Le château fort est un édifice destiné à loger le seigneur et sa
famille et à les protéger avec leur entourage en cas d'envahisseurs. Apparu au
Moyen Âge, le château fort incarne la puissance du seigneur vis-à-vis de ses ennemis comme de ses vassaux. Symbole de protection, il se distingue
de la maison-forte par le fait que son propriétaire a le droit d'ériger des tours et des donjons. Loin des notions esthétiques du château de plaisance, l'appareil défensif est mis en avant et la construction tient plutôt d'une caserne que d'un palais. Jusqu'au IXème siècle, ce sont les enceintes urbaines héritées de la période gallo-romaine qui délimitent la construction, comme on peut encore le voir à
Autun, en
Saône et Loire ou
Périgueux en
Dordogne. Mais l'arrivée des invasions vikings, d'une part, et l'émergence de la féodalité, d'autre part, imposent bientôt la conception de nouvelles stratégies de protection. Seul le roi ou le seigneur de la région accordent le privilège de pouvoir fortifier son château, tâche qui est accomplie par les paysans selon le système des corvées mais qui leur fournit ainsi un abri en cas de danger. Les premiers matériaux utilisés sont la terre et le bois, l'édifice est entouré d'enceintes circulaires dont le diamètre varie de 10 à 100 mètres. Vers la fin du Xème siècle, le château fort à motte apparaît, construit sur une butte artificielle de 6 à 10 mètres de haut, en forme de tronçon, il est généralement doté d'une enceinte. Sur la plateforme ainsi créée est érigée une tour de bois quadrangulaire qui compte parfois plusieurs étages pour accueillir le logement du seigneur. La pierre, apparue dès le XIème siècle est réservée aux seigneurs les plus riches, elle nécessite en effet un savoir et des installations importantes. Le Château Gaillard
des Andelys est un des exemples les plus frappants de la stratégie passive adoptée en cas d'envahisseurs. Ceux-ci doivent franchir toute une série d'obstacles, fossés, remparts, palissades, sous le feu des défenseurs. Le donjon, tour maîtresse, occupe une grande place dans le château fort, il peut s'élever jusqu'à 35 mètres et a pour but d'impressionner l'ennemi. Son accès est situé à au moins six mètres du sol et les ouvertures sont limitées à d'étroites fenêtres et aux archères. Afin d'augmenter la puissance de tir des défenseurs, on érige souvent une galerie de bois au sommet de l'édifice. A l'intérieur, on installe d'abord des échelles permettant d'accéder aux étages, l'escalier n'apparaît en effet qu'au XIIème siècle, et des étages voûtés pour limiter les risques d'incendies. Autour du donjon, plusieurs défenses constituées de haies, de fossés et de remparts protègent la place. Ce type de donjon est édifié d'abord dans le Val de Loire, puis en
Normandie, et enfin sur l'ensemble du pays. Les anglais se l'approprient, ainsi que les allemands, les italiens et les nordiques, sans compter l'influence des premières
croisades qui amènent la construction d'imposantes forteresses au Proche-Orient. Sous le règne de Philippe Auguste (1180-1223), les châteaux forts se multiplient et les
ingénieurs modifient peu à peu l'architecture militaire dans toute l'
Europe. Les châteaux forts doivent en effet s'adapter aux progrès de l'artillerie et aux nouvelles techniques de siège. On épaissit les murailles, on leur adjoint des tours, et on les protège par des fossés. L'agrandissement de l'enceinte intérieure permet de développer des contre-attaques pour ne plus rester passif. Les écuries, les logis de la garnison, les communs, une chapelle, un puits sont ajoutés afin de pouvoir accueillir la population villageoise voisine. Après la
guerre de cent ans, les seigneurs vont chercher à embellir leur demeure et à la rendre luxueuse et confortable. C'est la fin du
château fort et le début du palais sous l'influence de la
Renaissance italienne. Mais ceci est une autre histoire...
Date de création : 31/08/2007 12:14
Contributions de Regine

Château fort
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