Heinrich Lammerding, surnommé Heinz, voit le jour le 27 août 1905 à Dortmund. Bac en poche (ou plutôt « Abitur » en Allemand), le jeune Heinz part à
Munich pour devenir
ingénieur dans le génie civil. À la mort de son père, il rejoint le département de la voirie de
Dortmund pour travailler à la direction des amphithéâtres. En novembre 1931, il adhère au parti nazi puis s'inscrit aux SA (sections d'assaut) en novembre 1932. Lassé par son statut de fonctionnaire à
Dortmund, il rejoint les « Sturmabtellung » puis rejoint les SA de Paderborn en 1933. Il devient vite inspecteur au haut-commandement des SA... Voilà pour le parcours historique et sans âme. Mais décidément, l'homme n'est pas un administratif. Il vient de se marier et rêve de gloire. Lammerding est déçu par l'ambiance qui règne chez les SA et finalement, préfère postuler pour entrer chez les SS, qui ressemblent si bien à Himmler mais surtout à Hitler, son idole. Il y est inscrit le 1er avril 1935 sous le matricule 247062. Un mois plus tard, il est nommé Oberstumführer (lieutenant) en étant chargé d'un groupe de combat. Il obtient encore de l'avancement un an plus tard puis, très ambitieux, suit des cours à Braunschweig pour se perfectionner. Au début de la
Seconde Guerre mondiale, Lammerding est affecté à la division « Totenkopf » commandée par Theodor Eicke. Il est désormais à la tête d'hommes sans pitié, sans foi, ni loi ayant participé à la campagne de
Pologne. Lammerding est promu Commandant (Sturmbannführer) du bataillon du génie d'assaut de sa division. En mai-juin, il est nommé sur le front de l'Ouest, avec dans un premier temps, une armée de réserve. Responsable de la « Totenkopf » (tête de mort), il sécurise avec ses troupes la région du Cateau-Cambrésis (patrie de
Matisse) et de
Cambrai dans le
Nord et arrête les blindés britanniques à
Arras,
préfecture du
Pas de Calais. Ses troupes sont composées d'hommes violents et sanguinaires et elles se font connaître pour massacrer des prisonniers anglais (massacre de Paradis). La troupe se dirige ensuite vers l'Est, au sein de la 4me Panzergruppe. Lammerding et sa division se battent dans les Etats baltes puis percent la ligne «
Staline » en réussissant à atteindre Leningrad et ses faubourgs (rebaptisée
Saint-Pétersbourg). La ville est assiégée de juillet à août 1941 et la Totenkopf s'en donne à coeur joie pour massacrer les habitants. Durant l'hiver 41-42, les batailles sont très rudes en
Russie et malgré les quelques milliers d'hommes qui lui restent, la Totenkopf avec à sa tête Lammerding, résiste. La division reçoit même une médaille à cette occasion lors de la bataille de Demyansk. Mais beaucoup d'hommes ont péri et Lammerding doit procéder à de nouveaux recrutements. Il absorbe pour reconstituer son « armée d'élite », des motocyclistes SS et un régiment d'infanterie. Lammerding devient ainsi chef de corps de « SS Infanterie Régiment Thule ». Il part, avec ses troupes, combattre en URSS jusqu'en avril 1943 avec la coopération des Waffen-SS. Il est nommé colonel (Standartenführer) le 30 janvier 1943 puis est décoré de la Croix allemande. Six mois plus tard, il dépend directement de Himmler et Lammerding est formé pour lutter contre les Soviétiques. Ses actions sont des plus violentes et les prisonniers vivants se font de plus en plus rares... Lammerding désigne lui-même les villages russes qui doivent être détruits. Ainsi, indirectement, il participe activement à des massacres perpétrés par ses troupes. En 1943, il est nommé commandant en chef de ce qui reste de la SS Division « Das Reich ». Il a 5 000 hommes sous ses ordres. Cette nomination, discutée au sein de l'état-major d'Hitler, renforce la mégalomanie de Lammerding couvert par Himmler. Il y voit sa revanche quand le 1er janvier 1944 quand il est nommé par
Hitler pour prendre le commandement de la totalité de la 2me SS Panzer-Division. En
URSS, Lammerding gagne contre les divisions soviétiques puis est décoré de la Croix de Chevalier. En France, le Général Heinz Lammerding, puisqu'il a été ainsi promu, est chargé de reconstituer la compagnie « Das Reich ». Des soldats de Montauban sont appelés. On y trouve de nombreux Alsaciens dont Lammerding se méfie mais aussi d'anciens prisonniers russes qui ont préféré échapper aux centres de détention allemands. La « Das Reich » arrive alors dans le sud de la France alors que les alliés ont débarqué le 6 juin 1944 en Normandie. Les résistants et leurs actions donnent lieu à des représailles comme celle d'
Oradour-sur-Glane et de
Tulle. La compagnie « Das Reich » continuera son chemin, jusqu'en
Normandie pour s'opposer aux alliés à
Caen et à
Saint-Lô. Lammerding est blessé le 26 juillet 1944 mais retrouve son commandement en novembre 1944 qu'il conduit dans les
Ardennes. Il quitte la région le 20 janvier 1945 ainsi que « Das Reich ». Il devient le chef d'état-major d'
Himmler avant d'être disgracié et de rejoindre une autre division nommée « Nibelungen » jusqu'en 1945. La guerre finie, Lammerding est jugé par contumace en France pour le
massacre d'Oradour-sur-Glane. Condamné à
mort par la
France, l'Allemagne refusera de l'extrader et Lammerding vivra tranquille en
Allemagne où il mourra d'un
cancer le 13 janvier 1971.
Date de création : 27/08/2007 21:02
Contributions de Catherine

Heinz Lammerding
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :