L'ange déchu
Avec " Mon ange ", Serge Frydman signe un film lent et plein de prétention qui oscille entre la série B et le tragi-comique.
Ça partait d'un bon sentiment. La rencontre de deux paumés, deux écorchés de la vie réunis par
hasard, qui se supportent avant de s'entraider. Pourtant, on n'y croit pas. Le film traîne en longueur, les dialogues à base de "Est-ce que je peux
te demander quelque chose ? - Oui...pourquoi pas" se succèdent, entre les
silences, censés être chargés de sens.
Alors bien sûr, il y a des images qui se veulent fortes ; Colette et Billy traçant leur route, l'un derrière l'autre, sur les chemins monotones du plat
Pays. Mais c'est trop gros, trop évident et trop mal joué pour susciter l'intérêt.
Colette
rêve d'
amour platonique et veut un
enfant. Mais la belle
Vanessa Paradis (qui n'est pas sous son meilleur jour) ne parvient pas à nous toucher, contrairement à son compagnon de galère, le petit Billy, interprété par Vincent Rottiers. Déjà remarqué dans " Les diables " et plus récemment dans " Narco ", il incarne à merveille l'adolescent brut de décoffrage.
Le film danse sur le fil, entre tragi-comique et série B. Vanessa nous décroche parfois un
sourire avec ses avances, plus qu'explicites, aux routiers de passage, quémandant une
relation sexuelle comme on supplierait à notre mère de nous donner la permission de minuit.
Mais les scènes inutiles nous replongent vite dans l'ambiance d'un mauvais téléfilm allemand. Derrick le soporifique n'a qu'à bien se tenir. Par moment la musique s'emballe, une lueur d'espoir, on croit voir le bout du tunnel. Et puis rien. Au lieu de ça, on attend. Les moments de
musique, les seuls bons moments en fait. Des fanfares burlesques aux
rocks lancinants de Tom Waits en passant par
Elvis Presley. Et puis la fin du film surtout, qui tarde à arriver.
Date de création : 07/12/2005 13:50
Contributions de Jeremy