Née à Courbevoie en 1898, Arletty, Arlette-Léonie Bathiat de son vrai nom, prend un temps le pseudonyme d'Arlette avant de se produire au théâtre et au cabaret sous le
nom de scène d'Arletty.
Artiste passionnée, elle touche à beaucoup de disciplines artistiques. Outre sa carrière au
cinéma, principale activité, elle pose pour des
peintres, chante dans des revues et joue au théâtre dans des pièces de Sacha Guitry ou
Jean Cocteau. Arletty va marquer le cinéma français durant sa longue carrière avec plus de cinquante films à son actif. Son accent et sa gouaille inimitable de « parigote » lui valent dès ses débuts, dans les années trente, un succès populaire qui l'accompagnera jusqu'à la fin. En comédienne accomplie, Arletty ne se cantonne pas aux rôles légers, elle excelle également dans les mélodrames, avec une présence et un professionnalisme qui servent à merveille les réalisateurs. Certains de ces films sont devenus des classique, citons par exemple « Pension Mimosas » (1934) de
Sacha Guitry, « Désiré » (1937), de Jean Boyer, « Circonstances atténuantes » (1939) de Maurice Lehmann : « Fric-Frac » (1939) de Robert Siodmak, « le Grand Jeu » (1953) de Jacqueline Audry,: « Madame Sans-Gêne » (1941) ou encore « Huis-Clos » (1954) de Roger Richebé. Cependant, la carrière d'Arletty connaît un tournant lorsqu'elle rencontre Marcel Carné et Jacques Prévert. Le premier lui offrira un rôle mémorable dans « Hôtel du Nord » en 1938, avec l'une des répliques les plus célèbres du cinéma français : « Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? ». Avec
Jacques Prévert, elle adoucit sa gouaille pour entrer dans l'univers du poète, dans « Le jour se lève » (1939), « les Visiteurs du soir » (1942) et surtout « les Enfants du paradis » (1943-1944), avec une inoubliable Garance. Arletty est belle, elle a débuté comme
mannequin, elle a un répertoire très étendu et une forte personnalité, toutes ses qualités auraient pu faire d'elle une vraie star, une Garbo française. Mais la grande histoire va venir briser sa vie et sa carrière. Durant la
seconde guerre mondiale, celle qui a juré de ne jamais se marier tombe
amoureuse d'un officier allemand. Pour l'anecdote, Arletty aurait répondu à l'époque à ses détracteurs « mon coeur est français mais mon c... est international ! » Punie à la Libération pour avoir été la maîtresse d'un Allemand sous l'Occupation, elle est accusée de collaboration avec l'ennemi et interdite de
travail pendant deux ans. Arletty ne retrouvera plus jamais les grands rôles d'avant-guerre, et elle revient au théâtre jusqu'en 1966 où elle apparaît pour la dernière fois sur les planches dans « Les Monstres sacrés » de Cocteau. Devenue aveugle peu à peu, elle tourne au cinéma avec
Fernandel en 1962 dans « « Le Voyage à
Biarritz » de Gilles Grangier qui sera son dernier film. Arletty a été victime de l'histoire et d'une épuration systématique qui l'ont empêchée de livrer au public tout son talent. Mais la
comédienne, qui affirmait que le
théâtre avait été son luxe et le
cinéma son argent de poche, demeure une de nos plus grandes actrices, célébrée par Jeanson qui disait d'elle « Comme Colette, elle a inventé son style et elle s'est trouvée sans se chercher ».
Date de création : 02/09/2007 14:06
Contributions de Regine

Arletty
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