L'originalité de ce documentaire qu'est « Le Premier cri » réside dans le fait que les joies et les douleurs de l'accouchement ont été filmées sur plusieurs continents. Réalisé par Gilles de Maistre, ce film sorti en salles mercredi 31 octobre, est un témoignage des multiples façons de donner la vie en
Afrique, en
Asie, en
Amérique et en
Europe. Dans dix pays, dix femmes ont accepté de nous faire partager ce moment inoubliable sous l'oeil du réalisateur. On passe ainsi du froid de la
Sibérie à la chaleur du désert du
Niger, en passant par les
Etats-Unis, la
France, le
Brésil, l'
Inde, le
Mexique, le
Japon, la Tanzanie ou le
Vietnam, là où se trouve la plus grande
maternité du monde, en vivant ces instants uniques et différents et pourtant si semblables quand le bébé s'époumone enfin en arrivant chez les humains. Partout on y retrouve la douleur, les larmes, les soupirs puis le soulagement et la joie incommensurable. Pourtant, les méthodes si différentes, qu'elles soient choisies comme dans les pays développés ou empreintes de coutumes et de rites immuables, font vivre aux spectateurs des moments riches et intenses. Pilar, la Mexicaine, a choisi d'accoucher au milieu des
dauphins, Yukiko la Japonaise donne la vie sur un Tatami pour suivre la tradition, Vanessa dans le Maine désire accoucher seule sans aide médicale. Sunita l'Indienne, une Intouchable, n'a que les moyens du bord ainsi que Mané la Touareg qui va vivre un
accouchement difficile au sein de son bivouac et Kokoya de la tribu masaï de Tanzanie qui va taire sa douleur. Les rituels sont aussi bien présents chez les Indiens Kayapo, une tribu de la forêt amazonienne ou encore chez les Masaï de
Tanzanie où les jeunes mères boivent du sang de boeuf sitôt après la naissance pour reprendre des forces. Il faut savoir d'ailleurs que la méthode occidentale, soit accoucher allongée sur le dos, n'est pas la plus répandue dans le monde. Il est en effet plus naturel de procéder comme chez les Indiens, en étant accroupie et en s'accrochant à une branche. Expérience cinématographique unique en son genre, « Le Premier cri » est une oeuvre, non seulement intéressante pour son sujet (filmer les naissances aux quatre coins du globe) mais aussi pour la poésie qui se dégage des images car ce tour du monde de la naissance se déroule lors d'une éclipse solaire, ce qui procure des plans extraordinaires et une lumière particulière sur chaque instant privilégié. Pour réaliser cette oeuvre cinématographique qu'est « Le Premier cri » dont le côté artistique est indéniable, il aura fallu 22 mois de recherche, des dizaines d'enquêteurs et d'informateurs sur le terrain, des centaines de rencontres pour obtenir l'autorisation des futures mamans et parfois de leurs
familles. 120 femmes
enceintes furent ainsi approchées et il fallut une infinie patience pour qu'elles accordent leur confiance en livrant, parfois mais pas toujours, à la
caméra, leur intimité dévoilée jusqu'à la
naissance du bébé. « Le Premier cri », c'est l'expérience unique de Vanessa, de Gaby, de Pilar, de Majtonré, de Sandy, de Mané, de Kakakoya, de Sunita, Yukika et Elizabeth, dix femmes différentes, dix cultures, dix modes de pensée avec un seul point commun, le fait de donner la vie. « Le Premier cri », ce sont aussi des gestes, des traditions, des retours à la nature parfois ou simplement à l'inverse,
la nature qui n'a pas besoin de retour en arrière puisqu'elle est là, sans aucune aide médicalisée. Gilles de Maistre a su capter tous ces instants avec bienveillance et respect et sans aucun voyeurisme. « Le Premier cri » : un documentaire à ne pas manquer !
Date de création : 02/11/2007 10:31
Contributions de Catherine

Le Premier cri
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