Le constat est alarmant : depuis 20 ans, le nombre d'allergiques et d'asthmatiques a énormément augmenté dans le monde. Un adulte sur 12 est asthmatique. Ces dernières années, des recherches ont démontré que l'asthme était très souvent d'origine allergique (trois fois sur quatre chez l'enfant). L'allergie respiratoire est une réaction de grande sensibilité à des
substances que l'on nomme allergènes. Cette réaction n'est présente que chez certains individus chez lesquels l'organisme produit des anticorps IgE (Immunoglobulines E). Les symptômes peuvent être une simple rhinite (nez qui coule, nez bouché, éternuements) ou une toux répétée. L'allergie respiratoire peut être constante ou saisonnière. Bien plus grave qu'une
rhinite, l'allergie respiratoire peut devenir une gêne intense quand elle évolue vers la crise d'asthme. La personne qui la subit a la sensation d'étouffer, sa respiration devient rauque, saccadée, l'air a du mal à passer. L'allergène atteint les bronches, peut les obstruer, provoquer une hyper-réactivité, un gonflement interne (
oedème) ou un épais mucus. A noter qu'en 10 ans, le nombre d'enfants asthmatiques a doublé et que l'asthme représente 2000
décès par an. Le problème devient préoccupant car si l'on connaît mieux la maladie et que les médicaments sont plus efficaces, cela n'empêche pas une augmentation de la fréquence de la maladie et de sa sévérité, de même qu'une augmentation de la mortalité. C'est pourquoi les recherches s'orientent de plus en plus sur l'analyse des allergènes. Des questions se posent : quel est l'impact de la pollution ou du confinement des habitations sur la résistance des allergènes ? Mais d'où viennent ces allergènes ? Qui sont-ils ? Des chercheurs ont pu démontrer que l'allergie respiratoire pouvait être d'origine héréditaire. Les généticiens ont découvert que les paires de chromosomes 4,5 et 11 avaient une action sur l'hyper-réactivité bronchique. Cependant l'environnement et spécialement les acariens (présents dans les
matelas et moquettes) ont un rôle prépondérant ainsi que les moisissures et les cafards (ce que l'on savait moins). Les animaux domestiques peuvent également être source d'allergie respiratoire. D'autres facteurs s'ajoutent, comme la pollution atmosphérique due au diesel qui accroît l'effet nocif des pollens par exemple. La pollution n'est pas un facteur à elle seule, elle ne fait qu'accroître le phénomène et la dangerosité des allergènes. Quant aux
virus (
rhume,
grippe...), ils ont un rôle de déclenchement de la crise d'asthme, voire d'aggravation de celle-ci. Comment devient-on allergique ? Il suffit d'une première rencontre avec l'allergène pour fabriquer des anti-corps. C'est lors de la seconde rencontre que l'allergie va se produire. Les biologistes de
Lille et de
Montpellier tentent de cerner tous les mécanismes de
formation de la crise. Des recherches sont également conduites sur de nouveaux traitements et sur l'environnement. Il a été prouvé qu'en purifiant l'
environnement d'un enfant dès sa naissance, 50 % des asthmes pouvaient être évités. Les deux premières années sont donc capitales pour éviter au maximum les allergies respiratoires futures. Des gestes simples peuvent être faits tous les jours : éviter toute moquette – ne pas laisser traîner les vêtements mis la journée dans la chambre –
aérer la literie – utiliser des bombes acaricides sur les rideaux, etc... Une fois l'allergie installée, comment s'en débarrasser ? Certains prônent l'éviction des allergènes (facile à dire mais pas à faire : comment se débarrasser de toute pollution ?). D'autres misent sur la désensibilisation, soit une injection de l'allergène à des doses de plus en plus fortes : cette méthode a, paraît-il, des résultats en
Angleterre et aux
Etats-Unis mais a des détracteurs en France. Enfin, de nouveaux
médicaments sont régulièrement mis sur le marché (antihistaminiques - broncho-dilatateurs – corticoïdes –
anti-inflammatoires – corticostéroïdes inhalés (CSI) – « anti-leucotriènes » (commercialisés aux
Etats-Unis, à l'étude en
France) qui agissent sur les récepteurs cellulaires – anticholinergiques, à l'étude, qui agiraient au niveau de la réactivité des bronches... D'autres études sont très prometteuses, portant notamment sur le principe d'anticorps d'une immunoglobuline obtenue par clonage et qui aurait des résultats très intéressants dans les allergies aux pollens et dans l'
asthme allergique. On arrivera peut-être, dans les prochaines années à prévenir et à guérir ces allergies respiratoires si gênantes et parfois lourdes de conséquences.
Date de création : 07/09/2006 17:38
Contributions de Chris

Allergie respiratoire
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :
Votre article est bien fait et assez complet. Mais ma question est: Pourquoi n'y at'il pas un thème qui parle des maldies(respiratoires)rares comme la Laryngomalacie ou le Stridor?