“Au Printemps, au Printemps, et mon coeur et ton coeur...” chantait le grand Jacques. “Le Printemps” : drôle de nom pour un grand magasin ! On peut penser qu'il s'agit d'une sorte de “renouveau” ou d'une forme d'espoir. Mais, pas du tout... Le monument dont je veux vous conter l'histoire est un des plus grands magasins de Paris. Comme le BHV ou
La Samaritaine, « le Printemps » est une sorte de dinosaure né en 1865. Il a été fondé par un homme dont tout le monde a oublié le nom : Jules Jaluzot. Mais pourtant, combinant audace et prudence, il réalise le Grand Magasin le plus moderne de son temps. Jules Jaluzot est une sorte de visionnaire qui comprend ce que seront les temps modernes. La révolution industrielle est en marche et avec elle, d'énormes transformations pour la
ville de Paris qui va s'étendre. Il s'installe donc à l'Ouest, près de ce qui sera l'
Opéra Garnier, le développement des transports, l'y incite à proximité de la gare Saint-Lazarre. Jaluzot y installe sa « cathédrale du commerce » dans un quartier encore peu commerçant. Pari ou Paris gagné ! Il y a foule et les dames de haute bourgeoisie ont le choix entre quelques enseignes et font le tri, comme les classes moyennes.Voilà la nouveauté : Le Printemps innove et se lance dans la vente par correspondance en 1872. Précurseur dans cette forme de commerce, et comme son nom l'indique, Le Printemps édite 7 catalogues de
vente par correspondance destinés aux grandes bourgeoises provinciales mais aussi d'Outre-Rhin. (Le Printemps est donc l'ancêtre de La Redoute ou des
3 Suisses). Les catalogues sont au nombre de 7 : un catalogue général, et d'autres spécialisés en mercerie-passementerie, trousseaux-layettes, bijoux, cravates, ganterie, parapluies et ombrelles, literie et couvertures. Paris envahit l'Outre-Rhin. Mais ce qui peut arriver arrive et en 1881 un incendie ravage le Grand Magasin éclairé à l'époque par des lampes à gaz. La majeure partie du bâtiment est détruite mais Jules Jarisot fait construire un nouvel édifice par l'architecte Paul Sédille. Toujours précurseur, Jarisot confie l'éclairage en 1888 de son édifice à... L'électricité. C'est ainsi que bien avant les services municipaux de
Paris, Le Printemps sera illuminé par l'
électricité... Quand on vous dit que le Printemps est un renouveau ! À partir de 1907, d'autres bâtiments sous la même enseigne verront le jour, toujours dans le même style « l'art nouveau ». Les artistes, peintres, architectes envahissent les lieux.. Mais décidemment, le sort n'est pas favorable au Printemps car en 1921, un nouvel incendie se déclare. C'est l'
architecte George Wybo qui reconstruit et termine l'ouvrage en 1924. Le Printemps se relève et s'oriente vers la mode masculine vers 1930 et crée la marque « Brummell ». Le Grand Magasin s'étend encore avec des filiales en région. Le nombre de magasins ne fait que s'accroître. En 1975, la façade et la coupole sont répertoriées aux
Monuments Historiques. En 1991, Le Printemps rejoint le
groupe financier «
La Redoute, Prisunic,
Conforama » (La
FNAC plus tard). Le Printemps, avec quelques filiales régionales, regroupe aujourd'hui des activités de biens de consommation concernant la mode, la
Beauté, l'art de vivre, tant pour les hommes que pour les femmes. Le Printemps, Bd
Haussmann, a fait bien des petits qui sont orientés vers le luxe,
la décoration,
la mode, le plaisir, le
rêve, la
fête, les arts... Une part de tradition et de modernité !
Date de création : 16/08/2006 17:12
Contributions de Catherine

Le Printemps à Paris
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :