi à freiner les
pluies tropicales grâce à leurs feuillages et à donc à protéger les forêts. Cette
plante, hors du commun, a de nombreuses utilisations :
médicaments, bois de feu,
jouets,
meubles, ou nourriture. Dans certaines contrées asiatiques, le bambou sert aussi pour les produits tissés, pour la construction de maisons, pour le papier... Quant au rotin, il est issu d'un palmier à épines ou rampant qui se développe en Asie tropicale et subtropicale ainsi qu'en
Afrique équatoriale. C'est l'
Indonésie qui en est le premier producteur mondial. Le rotin pousse jusqu'à 3 000 mètres d'altitude et, de la mer aux prairies ou aux montagnes, on peut le voir prospérer partout. Tout comme le bambou, le rotin est comestible chez certaines espèces. Il est alors riche en
protéines et en hydrates de carbone mais aussi en vitamines et en nutriments. De plus, ses feuilles peuvent servir de chaume pour les toitures. En
Asie, il s'agit d'un produit très important, bien plus que le bois traditionnel. Bien sûr, tout le monde connaît les
meubles en rotin ou ses produits dérivés comme les cannes, les battoirs à
tapis, les cordes et cordages, les paillassons, les paniers, etc... Aujourd'hui, l'INBAR poursuit ses travaux en tentant de persuader le monde que l'utilisation à grande échelle du
bambou et du rotin pourrait bien sauver la planète !
Date de création : 23/08/2007 16:55
Contributions de Catherine

Bambou et rotin
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