L'
actualité vient de mettre l'accent sur une pathologie mal connue à travers un sordide fait divers : une fillette de quatre ans a fait l'objet de multiples tortures depuis qu'elle est âgée de 6 mois. Ces tortures lui ont été infligées par ses propres parents adoptifs domiciliés à Sartrouville dans le
département des Yvelines. Pourquoi l'entourage n'a-t-il pas réagi ? Tout simplement parce que les parents, après leurs actes, couraient les hôpitaux pour faire soigner la petite fille, prétextant qu'il s'agissait d'une
maladie génétique. Selon les médecins de l'hôpital
Necker où elle a été examinée, « jamais une enfant aussi jeune n'a présenté un tel tableau clinique de sévices ». Les parents adoptifs semblaient pourtant être des personnes tout à fait normales, la mère étant au foyer et le père
ingénieur agronome au
chômage. D'ailleurs, leur fils aîné n'a jamais fait l'objet de mauvais traitements. Pour l'instant, les parents nient tout en bloc, prétextant que leur fille est fragile, qu'elle souffre de
vertiges et de plusieurs pathologies. Cependant, telle n'est pas la réalité selon les médecins : dents et cheveux arrachés,
fractures à différentes époques, dépigmentation de la peau due à l'absorption de produits corrosifs avec ulcération de la langue et de l'oesophage,
cicatrices de morsures humaines, oreilles déformées suite à des coups, soupçons de sévices sexuels, etc... Une telle barbarie tient de la perversion la plus pure puisque les parents s'empressaient ensuite d'amener la fillette chez le médecin ou à l'hôpital, en changeant d'ailleurs systématiquement de lieu de soin. On les soupçonne dès lors d'être atteints du syndrome de Münchausen par procuration. Le syndrome de Münchausen est une pathologie qui pousse le sujet à simuler une maladie sans pour autant rechercher le profit direct, donc sans espoir d'en tirer un quelconque bénéfice. C'est une simulation pour attirer l'attention des
médecins, voire pour montrer que la personne leur est supérieure... Il n'est pas rare que ces patients d'ailleurs soient opérés pour rien, suite à des affections simulées. Ces patients peuvent se montrer furieux ou agressifs s'ils n'obtiennent pas l'attention souhaitée du milieu médical. Il y a donc « trouble factice avec symptômes physiques ». Le syndrome de Münchausen par procuration est une variante mais au lieu de s'en prendre à eux-mêmes, les « malades » s'en prennent à leurs enfants légitimes ou pas. Le fait que la fillette ait été adoptée n'a donc rien à voir avec les faits. Ainsi donc, les patients amènent leurs enfants très souvent aux urgences pédiatriques ou chez le médecin pour des symptômes qu'ils ont provoqués. Le syndrome de Münchausen par procuration serait à l'origine de certaines morts subites inexpliquées du nourrisson. Le nom de cette maladie dérive du baron de Münchhausen à qui ont été attribués des exploits extraordinaires. C'est Richard Asher qui a décrit pour la première fois ces cas en 1951 qualifiant ce syndrome du nom du célèbre baron. Cette «
maladie » est aussi appelée syndrome de Meadow. Aux
Etats-Unis, le syndrome de Münchausen a été reconnu pour environ 1 000 cas annuels de morts subites du
nourrisson après autopsie. Il faut savoir que toutes les couches sociales sont concernées et qu'un grand pourcentage des mères exercent dans le milieu médical car dans la majorité des cas, il s'agit de la mère biologique qui fait supporter toutes ces souffrances à son enfant. Reste qu'on peut se poser plusieurs questions : pourquoi les services sociaux n'ont-ils rien vu ? Pourquoi le dossier médical de la petite fille n'a-t-il pas été transmis de médecin en médecin depuis plus de quatre ans ? Et l'entourage ne voyait-il pas les dents cassées, les cheveux arrachés, les bleus sur le corps ou les brûlures sur la bouche ? C'est en 1977 que le syndrome de Münchausen par procuration a été décrit par le
pédiatre anglais Roy Meadow qui précisait que les mères induisaient ou décrivaient de fausses maladies chez leurs enfants suite à des sévices commis par elles-mêmes. Le couple, arrêté, risque 30 ans de prison. La fillette, quant à elle, est toujours hospitalisée, elle semble souffrir de
malnutrition et ne répond pas quand on évoque ses parents. Elle est vive et intelligente, mais semble soumise et ne réclame pas ses parents (ce qui est aussi un autre signe de maltraitance).
Date de création : 17/11/2007 09:31
Contributions de Catherine

Le syndrome de Münchausen
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :