A proprement parler, Jemappes (ou Jemmappes pour les Français) n'est pas une ville mais une partie de
Mons en Belgique, une ville belge
wallonne, chère au coeur du célèbre
chanteur Salvatore Adamo. Les
habitants sont appelés les Jemappiens. C'est dans le centre de Jemappes que deux rivières : la Haine et la Trouille se rencontrent. L'origine du nom de cette ville semble alors découler directement de la présence de ces deux rivières qui se joignent en son sein. Si on se penche sur l'origine étymologique du nom de la ville, on constate qu'il y a l'ensemble de deux mots « gem » et « appe », termes walloniens mais dont les origines lointaines peuvent être accordées à la langue romaine. Ainsi, « gem » signifierait jumeaux, jumelles ou deux tandis que « appe » aurait un sens qui se rapprocherait de « eau », en référence sans doute à la confluence des deux rivières. Gem-appe signifie donc les rivières jumelles ou les deux rivières. Toute cette origine remonte au VIIème siècle. L'histoire de la ville commence par la présence d'une seigneurie sous l'égide du Comte de l'Hainaut jusqu'au XIVème siècle. Mais une autre période, fin du XVIIIème siècle début du XIXème, va aussi marquer la ville de Jemappes. A la fin du XVIIIème en effet, le vent de la Révolution française soufflait jusque dans les contrées voisines. Aussi, trois ans après la
prise de la Bastille, Jemappes va être le théâtre de l'expansion de cette Révolution. Les Belges (soutenus par les soldats autrichiens), tous hostiles à la Révolution, opposent une résistance aux troupes françaises et se retranchent dans la ville de Jemappes pour protéger les portes de la Belgique toute entière. Dumouriez s'affronte alors au général Baulieu dans la bataille décisive de Jemappes. Le 6 novembre, les soldats belges et autrichiens subissent une cuisante défaite. C'est ainsi que
la Révolution française atteint la Belgique. L'autre évènement de l'histoire de cette ville belge remonte en 1857 à l'époque de l'édiction de la loi dite « des couvents ». Les tensions religieuses se font ressentir à cette époque entre protestants et catholiques belges. Quand la loi fut votée par des représentants dont la plupart étaient catholiques, les troubles entre les communautés religieuses n'allaient pas tarder à éclater. Les émeutes envahissent alors toute la
Belgique mais on retiendra que la tension a encore été plus forte à Jemappes. La colère des émeutiers s'abattit sur le couvent catholique de la ville jusqu'à ce que celui-ci soit complètement brûlé. Un autre évènement va encore troubler l'Histoire de la ville vers la fin du 19ème siècle. Aux allures d'une révolution, les Jemappiens font direction vers Mons munis de fourches pour s'opposer aux statuts précaires des ouvriers. Cette marche ou cette protestation est sévèrement réprimandée par la garde civile montoise. Les tensions entre Jemappiens et Montois ne vont plus s'arrêter depuis mais ne dégénèreront pas en des violences populaires. Sans revendiquer une identité propre, la ville ne va pas cesser de se confronter avec Mons. La fusion des communes opérée il y a peu de temps a plus ou moins calmé ces tensions. Mais Jemappes ne connaît pas que des moments lugubres. Tous les week-ends pascaux, et cela depuis plus de cent ans déjà (depuis 1906), la ville offre une manifestation culturelle originale qui s'apparente au carnaval. Au début, c'est-à-dire il y a cent ans, un défilé de chevaux : la cavalcade donnait son nom à cette manifestation (Cavalcade de Jemappes). De nos jours, il n'y a plus de chevaux au cours de ce carnaval. La manifestation est divisée en deux parties, deux cortèges distincts. Le premier est composé d'un défilé de type carnaval classique tandis que le second est composé de gilles. Les gilles sont des personnes costumés et masqués typiques de la
région du Hainaut. Ces derniers sont composés de sociétés, d'associations de la ville. On peut ainsi apercevoir lors de la Cavalcade les Cagniots c'est-à-dire, la société royale de la ville, les gilles commerçants, les chippies ou les femmes courtes vêtues, les marins... Certaines sociétés apparaissent, réapparaissent au cours des années suivantes tandis que d'autres se créent, mais la Cavalcade continue toujours sa route. En mémoire aux soldats morts lors de la bataille de Jemappes, un monument surmonté d'un coq a été érigé en 1911 puis en 1922 : le coq de Jemappes. L'oeuvre est d'Eugène Bodson. Un canon découvert sur le champ de bataille de Jemappes garde fièrement cet obélisque en hommage aux soldats belges et autrichiens.
Date de création : 22/12/2008 08:49
Contributions de Dede

Jemappes, ville Belge
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