Nous connaissons tous l'extraordinaire richesse culturelle de la Chine. Autant le pays est vaste, troisième du monde en superficie et la population la plus nombreuse de
la planète, autant la diversité culturelle de l'Empire du milieu représente toutes les tendances imaginables. Une telle réalité est aussi valable dans le domaine du sport en
général et du
sport traditionnel en particulier. La Chine fait partie des pays creusets des
sports de combat traditionnels appelés communément arts martiaux, ce qui la met en tête de référence pour le nombre et le genre. Le Taiji Quan est un art martial traditionnel qui nous vient de ce pays et qui continue de séduire de nombreux adeptes. Pour ceux qui veulent connaître les tenants et aboutissants de cet art, nous vous proposons de faire un survol sur l'historique de cet art martial et ses caractéristiques. Le Taiji Quan, appelé encore Tai Chi Chuan, est un
sport de combat traditionnel chinois qualifié d'art martial interne. Le terme Taiji signifie « le faîte suprême » tandis que le terme Quan veut dire poing, ce qui traduit littéralement Taiji Quan comme « la boxe du sommet suprême ». Comme cet art martial se pratique seul, certaines traductions le qualifient même de « boxe avec l'ombre ». Quoi qu'il en soit, le Taiji Quan dispose de toutes les caractéristiques de fond et de forme qui font de lui un art martial à part entière. Sur la forme, le Taiji Quan enseigne bien les techniques traditionnelles de base comme les frappes, les saisies, les esquives, les clés, les parades, etc..., c'est-à-dire les méthodes classiques communes à tous les
arts martiaux. Ensuite, les pratiquants sont formés sur les enchaînements, du plus facile pour les débutants, au plus complexe avec usage d'armes suivie d'une séance de combat axée sur les techniques des poussées pour les plus expérimentés. Sur le fond, le Taiji Quan inculque à ses pratiquants les qualités intérieures essentielles pour un bon combattant telles que la sérénité, la mémoire et la concentration, la maîtrise des émotions, ainsi que le sens de l'équilibre. Si plusieurs paternités se disputent sa conception, l'opinion la plus répandue est que le Tai Ji Quan fut créé à la fin de la dynastie Song, c'est-à-dire entre le XIIème et XIIIème siècle, par Zhang Sanfeng, un prêtre taoïste venu du Nord de
la Chine, plus précisément du célèbre Mont Wudang qui est la réplique du temple de Shaolin. Zhang Sanfeng élabora sa technique en observant un jour un combat entre un serpent et un oiseau. De cette lutte où le serpent sortit vainqueur, Zhang Sanfeng conclut que la souplesse prime sur la rigidité. Il nota aussi l'importance et l'efficience des mouvements circulaires et en déduit la nécessité de la succession du Yin et du Yang. Il transmit ensuite ses connaissances à Wang Zongyue, Zhang Songxi, Jiang Fa et Chen Zhoutong. Notons que plusieurs versions contradictoires existent sur l'histoire de Zhang Sanfeng et ses exploits, ce qui a entraîné le doute sur la réalité de sa paternité concernant le Taiji Quan. S'il en est ainsi de Zhang Sanfeng, d'autres historiens mentionnent plutôt la prépondérance de Wang Zongyue sur la paternité de cet art martial. Celui-ci vécut au XVIIème siècle sous la dynastie Qing. Si les spécialistes de l'époque lui étaient tellement reconnaissants au point de lui décerner ce titre flatteur, c'était peut-être à cause de son ouvrage traitant de cet art et intitulé justement « A propos du Tai Chi Chuan ». Effectivement, c'est le premier ouvrage qui traite d'une manière structurée et détaillée la philosophie et les différentes techniques du Taiji Quan. Devenu une référence, ce livre a, de ce fait, grandement contribué à l'essor et à la vulgarisation de cet art martial. Du reste, il est confirmé que c'est Wang Zongyue qui légua le Taiji Quan à Jiang Fa, avant que celui-ci ne l'enseigne à son tour à Chen Changxing du village de Chenjiagou. En ce qui concerne les principes du Taiji Quan, soulignons tout de suite la primauté du Jing, qui signifie force tonique et souple, au détriment de la force physique brute. De par sa qualité d'art martial interne, le Taiji Quan insiste particulièrement sur cet aspect de développement à partir de l'intérieur de soi. Il en est ainsi du principe de la relaxation des muscles appelé Song, le fondement du Taiji Quan. Comme on recherche avant tout la souplesse et la fluidité des mouvements, on a besoin de muscles décontractés et bien coordonnés au maximum jusqu'à l'impact du coup, où on n'aura plus besoin que d'une rapide contraction pour avoir la puissance nécessaire. Mais, la relaxation des
muscles n'est pas suffisante en Taiji Quan. Il faut aussi maîtriser la force interne ou le Peng Jing. Celui-ci se base sur l'harmonisation et la décontraction de toutes les zones du corps, de façon à ce que celui-ci bouge d'une façon coordonnée. Dans la pratique, le Taiji Quan se résume de la manière suivante : l'énergie part des racines du corps, c'est-à-dire les pieds, puis canalisée par la hanche, avant de parvenir aux mains pour l'impact final. Décrit sous forme imagée, un coup de Taiji Quan est similaire à un coup de fouet. Plusieurs styles de Taiji Quan existent actuellement, comme celui de la famille Chen ou celui de Wu Yu ou encore le style Yang avec ses trois déclinaisons qui sont les plus connus de tous. Mais leur dénominateur commun, qui a fait la renommée du cet
art martial, c'est le travail du souffle ou le Qi gong.
Date de création : 07/01/2009 10:17
Contributions de Dede

Taiji Quan
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