Qui ne connaît pas les deux Corée, le Nord et le Sud, et leur spécificité ? Qui ne connaît pas la richesse de leur patrimoine culturel, culinaire et sportif ? En ce qui concerne le sport, et plus particulièrement le
sport de combat, beaucoup d'entre nous ont déjà entendu parler du Tae kwon do, cet art martial d'origine
coréenne. Mais nombreux sont peut-être ceux qui se posent encore des questions sur ses tenants et aboutissants. Il serait assurément ardu de le décrire en détails ici, mais néanmoins, cet article vous propose de faire un tour d'horizon sur l'historique de ce noble art et les styles existants. Pris dans son sens littéral, le nom Tae kwon do signifie « voie ou art de donner des coups de pied et des coups de poing ». Art martial de tradition ancienne, son origine remonte à plus de deux mille ans, plus précisément en l'an 37 avant J.C, à l'époque du royaume de Koguryo au sud de la Mandchourie, fondé par le roi Tong Myong Son Gwang. Des fresques de tombes royales de cette période furent découvertes et elles représentent des combattants en entraînement dans des postures classiques du Tae kwon do. Ces dessins constituent de véritables documentations concernant cet art car les techniques qui y étaient décrites sont encore en usage de nos jours. On a pu constater aussi le nombre impressionnant de ces fresques, supposant que cet art martial fut déjà très répandu bien avant que les tombes n'en furent décorées. Il faut noter cependant qu'avec les deux autres royaumes de cette époque, à savoir Silla et Baekjae, le Tae kwon do fut constitué par de nombreux arts martiaux, notamment le Subak et surtout le Tae kyon qui est son véritable ancêtre. Il est bon de savoir aussi que le Tae kwon do est étroitement lié à l'histoire de la Corée qui a dû lutter constamment pour pouvoir rester libre de toute domination face à ses deux puissants voisins que sont le Japon et la
Chine. Durant l'occupation japonaise où le
judo et le karaté étaient les seuls arts martiaux autorisés, le Tae kwon do et toutes les autres méthodes de combat d'origine coréenne étaient mis en veilleuse. C'est seulement à partir de 1945, après la libération, que les autorités de la nouvelle République de Corée, dans l'objectif de réinstaurer l'identité nationale, aient de nouveau remis au goût du jour tous les arts martiaux de tradition coréenne, y compris le Tae kwon do. La tâche ne fut pas aisée mais finalement, le Tae kwon do officiel naquit le 11 avril 1955, après dix ans de travail acharné pour l'unification des techniques du karaté et du Tae kyon. Le précurseur de cet art martial moderne est le général Choi Hong Hi. Né en Corée du Nord en 1918, celui-ci était un pratiquant du Tae kyon lorsqu'il était encore un adolescent et qu'il a eu la chance d'avoir un maître de cet art martial comme professeur à l'école. Plus tard, il est allé continuer ses études au Japon où il pratiqua en même temps le karaté avec maître Funakoshi. Obtenant le grade de ceinture noire 2è dan dans cet art, il retourna dans son pays natal en 1942. Il commença ainsi à travailler sur la création d'un nouvel art martial qui combine les techniques du karaté et des autres arts martiaux coréens, notamment le Tae kyon. Le destin a changé sa vie lorsqu'il fut rapidement arrêté alors qu'il tentait de s'enrôler dans l'armée de libération de la Corée, au lieu de rejoindre l'armée impériale du
Japon qui occupait le pays. Retenu en prison, il attendait son exécution prévue le 18 août 1945, lorsque le même destin lui a permis d'y échapper. Effectivement, la Corée fut libérée le 15 août 1945, soit trois jours avant la date fatidique de son exécution. A sa sortie de prison, il reprit le développement de son art. Mais la Corée se retrouvait de nouveau dans les affres de l'instabilité quand la guerre idéologique éclata entre la partie Nord et la partie Sud. De ce fait, il rejoignit la toute nouvelle armée de la
Corée du Sud et fut intégré dans le cercle des pères fondateurs de cette armée. Au sein de l'armée, il commença à propager son art martial à travers sa compagnie, puis plus tard, il créa même une académie de formation destinée aux officiers. En dehors de la fierté nationale, Choi Hong Hi voulait surtout créer une technique de
self-défense sans superflu, qui exploite toutes les avancées de la science pour être le plus efficace possible. Le Tae kwon do, après avoir été reconnu art martial national en Corée, connut un essor rapide et après quelques années de promotion, l'International Tae kwon do Federation ou ITF fut fondée en 1966 par 9 pays, à savoir, la Corée, le
Singapour, le
Viêt Nam, la
Malaisie, les
Etats-Unis, l'
Allemagne de l'Ouest, l'
Italie, la
Turquie ainsi que les
Emirats Arabes Unis. Bien entendu, le général Choi Hong Hi en fut le premier président. Pourtant, une dissension se produit quand, bravant l'interdiction de son gouvernement, il se rendit en
Corée du Nord pour y promouvoir son art. Sous la pression des autorités sud-coréennes, Choi Hong Hi fut contraint à l'exil en 1973 où il est allé s'établir à
Toronto au
Canada, en y déplaçant en même temps le siège de l'ITF. Ne voulant pas perdre la face et surtout l'art martial national, les autorités sud-coréennes ont créé la World Tae kwon do Federation ou WTF la même année 1973. Deux styles totalement différents commencent alors à exister. Si le style ITF de Choi Hong Hi continua dans la même voie scientifique, le WTF sud-coréen prit résolument la voie du
sport olympique où il est admis en tant que discipline depuis l'année 2000. Bien évidemment, les techniques utilisées par les deux styles sont aussi diamétralement opposées. Malgré cette guerre de styles, ou peut-être grâce à elle, on peut avancer que le Tae kwon do, vu sa relative jeunesse, est l'un des
arts martiaux qui a connu le plus rapide et le plus grand essor à travers le monde. En effet, il n'y a que très peu de pays où cet
art martial ne soit pas pratiqué dans un style ou dans l'autre, ou les deux en même temps.
Date de création : 26/12/2008 11:28
Contributions de Dede

tae kwon do
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