Dans l'organisation religieuse catholique, le couvent est une abbaye de religieux ou de religieuses, dont le supérieur ne porte pas les noms d'abbé ou d'abbesse. L'
abbaye, du latin abbatia dérivé de l'araméen abba qui signifie « père », est un monastère catholique ou un couvent placé sous la direction d'un abbé ou d'une abbesse qui sert de
père ou de mère spirituel à la communauté religieuse. Le couvent accueille une communauté de religieux et reçoit des jeunes filles pour faire leur éducation de bonnes épouses. Au XVIIIème siècle, l'éducation des filles de la bonne société se fait ainsi généralement au couvent. Ces établissements sont strictement unisexes, sauf pour les prêtres, et les élèves suivent la vie stricte des religieux. Le couvent les coupe du monde extérieur et leur inculque une discipline religieuse et quelques connaissances pratiques afin d'en faire des épouses et des mères de compagnie agréable. Dans la littérature romanesque, le couvent est un lieu d'intrigues et de faits étranges ou scandaleux. Dans la réalité, des évènements de ce genre arrivaient rarement au couvent, bien que leur statut de lieu clos et secret attire parfois les puissants. Il faut dire que le roi et certaines personnalités de la cour par leur rang ou grâce aux larges dons qu'elles ont fait au couvent, ont le privilège de venir s'y retirer quand bon leur semblent. La sélection des candidates est basée sur leur santé et leur richesse, les religieuses veulent des classes bien portantes et solvables. Comme dans nos écoles privées actuelles, le niveau de confort et d'éducation varie considérablement d'un couvent à l'autre selon les tarifs. Si le couvent accepte des filles de situation sociale différente, tout est fait pour qu'elles ne puissent pas se croiser, même à la messe, afin de ne pas susciter de
jalousie. La hiérarchie repose sur une structure de type familiale avec en haut, la mère supérieure, chef spirituel et temporel de l'institut. La bague et la crosse qu'elle possède symbolisent son autorité spirituelle, on doit se mettre à genoux pour pouvoir lui parler. Si le roi nomme les abbesses de
France à vie, les mères supérieures des couvents sont élues tous les trois ans à bulletins secrets. Vient ensuite la Prieure qui joue le rôle de lieutenant de la Mère supérieure, prenant soin de sa santé, transmettant ses ordres et l'informant de tout ce qu'il se passe. Elle est chargée de maintenir l'ordre et la discipline, de visiter les dortoirs et les lieux de
travail mais est également la confidente des soeurs et leur médiateur devant la Supérieure. Enfin l'éducation proprement dite des élèves est assurée par les maîtresses des novices ou des pensionnaires, ce sont des religieuses d'expérience, rompues à la règle et secondées par des sous-maîtresses. Il y a encore la Portière qui accueille les rares visiteurs, la Tourière qui gère leur réception au parloir, la Cellière, intendante et la Dépositaire qui fait les comptes et conserve les archives du couvent. Au niveau de l'instruction, l'éducation religieuse a la priorité sur toutes les autres matières, la
lecture de littérature romanesque risquant d'enflammer l'imagination, les sciences de développer la curiosité et les arts étant tabous car ils parlent directement aux sens. Contrairement aux
garçons, le système réservé aux filles reste donc archaïque et limité aux connaissances les plus élémentaires. Les couvents accueillent également d'autres pensionnaires, les orphelines, les veuves et les célibataires y trouvent une certaine indépendance et une discrétion bienséante. L'ordinaire du couvent peut être enrichi des cultures et des préparations maison, qui deviennent mêmes parfois des produits dont la vente vient contribuer aux frais de fonctionnement du couvent. Mais le couvent reste dans la mémoire collective également une menace de punition pour les
filles indociles, « c'est ça ou le couvent... ».
Date de création : 31/08/2007 14:04
Contributions de Regine

Couvent
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :