L'Institut de France a été fondé par Mazarin qui désirait perpétuer son nom, comme tous les puissants de ce monde. Il choisit de léguer sa fortune plus que conséquente à Louis XIV, âgé de 24 ans, pour l'édification d'un collège qui portera son nom et qui devra assurer l'éducation de jeunes nobles issus des quatre coins du
Pays : « le collège des quatre nations ». Dans son « testament », Mazarin désigne Colbert pour force exécutoire. Ce dernier choisit Louis Le Vau en tant qu'architecte, qui décide d'ériger le nouvel édifice en vis-à-vis du Louvre. Le bâtiment est construit en 1795. L'Institut de France a pour missions de perfectionner les arts et les sciences selon le principe de pluridisciplinarité et de gérer les dons, legs et fondations dont il est dépositaire. Peu à peu, les anciennes Académies rejoignent le bâtiment à partir de 1805. L'Académie Française fondée en 1635, l'Académie des inscriptions et belles-lettres fondée en 1663, l'Académie des Sciences fondée en 1666, l'Académie des Beaux-Arts fondée en 1648 (comportant la peinture, la sculpture, la musique et l'architecture), et enfin l'Académie des Sciences morales et politiques fondée en 1795. Autant dire que toute l'histoire des arts, des sciences et de l'
humanisme est désormais visible dans un seul lieu. Commençons par l'Académie Française fondée par Richelieu en 1635 qui, en fin stratège, pensait que les Lettrés pouvaient jouer un rôle dans la société. À l'époque, l'Académie Française n'était pas plus qu'un bureau d'enregistrement des statuts et règlements ou des lettres signées par Louis XIII. Ses statuts lui confèrent un droit d'exercice sur la langue française : « la principale fonction de l'Académie Française sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner les règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences » (On comprend mieux pourquoi nos Académiciens refusent d'accepter le terme de « Madame LA Ministre » !!). Il faudra ensuite lui composer un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique et des règles seront édictées pour l'orthographe. C'est ainsi que le premier dictionnaire voit le jour en 1694. Elle ouvrira ses portes aux romanciers bien plus tard, tels Chateaubriand, Lamartine,
Hugo, Vigny,
Musset, ou aux hommes politiques et d'Eglise, journalistes, critiques et universitaires, dramaturges, poètes, historiens, savants... En savoir plus : www.academie-francaise.fr Bien sûr, on ne peut parler d'
Académie Française sans évoquer la somptueuse Bibliothèque Mazarine au 23, quai Conti, Paris 6e où est regroupée la fabuleuse collection de livres de
Mazarin. Le rouge Cardinal, l'or, les armoiries y sont omniprésentes. Je vous laisse le soin de faire le rapport avec la
grande bibliothèque de François Mitterrand et du prénom de sa fille Mazarine. Mais l'Institut de France compte aussi l'Académie des inscriptions et belles lettres : Colbert décida en 1663 de réunir des humanistes pour déchiffrer des inscriptions latines sur les monuments, la plupart des érudits en firent partie. Il s'agit d'étudier les monuments, les documents, les langues, les cultures, les civilisations de l'Antiquité, du
Moyen Age, de l'âge classique et l'orientalisme. Pour plus d'infos : www.aibl.fr L'Académie des Sciences est plus récente. À ses débuts, en 1666, elle réunissait des « savants » de toutes disciplines. C'est
Colbert qui l'intégra au grand projet de l'Institut de France. Auparavant, ces érudits savants devaient se contenter d'une simple salle accordée par
Louis XIV. Elle devint Académie Royale en 1699 et fut installée au
Louvre. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle qu'elle fut vraiment reconnue pour son rôle actif dans le mouvement scientifique de l'époque. Elle rejoignit l'Institut de
France en 1805. Rens : 01.44.41.43.67 et courriel : disc@academie-sciences.fr L'Académie des Beaux-Arts regroupe l'Académie royale de peinture et de sculpture, d'architecture, mais aussi l'Académie royale de musique. Cette institution avait pour but de faire cesser les mécénats et autres tutelles sur les artistes. Faire connaître mais aussi enseigner était le but de cette Académie avec des salons organisés pour la promotion des artistes. L'architecture était, à l'époque, une discipline très respectée, c'est pourquoi il fallait protéger les artistes dans tous ces domaines. Des concours furent organisés dont le plus connu est
le prix de
Rome qui rassemble encore de nombreux candidats en
peinture, sculptures, graveurs, architectes. La prestigieuse villa Médicis en
Italie est une des descendantes de l'Académie des Beaux-Arts de Paris. Cette Académie est réorganisée par Napoléon puis par Louis XVIII pour accueillir des mécènes, des historiens d'Art (en 1985 est fondée une section se rapportant à l'audiovisuel et au cinéma et en 2005 à la photographie). Rens : 01 44 41 43 20 et courriel : contact@academie-des-beaux-arts.fr Enfin reste la dernière Académie, celle des Sciences Morales et Politiques. Elle fut établie après la Révolution, durant le siècle des Lumières, mais fut sanctionnée par
Napoléon. Ce fut Louis-Philippe qui la rétablit en 1832 pour y dispenser les Sciences Humaines et ce sont des noms illustres qui y participèrent comme Guizot, Tocqueville, Michelet, Bergson, René Coty, Raymond Aron,
Albert Schweitzer... Rens : tel. 01 44 41 43 26
Pour en savoir plus sur L'Institut de
France connectez-vous sur le site : http://www.institut-de-france.fr
Date de création : 29/08/2006 16:59
Contributions de Catherine
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