Si vous aimez l'histoire de France et plus spécialement l'époque celte et gauloise, Bibracte est un site archéologique qui vous ravira. En effet, Bibracte était la capitale du peuple celte des Eduens, un peuple gaulois important à l'image des Arvernes dont était issu Vercingétorix. C'est lui qui fédéra les tribus gauloises afin de résister à Jules César dans la
guerre des Gaules. Toujours est-il que les Eduens s'installèrent dans cette région du Morvan, au confluent de la Saône, de l'Yonne, de
la Seine et de la Loire sur la
commune actuelle de Saint-Léger-sous-Beuvray du IIe siècle au Ier siècle avant J.-C. Y vivaient entre 5 000 et 10 000 personnes au milieu de trois collines (le Theurot de la Wivre, le Theurot de la Roche et le Porrey). Ils y avaient construit un oppidum fortifié mis à jour progressivement par des fouilles. Le musée de la civilisation celtique retrace la vie de cette grande cité qui était aussi un lieu d'artisanat et de commerce. On y trouvait des mineurs, des forgerons, des frappeurs de monnaies mais aussi des tisserands, des potiers, etc. Bibracte était alors une cité développée et rayonnante et lors de la révolte des Gaulois, c'est à Bibracte que Vercingétorix, originaire de Gergovie, vint pousser les tribus Gauloises à s'unir contre l'envahisseur et se fit couronner roi de tous les Gaulois. Cependant, il y eut polémique sur le site exact de Bibracte, lors de
la Renaissance, certains érudits le localisant à Autun. Quoi qu'il en soit, la première mention de Bibracte est faite par Jules César lui-même dans « Commentaires sur la Guerre des Gaules ». Alors Autun ou Mont Beuvray ? Ce n'est que bien plus tard, sous Napoléon III, passionné par la Guerre des Gaules, que Jacques Gabriel Bulliot, membre de la société Eduenne des lettres, sciences et arts d'Autun, va véritablement situé Bibracte au Mont Beuvray. Napoléon III lui donnera des fonds pour mener ses recherches. Son neveu, Joseph Déchelette prendra la relève et l'on découvrira de nombreuses
poteries et monnaies certifiant la localisation de Bibracte. Cependant, d'après les fouilles entreprises, l'on sait que le site était occupé dès le néolithique bien que l'oppidum ne fut fondé vers la fin du IIe siècle avant J.-C sur une surface de 200 hectares, encerclé par un rempart extérieur. Un second rempart, intérieur cette fois, fut construit plus tard. Les Eduens étant d'abord amis des Romains, le commerce florissait entre les deux puissances jusqu'à leur ralliement à
Vercingétorix, et, malgré la cuisante défaite d'Alesia, Bibracte fut traitée avec ménagement par
Jules César et va continuer à se développer grâce à son chef Dumnorix, un magistrat élu, et à son
druide Diviciacos. Octave Auguste, le premier Empereur Romain, fonda ensuite
Autun (Augustodunum) et Bibracte fut délaissée par ses habitants en quelques décennies bien que la population traditionnelle y soit demeurée et ait continué à entretenir ses lieux de cultes et l'habitat aristocratique. En subsistera, avec le temps, une grande foire qui avait lieu au
Moyen Âge chaque premier mercredi de mai. Par la suite, un couvent des Cordeliers s'y installa au XVe siècle mais fut vite abandonné. Après
Napoléon III, les fouilles cessèrent et reprirent grâce à
François Mitterrand en 1984, lui aussi captivé par la civilisation celte. Bibracte sera alors proclamé site d'intérêt national et les fouilles seront subventionnées. Quatre ans plus tard sera créé le centre archéologique européen du Mont Beuvray qui va regrouper le site lui-même, le musée et le centre de recherche à Glux-en-Glenne dans la Nièvre. Les fouilles seront alors européennes dans le quartier gaulois du Rebout, dans la Pâture du Couvent et dans la demeure romaine du Parc aux Chevaux. Ainsi, chaque été, des étudiants européens viennent participer aux fouilles en provenance d'
Allemagne, d'
Autriche, de
Belgique, d'
Espagne, du
Royaume-Uni, de
Hongrie, d'
Italie, de
Slovénie, de
Suisse et bien sûr de France (universités de
Besançon,
Dijon,
Paris,
Tours, etc.). A noter qu'ils utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées (
photos aériennes, scanner au laser) pour réaliser un plan complet de l'ancienne cité et la topographie des lieux. Aujourd'hui, l'on peut visiter le centre de recherche de Glux-en-Glenne qui comporte la plus importante bibliothèque mondiale sur le monde celtique. On y trouve aussi un dépôt archéologique, l'administration du parc archéologique ainsi qu'une salle de séminaire et des
gîtes. Au mont Beuvray, l'on peut admirer le rempart jalonné d'une quinzaine de portes dont la célèbre Porte du Rebout. Une palissade gauloise a fait l'objet d'une reconstitution et des enclos funéraires ont été mis à jour entre les deux remparts. Les fouilles ont aussi révélé le quartier artisanal de la Côme Chaudron et du Champlain (ce quartier était réservé aux forgerons, aux bronziers, aux émailleurs, aux orfèvres et aux frappeurs de
monnaies). On a aussi découvert des constructions en pierre dans le Parc aux chevaux ainsi qu'un édifice à colonne dans la pâture du Couvent (qui date probablement d'après la Guerre des Gaules). Des maisons romaines sont aussi à admirer dans le Parc aux chevaux dont la maison PC1, une immense villa romaine de 3 500 m2. À voir aussi un bassin en granit rose pour l'approvisionnement en eau, monument tout à fait hors du commun à l'époque celte ainsi que des caves en bois (l'une d'entre elles a été reconstituée) qui servaient sans doute de stockage pour les céréales. L'oppidum de Bibracte a aussi dévoilé des sources qui alimentaient des fontaines datant de l'époque gauloise mais aussi postérieure, donc gallo-romaine. La fontaine Saint-Pierre par exemple était un lieu de culte et un espace cultuel celtique a été mis à jour. Des
fouilles ont aussi été entreprises sous l'actuelle chapelle et ont découvert un temple gallo-romain. La nécropole, quant à elle, a demandé la déviation d'une route départementale et recèle 70 enclos funéraires (les corps à l'époque étant incinérés). Ne manquez pas le musée de la civilisation celtique qui abrite de nombreux objets trouvés sur les lieux ou prêtés par d'autres musées. L'exposition permanente retrace l'histoire de la cité et de la culture celte d'Europe et abrite maints objets de la vie quotidienne. Le musée de Bibracte accueille aussi de nombreuses expositions temporaires toutes relatives à la civilisation
celte.... Car vous l'aurez compris, les Celtes n'étaient pas que des Bretons. Cette civilisation a envahi toute l'
Europe et les Gaulois (de toute la
France actuelle) en ont été les dignes descendants. À ce titre, Bibracte est un site incontournable pour qui veut en savoir plus sur les us et coutumes de nos ancêtres les
gaulois.
Date de création : 10/12/2007 13:56
Contributions de Catherine

Bibracte
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