À l'heure où l'on nous dit que le
Premier Ministre François Fillon attend le signal du
Président de la République Nicolas Sarkozy pour réformer les régimes spéciaux de retraite après
concertation avec les partenaires sociaux, il nous a semblé utile de faire le point sur les différences existant en matière de retraite en France. En fait, il s'agit dans cette réforme, d'aligner les régimes spéciaux sur celui de la fonction publique qui a été remanié lors des lois Fillon. Pour être clair, en ce qui concerne un salarié du privé, il doit cotiser 40 ans, prendre sa retraite à 60 ans minimum et sa retraite est calculée sur les 25 meilleures années de cotisation retraite. Les choses sont encore plus floues chez les artisans et les commerçants qui, en général, travaillent bien plus que 35 heures par semaine et doivent cotiser auprès d'organismes spéciaux pour des retraites beaucoup moindres. Par contre, dans la fonction publique, l'âge de la retraite a été fixé récemment après 40 ans de cotisations (applicable en 2008) au lieu de 37,5 ans (il était temps car cela était un véritable scandale) mais le calcul de la retraite elle-même se fait sur les 6 meilleurs MOIS de cotisation. Déjà, il y a quelque chose qui ne va pas ! Et il faudrait encore pousser plus loin pour que tous les salariés de
France soient soumis à la même enseigne d'autant plus que selon une étude de l'
Insee, désormais, on gagne plus en étant fonctionnaire qu'en étant salarié du privé ! Maintenant, voyons les régimes spéciaux : il s'agit de la SNCF, de l'
EDF, de
GDF, de la RATP, de la
Banque de France, des fonctionnaires de Bercy, des Ministères, des parlementaires, des marins, des mines, de l'Opéra, de l'
Opéra comique, de la Comédie Française, des
clercs de notaire, des chambres de commerce de certaines régions, du port autonome de
Strasbourg, des caisses de retraites départementales, de
communes et d'établissements publics du
Bas-Rhin,
Haut-Rhin, de
la Moselle, sans compter les militaires, etc... Or, il s'avère que l'Etat n'a pas toujours cotisé normalement pour ces régimes spéciaux et qu'outre être complètement différents des régimes normaux, ceci a entraîné, en incluant ces impayés, une dette de quelque 900 milliards d'
Euros. En effet, ces régimes spéciaux ne sont pas complétés par des régimes complémentaires obligatoires et ils versent un peu moins de 30 % du montant total des pensions, le reste étant payé par les contribuables. Ces régimes spéciaux permettent à leurs affiliés de partir beaucoup plus tôt que les autres (ainsi l'on trouve 500 000 actifs pour 1,1 million de retraités qui doivent forcément être payés par... Vous et moi, soit les salariés du privé ou les
commerçants et artisans). Ainsi, prenons l'exemple de la
SNCF dont les grèves du personnel parfois paralysent le pays et empêchent les personnes d'aller travailler. Le départ à la retraite des non-actifs est fixé à 55 ans et le départ des actifs à 50 ans. Alors que ce traitement de faveur avait des raisons d'être il y a bien longtemps quand les conducteurs devaient manier des machines à vapeur, tout cela n'a vraiment aucune raison d'être aujourd'hui si l'on compare ce travail à celui d'un ouvrier de fonderie dans une usine privée par exemple... Donc, première incohérence... Mais ce n'est pas tout... Leur retraite moyenne est supérieure à une retraite d'un salarié du privé étant donné la moyenne de calcul. Ils bénéficient en plus de bonus selon leurs années d'activité. À noter aussi que l'espérance de vie des fonctionnaires, selon les catégories, est supérieur au privé. De même, désormais, un fonds de pension existe pour les fonctionnaires qui est géré par les syndicats alors qu'il n'en n'existe pas pour les salariés du privé. Dans beaucoup de cas aussi, leurs cotisations retraites sont prises en charge par la collectivité.... Ne parlons même pas des militaires, un véritable scandale car ils peuvent partir à la retraite très tôt et cumuler, ainsi que les députés, leur retraite à un autre emploi !... Ainsi donc, ces différences manifestes, voire injurieuses pour notre système de répartition qui consiste normalement à faire en sorte que chacun puisse avoir une
retraite digne de ce nom en fonction du
travail fourni et de sa pénibilité au cours de la vie, vont peut-être, être en passe d'être légèrement gommées. Il faut dire que, dans certains cas, la célèbre « solidarité française » peine à se faire un écho au sein de corporatismes assis sur leurs privilèges et défendus par des syndicats qui ne peuvent plus vivre sans la fonction publique et surtout, les grandes entreprises publiques qui leur fournissent le gros des troupes revendicatives. Tout cela, au détriment du travailleur à la chaîne, du fondeur, de la caissière ou du monteur automobile... Alors, loi ou décret, manifestations d'un petit nombre ou pas, cette réforme en profondeur est attendue par la majorité des Français depuis des années ! Les syndicats ont déjà averti que passer en force, c'était s'attendre à des réactions... Oui, mais des réactions de qui ?
Date de création : 10/09/2007 15:54
Contributions de Catherine

Régimes spéciaux de retraite
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :