Troisième négoce illégal derrière ceux de la drogue et des armes, le trafic d'animaux concerne tout à chacun. En effet, vous pouvez très bien vous trouver mêlé à un trafic d'animal sans en avoir conscience. Qu'il s'agisse d'espèce protégée ou non, les animaux font l'objet de toutes sortes de marchés douteux et obscurs car manquant totalement de traçabilité. Prenons par
exemple le commerce des reptiles si à la mode en ce qui concerne les NAC (nouveaux animaux de compagnie). Il est possible d'acheter en toute légalité toutes sortes de reptiles comme des iguanes, des pythons royaux ou encore des tortues à cou de
serpent, espèces protégées pourtant. Ce commerce est bien sûr encadré et surveillé mais que fait-on une fois l'animal vendu ? Eh bien, rien du tout ! S'il existe bien un registre d'importation-exportation, donc une trace lors de la transaction, après, c'est le mystère le plus total. Vous pouvez par exemple acheter un iguane, donner votre nom en tant qu'acheteur mais aucune suite n'est donnée par rapport à votre capacité à vivre en compagnie d'une espèce que vous ne connaissez pas du tout. Et le commerce des reptiles ne cesse de croître. Ainsi des milliers d'animaux protégés ou non transitent par les
aéroports, par les containers de bateaux ou de chemins de fer quand ce n'est pas par camions dans des conditions parfois déplorables. Pourtant, il existe une loi pour ce genre de commerce : la CITES, Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. La Convention de
Washington est un accord international entre états. Son but ? Veiller à ce que le commerce d'animaux ou de plantes ne menace pas la survie des espèces. Pourtant, l'efficacité de ces conventions ne fait pas l'unanimité tant le personnel destiné à surveiller ces « approvisionnements » étranges est restreint et peu habitué à reconnaître les espèces menacées. La France intercepte chaque année des centaines d'animaux vivants, principalement des
reptiles. Cependant, l'essentiel du trafic des animaux porte sur les produits fabriqués à base de peaux ou d'ivoires. Ainsi par exemple, le crocodile est une espèce protégée pourtant des milliers de portefeuilles, de ceintures ou autres produits sont retenus pas les douanes chaque année. Que dire aussi du grand problème des statues et des bijoux en ivoire provenant de l'
éléphant ? La plupart de ces produits dérivés proviennent d'Afrique mais aussi d'Amérique du Sud. Ainsi par exemple, 47 % des animaux sauvages destinés au trafic proviennent d'
Amérique du Sud, la plus grande part venant du
Brésil et de la partie amazonienne d'autres pays tels le
Pérou, l'
Argentine, la
Bolivie, le
Venezuela, le
Paraguay, la
Colombie...
Internet est aussi un bon moyen pour vendre des produits d'origine animale de manière totalement illégale. Plus près de nous, des milliers de chiens et de chats, nos animaux domestiques préférés, disparaissent chaque année. Récemment, la mode s'est développée autour de manteaux ou de vestes en peaux de chat. En
France, c'est bien sûr totalement illégal mais les vendeurs ne vous disent pas toujours d'où vient la provenance de la peau en question. Par contre, on peut la trouver sans problème dans d'autres pays européens. Le CITES permet d'abattre 40 léopards par an en
Afrique mais en vérité, les quantités sont plus nombreuses pour satisfaire aux besoins de dames richissimes qui auront bien chaud dans leur manteau en hiver... Les animaux pris vivants sont bien en peine de pouvoir regagner leur pays. On les retrouve alors dans certains zoos, comme au refuge de l'arche en Mayenne. Evidemment l'horreur absolue reste le commerce de la fourrure de nos animaux domestiques. Sachez que par an, 2,5 millions de chiens et de chats sont tués ou dépecés vivants pour leurs fourrures dans le monde. On donne à ces fourrures d'autres noms c'est tout, afin de ne pas choquer la clientèle ! On se sert des animaux, non seulement pour leurs viandes mais aussi pour la maroquinerie, les vêtements, les chaussures, les fauteuils avec le cuir dont on ne sait d'où il provient mais aussi pour les expériences pharmaceutiques et l'élaboration de cosmétiques. Comme la politique d'étiquetage est très floue, vous ne saurez jamais vraiment d'où vient le produit que vous achetez ni avec quoi il est fait. En ce qui concerne le trafic de
chats et de
chiens, très peu de pays interdisent cette pratique ce qui fait qu'il se peut, en achetant un produit « made in China » que vous achetiez un cuir de chien sans le savoir ! Dans d'autres pays, c'est le lynx, le
loup, le phoque qui sont en danger pour leurs fourrures. Cela dit, la
France a aussi beaucoup de choses à se reprocher dans le transport des
animaux de fermes ou la façon dont on tue les cochons par exemple. Alors à notre niveau que faire si ce n'est bien vérifier l'étiquette des vêtements et des
chaussures que nous achetons dans un premier temps et faire pression pour exiger la traçabilité de tout produit en cuir ou en fourrure ? Et puis si les gens se montraient plus raisonnables et n'obéissaient pas à la mode des
NAC pour faire bien, cela serait déjà une bonne chose non ? Quel est donc votre avis ?
Date de création : 02/10/2007 18:54
Contributions de Catherine

Trafic d’animaux
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