En 1997, le club de football de Vénissieux Minguettes (dans la banlieue lyonnaise) traîne une indéniable réputation de club de voyous, et ce même dans ses catégories les plus jeunes.
C'est alors que Béatrice Clavel, aujourd.hui maître de conférence en psychologie à
Lyon 2, se met en tête d'analyser les troubles de ce quartier sensible
dans une thèse. " La violence naissante
des 6-12 ans à Vénissieux s'expliquait par le fait qu'ils n'avaient pas intégré les règles de vie collective.
Le football m'apparaissait un parfait moyen de vaincre cette logique d'égocentrisme. "
Béatrice Clavel propose alors ses services au club comptant le plus de licenciés (650) dans la ligue
Rhône. La plupart des éducateurs des Minguettes suit aussitôt le projet. Une formation particulière leur est alors enseignée pour ajouter davantage de pédagogie dans leurs entraînements. " On leur donne une situation de jeu où les jeunes ont un problème à résoudre. Ils se regroupent et apprennent à trouver une solution collectivement ", apprécie Nadi Derran, responsable de l'école des 6-12 ans de Vénissieux.
L'aventure prend progressivement de l'ampleur, si bien qu'elle est primée en 2001 par l'éducation nationale. Mais la réussite est complète lorsque le
centre de recherche et d'éducation par le
sport voit le jour en juin dernier, une grande première en
France. Une vingtaine de salariés et bénévoles travaillent au CRES qui, s'il se situe à
Vénissieux, se consacre à d'autres structures que les Minguettes. " Notre action aux Minguettes aura servi d'expérience car le CRES s'apprête à présent à former des éducateurs sportifs pour six zones sensibles, dont la région de
Nantes et
Strasbourg ", annonce Béatrice Clavel. La maître de conférence a incorporé sept de ses étudiants au coeur du CRES pour accompagner les
éducateurs sportifs des Minguettes. Enfin, ceux qui le permettent...
" Le projet a été fait sur la durée et n'a pas reçu l'enthousiasme de tous dès le départ. Maintenant, il n'y a pas de résistance majeure dans le club. On est une quinzaine à y adhérer pleinement ", précise Nadi Derran. Le bilan semble avoir de l'avenir dans toutes les zones sensibles françaises car, comme se réjouit Béatrice Clavel, " la situation catastrophique dans les catégories jeunes a disparu. Ils remportent même des prix de fair-play maintenant. Et nul doute que la
formation qui leur est donnée leur sera profitable dans la vie de tous les jours, notamment à l'école. "
Date de création : 09/12/2005 12:25
Contributions de Jeremy

les Minguettes
Que ferait-on sans les psy? Les médias en ont beaucou parlé de cette hsitoire aux Minguettes. C'est une histoire surprenante