Située au Nord de Madagascar, Diégo-Suarez est la capitale de la Région Diana selon le nouveau découpage administratif de l'île. Ville des Antakarana, une des 18 ethnies du pays, elle abrite aussi d'autres ethnies et de nombreux étrangers notamment des indiens, des pakistanais, des arabes, des français, ...L'
architecture de la
ville ainsi que les rues parallèles ou rayonnantes, témoignent de la longue présence française durant la colonisation. Cette empreinte est fortement marquée autour du port et le long de la principale avenue, la rue Colbert. La ville basse de style colonial contraste avec la ville haute faite de quartiers populaires. Peuplée de quelques 80 000 âmes, Diégo est la plus grande ville du Nord et le troisième port du pays. Jusqu'en 1974, elle était une base de la
légion étrangère et des marines françaises. Pour rallier Diégo à partir de Tananarive, la capitale, on a le choix entre la route et la voie aérienne. En prenant l'avion par le biais de la compagnie nationale, une heure suffit pour atteindre Arrachart, l'
aéroport de la ville. Par route, c'est une autre histoire. Il faut emprunter la RN4 jusqu'au village d'Ambondromamy, puis bifurquer pour emprunter la RN6. La distance à parcourir dépasse les 1.000 kilomètres et certains tronçons ne sont praticables que durant la saison sèche. Mais la beauté des paysages fait vite oublier la fatigue et la durée du voyage. La baie de Diégo-Suarez fait la renommée de la ville. C'est l'une des plus belles du monde et avec ses 156 km, elle se classe juste derrière la baie de
Rio de Janeiro. Elle s'ouvre sur l'Océan Indien par un étroit passage. Visiter la ville sans passer par la plage de Ramena, c'est comme visiter
Paris sans voir la
tour Eiffel. C'est l'endroit idéal pour se baigner avec sa plage de sable blanc agrémentée de cocotiers. L'arrivée des pêcheurs traditionnels à bord de leurs fragiles embarcations constitue toujours un évènement. Justement, ces barques servent pour transporter les touristes vers la mer d'Emeraude. Les amateurs de
plongée sous-marine pourront pratiquer leur
sport favori dans cette mer intérieure transparente. Toujours à partir de Ramena, une petite
randonnée pédestre s'impose pour rejoindre la baie des dunes, la baie des pigeons et la baie de Sakalava. Cette dernière est réputée pour être le paradis des windsurfers avec le varatraza (alizé) qui y souffle de façon quasi-permanente. Diégo possède son pain de sucre (Nosy Lonjo), bien visible de la route menant vers Ramena. A 40 km au Nord-Ouest de la ville se dresse la Windsor Castle. Du haut de ce monolithe de 391 m, la vue est tout simplement magnifique. La rencontre entre le
canal de Mozambique à l'Ouest et l'Océan Indien à l'Est est particulièrement saisissante. Au Nord, on aperçoit l'extrémité septentrionale de
Madagascar, le Cap d'Ambre, notre prochaine destination. Soulignons au passage que des
tours opérateurs proposent un
circuit trekking : de Windsor Castle à la mer d'Emeraude. Rejoindre le Cap d'Ambre à partir de Diégo est une véritable aventure. L'état des pistes fait la joie des amateurs de
VTT. Sinon, une
voiture tout-terrain est indispensable. Il faut prendre le temps d'admirer les baobabs et les cheminées de fées (relief en calcaire) en cours de route. La visite du parc national de la montagne d'Ambre fait aussi partie des circuits classiques. La forêt tropicale qui regorge de nombreuses espèces endémiques y est encore préservée. Les lémuriens côtoient les caméléons et les
serpents. Rejoindre Nosy Hara (île Hara) en pirogue à partir de la baie du Courrier, c'est aller à l'encontre de la nature sauvage dans toute sa splendeur. La baie se trouve à 30 km à l'Ouest de la ville et est accessible par route. Le massif de l'Ankarana offre un spectacle impressionnant avec ses « tsingy » calcaires (aiguilles modelées par l'érosion). Les ossements d'anciens rois sont encore conservés dans des grottes calcaires provoquées par l'érosion. Le massif abrite en outre de nombreuses espèces endémiques, pour ne citer que les lémuriens et certaines espèces de caméléon. Des « tsingy » rouges, faites surtout de latérite, sont aussi visibles dans le village d'Irodo. Pour se faire une idée des croyances et rites locaux, le passage par le lac sacré est tout indiqué. Ce lac est infesté de crocodiles qui ne seraient autres que la réincarnation des habitants du lieu. De par ce fait, le lac reçoit diverses offrandes de la part des habitants de la région et des sacrifices de zébus y ont lieu régulièrement. Au sein de la ville même, le cimetière britannique reste un lieu de recueillement. Ici reposent les victimes de la bataille ayant opposé les forces coloniales françaises aux forces britanniques durant la
deuxième guerre mondiale.
Date de création : 26/08/2008 10:45
Contributions de Chris

Diégo-Suarez
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