Le Pop Art est à la base un concept vide, mot passe-partout utilisé au milieu des années 50 en
Grande-Bretagne dans les arts décoratifs. La pertinence de l'expression sera finalement révélée au passage des années soixante lorsque la culture s'internationalise et que la musique Pop envahit le monde.
Illustration évidente du
phénomène, le succès planétaire des
Beatles devenus soudain "plus célèbres que le Christ". Warhol décide alors de réinventer les images stéréotypées véhiculées par les mass medias. Objectif : magnifier les aspects les plus terre à terre de la société de consommation. On le voit ainsi s'attaquer aux emballages de
soupe Campbell ou aux bouteilles de
Coca-Cola. Mieux, l'oeuvre devient objet lorsqu'il fait fabriquer des boîtes auxquelles il donne l'apparence de produits de grande consommation. A priori, le Pop Art ne s'embarrasse d'aucun engagement, limitant son action à un art formaliste.
Cependant, certains collages de Warhol démentent cette hypothèse. Les séries baptisées Disaster reproduisent ainsi des
photographies d'accidents afin de dénoncer le pouvoir de banalisation des médias. Mais l'artiste veut aller plus loin. Pour expérimenter, produire, créer, il lui faut un lieu. Bill Name, histrion excentrique, se chargera de transformer
un loft new-yorkais en usine culturelle, tapissant les murs d'aluminium et recouvrant les objets de
couleur argent. La Factory deviendra ainsi le nid du mouvement
Pop, berceau des techniques les plus novatrices en matière d'art.
Warhol y développera, par exemple, la
sérigraphie, composition construite par projection répétée d'une image sur un écran enduit d'une couche photosensible. Avec ce degré de non-intervention, l'absence de l'
artiste pendant la création de l'oeuvre devient possible. Et Warhol ne s'en privera pas, laissant aux ouvriers de sa Factory le soin de matérialiser ses visions artistiques. Le
Pop Art ne recherche donc à aucun moment la virtuosité technique, refusant systématiquement toute forme d'expressivité. Il réduit ainsi les possibilités de faire de l'objet d'art un objet particulier. Dans cette optique, Warhol s'amusera longtemps avec la symbolique du dollar, multipliant les digressions autour de
la monnaie américaine.
Finalement, le mouvement sera balayé par les années 70, complètement anesthésié par
la mort des utopies qui l'avaient accompagné. Deux réactions violentes et contradictoires bouleverseront alors le monde artistique : le minimal art et l'hyperréalisme.
Warhol, lui, s'évertuera à flinguer son mythe naissant en imaginant le business art.
Date de création : 08/12/2005 13:06
Contributions de Jeremy

Warhol Pop Art
J'aime beaucoup ce pop art c'est un bon style