En vous baladant sur ses canaux romantiques à souhait, en visitant le
vieux-Bruges et ses monuments érigés dans le plus pur style flamand, vous saurez que l'histoire a ici toute sa place. Ville la plus connue de
Belgique dans le monde après
Bruxelles, Bruges attire des millions de visiteurs charmés par sa beauté et son histoire qui transparaît au détour de chaque ruelle. Ville d'art et d'histoire, Bruges a su allier ces deux caractéristiques pour devenir une cité hors-normes, aussi jolie que Venise, même plus parfois quand le ciel du Nord lui donne des couleurs si particulières, mi-sombres, mi-mélancoliques et parfois si lumineuses... On sait alors ce que le romantisme de Bruges veut dire, lui qui a été si bien chanté par
Jacques Brel dans « Marieke ». Bruges est née il y a deux millénaires mais elle est restée dans l'ombre de la mer du Nord durant 1000 ans avant de prendre son envol et d'être reconnue à l'échelle européenne. Elle sera au Moyen Âge une place fortifiée le long d'un cours d'eau et résidence du vassal du roi
carolingien Charles le Chauve : Baudoin y vivait avec Judith pour parer aux invasions normandes. C'est donc Baudoin qui fut le fondateur du comté de Flandre qui s'étendit de la mer jusqu'à l'Escaut et l'Artois, incluant
Lille et
Valenciennes. Le nom de Bruges vient du norvégien « Bryggia » signifiant quai ou port vers 875. Bruges n'est alors qu'un petit bourg avec un château entouré d'un rempart et une chapelle qui s'élevait dans le Burg actuel. Viendront s'y ajouter un marché, une cour de justice, des routes menant à la côte et à l'intérieur du pays. Bruges devint ainsi un grand centre commercial mais aussi un port dans les années 900. L'on sait, d'après des fouilles qu'au Xe siècle, une église avait été construite sur le modèle de la chapelle carolingienne d'
Aix-la-Chapelle et c'est à cette époque que furent construites les églises de Saint-Sauveur et de Notre-Dame. Ayant obtenu son statut de ville en 1128, la municipalité de Bruges va y construire des murs et des canaux. Six ans plus tard, un raz-de-marée va ouvrir un chenal permettant à Bruges d'avoir un accès direct à la mer du Nord. Bruges va alors se développer très rapidement avec une liaison directe avec l'Angleterre où elle va pouvoir écouler ses productions de laine mais aussi les produits de Flandre et de France. En 1200, Bruges va organiser un marché annuel et les marchands venus de Gascogne ou du
Rhin, de
Hambourg ou de Londres, vont affluer dans la cité ainsi que les visiteurs de Gênes, de Venise, de
Florence mais aussi d'
Espagne, du
Portugal et d'
Ecosse. Bruges devient alors une cité ouverte à tous, une ville commerçante d'
épices et d'arts mais aussi une plate-forme financière et bancaire. Un siècle plus tard, la ville est occupée par les Français sous le règne de
Philippe le Bel, mais la population se révolte en 1302 : c'est ce que l'on appelle les « matines brugeoises ». Les habitants se rallièrent aux comtes de Flandre après la bataille des « éperons d'or ». Ces « matines brugeoises » furent comparées au massacre de la Saint-Barthélemy car en cette nuit du 18 mai 1302, un millier de partisans du roi de France furent assassinés dans la nuit. Il faut savoir en effet que Bruges avait l'exclusivité de l'importation de la laine provenant d'Angleterre mais le roi Edouard Ier d'
Angleterre voulut éloigner Bruges des transactions en installant un point de vente indépendant pour répondre aux exigences du roi de
France. Au XIVe siècle, les Vénitiens arrivèrent dans la ville, une bourse fut créée et Bruges devint la capitale financière des
Pays-Bas. Les Italiens amenèrent avec eux une nouvelle population qui passa de 35 000 habitants à 100 000 habitants en 1500, ce qui était énorme pour l'époque (même Paris n'en n'avait pas tant !). L'âge d'or de la cité est donc situé entre le XIIe siècle et le XVe siècle car Bruges avait aussi développé une autre industrie : la draperie. Plaque-tournante du commerce européen, Bruges était une cité flamboyante commerçant avec
Londres,
Gênes, Venise et
Paris. Sous la tutelle des ducs de Bourgogne, Bruges devint un chef d'oeuvre en elle-seule, une capitale économique mais aussi une ville très raffinée au plan architectural et culturel. C'était la ville la plus riche d'Europe à la fin du
Moyen Âge. Au XVIe siècle, son importance diminua mais la ville survécut tant bien que mal jusqu'à recouvrer la prospérité au XXe siècle avec le nouvel essor de l'
Europe. Aujourd'hui, Bruges est une ville magnifique qu'il faut absolument visiter, tant pour ses musées que pour ses canaux. D'ailleurs, on ne voit pas pourquoi on la qualifie de « Petite Venise du Nord » alors que c'est plutôt
Venise que l'on devrait qualifier de « Petite
Bruges du Sud ».
Date de création : 09/01/2008 15:34
Contributions de Catherine
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