En principe c'est simple. D'un côté, l'on trouve les rentrées d'argent, de l'autre les dépenses obligatoires. Le pouvoir d'achat, c'est ce qui reste et qui nous permet d'assurer le quotidien ou d'épargner, c'est ce que les statisticiens nomment le RDB (revenu disponible brut). Il s'agit donc de tous les revenus (salaires, épargne, prestations sociales), auxquels
sont déduits les
impôts et les différentes cotisations. Calculer le pouvoir d'achat, c'est donc comparer l'évolution de ces revenus par rapport à l'indice des prix à la consommation calculé par l'Insee. Aujourd'hui, le calcul du pouvoir d'achat suscite la polémique mais finalement c'est surtout l'indice des prix qui est en cause. Il y a ceux, comme l'INSEE, qui prétendent que le pouvoir d'achat augmente et les plus nombreux, soit la majorité des Français, qui assurent qu'il baisse de manière significative. Comment y voir clair ? Aujourd'hui, les prix des produits de première nécessité (laitages, pain, pâtes, fruits et
légumes...) flambent, c'est une réalité, ainsi que ceux des
carburants et des loyers. C'est cette hausse évidente qui entraîne la grogne des consommateurs qui mettent en doute la fiabilité de l'indice des prix à la consommation (IPC) calculé par l'INSEE. Ce dernier en effet serait constant et n'aurait pas augmenté. Or, cet indice représente l'évolution des prix des produits en fonction de la consommation moyenne des ménages. Pour le calculer, l'INSEE se base sur 160 000 relevés de prix mensuels et sur 40 000 tarifs de grandes entreprises (
SNCF, RATP,
EDF, GDF, entre autres). Si les consommateurs que nous sommes pensent que les prix ont flambé, par contre l'INSEE prétend que le pouvoir d'achat a augmenté pour la troisième année consécutive, les prévisions pour 2007 seraient même de l'ordre de + 2,7 % !!! Toujours selon l'INSEE, après une inflation très modérée (+1,8 à +1,9 par an), les Français devraient donc constater une amélioration de leur pouvoir d'achat ce qui provoque la colère des associations de consommateurs et... de tout à chacun d'ailleurs. Alors pourquoi ce décalage entre une « vérité » affichée et ce sentiment de pauvreté grandissante dans le pays ? Il faut dire que les achats les plus courants marquent plus facilement les esprits. Ainsi, lorsque vous achetez votre baguette ou votre
bouteille de lait tous les jours... Vous vous répétez « qu'est-ce que ça a augmenté ! ». Par contre, si vous achetez un
ordinateur, achat assez rare, vous ne vous rendez pas forcément compte de la forte baisse des prix depuis plusieurs années. L'indice statistique des prix est basé lui, sur 200 000 prix correspondant à 1 000 types de biens et de services. De plus, si les prix des ordinateurs ou des voitures ont baissé, rien ne dit que l'acheteur n'en a pas profité pour s'offrir un modèle plus haut-de-gamme. D'un autre côté aussi, certains automobilistes prennent moins leur voiture pour payer moins d'
essence (ce n'est évidemment pas possible pour tout le monde). Les consommateurs moyens savent donc s'adapter quand il le faut à la hausse ou à la baisse des prix. Autre phénomène : les abonnements. En effet, l'on peut constater que de plus en plus de ménages ont souscrit des abonnements avec
prélèvement automatique (
Internet,
téléphonie, télévision). Ces dépenses « obligatoires » laissent donc un revenu moindre alors que par exemple si vous optez pour le
téléphone portable à cartes rechargeables, vous pouvez moduler ce poste de dépense. À noter aussi que depuis plusieurs années, le poste consacré au logement a énormément augmenté (27 % entre 2000 et 2005). En cause, la hausse des loyers et des tarifs d'énergie (on annonce d'ailleurs que
GDF va encore augmenter ses tarifs !). C'est le poste principal du
budget des ménages (25,2 %), suivi par les transports (14,7 %) puis de l'alimentation (13,7 % hors
tabac et
alcool). De même, les achats d'appareils de haute technologie augmentent (+ 15,8 %) en 2006 avec surtout les
écrans plats de télévision. De fait, pour s'offrir ces petites merveilles, certains Français ont diminué leur
épargne ou rogné sur les autres
dépenses (loisirs par exemple) éprouvant de fait un sentiment de frustration et de baisse de leur pouvoir d'achat puisqu'ils doivent réduire leurs sorties ou regarder de plus près les prix des vêtements. C'est donc leur choix mais psychologiquement, le ressenti de devenir plus pauvre est bel et bien vécu comme tel. C'est pourquoi, l'on se pose la question sur l'évolution de la méthode de calcul de l'
indice des prix à la consommation de l'
INSEE qui prendrait plus en compte la satisfaction des besoins et de ce qu'il en coûte pour pouvoir y répondre. D'autres prônent l'existence de plusieurs indices car pour celui qui touche le
RMI par exemple, ou l'étudiant boursier, ou le travailleur à temps partiel, ou encore le
chômeur en fin de droits, le poste alimentation et celui du
logement devraient être calculés prioritairement. En effet, malgré ses envies, un Rmiste ne peut
s'offrir une voiture neuve, un poste de
télévision à
écran plat ou un
voyage en avion. Pour lui donc, tout augmente et c'est une vérité. Par contre, pour les
salaires moyens, c'est peut-être une illusion car tout n'augmente pas, d'autres produits baissent et intéressent les CSP moyennes et élevées. Cela dit, une vérité demeure, les plus pauvres sont touchés de plein fouet par l'augmentation des
loyers, des énergies et de l'alimentation. Pour rééquilibrer les injustices et véritablement augmenter le pouvoir d'achat, il aurait peut-être fallu une baisse de la
TVA sur les produits de première nécessité ? Et vous ? Qu'en pensez-vous ?
Date de création : 06/12/2007 11:49
Contributions de Catherine

Pouvoir achat
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