Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le commerce s'exerçait dans de petites échoppes dans lesquelles la convivialité était de mise. Dans un quartier, les commerçants connaissaient les clients et inversement, et si les commerçants ne connaissaient pas leurs chalands,
le prix était fixé de manière aléatoire et sans réglementation. Cette forme
d'échanges, héritée du Moyen Age, fut profondément bouleversée par la révolution industrielle et la transformation architecturale initiée par le
Baron Haussmann. En effet, sous Napoléon III, les conditions économiques et les évolutions techniques poussent à un autre genre de commerce : le grand magasin. Les conditions économiques d'abord :
la démographie explose et avec elle l'épargne. Les évolutions techniques passent par le développement des transports, la réalisation des grands travaux, mais aussi par la presse et l'édition ainsi que, de fait, la publicité. Le grand magasin a l'avantage d'offrir, dans un lieu « moderne », une multitude de services et de produits. Bien sûr, aujourd'hui, cela nous semble normal, mais à l'époque, il s'agissait d'une véritable révolution dans la vie quotidienne. Le commerce s'en trouve complètement chamboulé : les prix deviennent fixes, on y entre et circule librement, le client peut même échanger une marchandise dont il n'est pas satisfait et chaque jour, des événements se déroulent : soldes, promotions, expositions, concours...
La publicité prend son envol : c'est début des affiches, catalogues, calendriers, réclames, démonstrations... Les graphistes entrent en jeu, multipliant les efforts de créativité, d'imagination et d'audace. Le but est de faire rêver le client en l'incitant à se rendre dans un lieu luxueux, confortable, offrant toutes sortes de produits dans des décors magnifiques, pour évidemment, le pousser à l'
Achat. C'est début de la société de consommation en quelque sorte. Se rendre au Bazar de l'Hôtel-de-Ville (nommé familièrement B.H.V.), c'est aussi être à la mode dans une société qui évolue constamment. Mode dans la décoration : c'est ainsi que le style Art Déco se voit popularisé, n'étant plus l'apanage de la classe sociale aisée. Les classes moyennes peuvent s'offrir d'autres mobiliers et décorations au gré de leurs envies et de leurs bourses. Le domaine du vêtement change également : la mode n'est plus réservée aux grandes bourgeoises. Chaque femme peut désormais se vêtir librement, choisir sa garde-robe en fonction de ses ressources, sans devoir passer par une couturière hors de prix. Le premier grand magasin est créé en 1852 sous l'enseigne « Bon Marché ». Il sera suivi par Les Magasins du Louvre en 1855, le Bazar de l'
hôtel de ville en 1856 (près de l'
Hôtel de ville, d'où son nom), Le Printemps en 1865, La Samaritaine en 1869,
Les Galeries Lafayette en 1895. Certains d'entre eux s'adapteront à l'évolution de la vie moderne comme le BHV et sont encore présents aujourd'hui pour rappeler les splendeurs de l'époque. Aujourd'hui, le BHV, situé
rue de Rivoli, est toujours un grand magasin en activité avec de nombreux établissements situés en Régions ou même au
Liban. Il est réputé pour sa spécialisation en bricolage et décoration intérieure et a d'ailleurs organisé des ateliers de bricolage (ainsi que de cuisine). Son café est un rendez-vous très connu pour ses animations littéraires et son espace restauration à des prix très raisonnables. Faire un tour au BHV, c'est un peu se retrouver, il y a 150 ans en se demandant « comment faisaient-ils avant ? ».
Date de création : 14/08/2006 13:20
Contributions de Catherine

Bazar de l’Hôtel-de-Ville
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