A l'occasion de l'année du Brésil en
France, La Cité de Dieu, véritable chef d'oeuvre de Fernando Meirelles, a connu son véritable envol.
Le cinéma est toujours prêt à livrer de superbes suprises. En adaptant le roman du même nom de Paulo Lins, Fernando Meirelles a réalisé en 2002 un
film d'une époustouflante authenticité. Et pour cause : les effrayants mais attachants pensionnaires de la plus célèbre favela de
Rio de Janeiro ne sont pas des
acteurs. Le réalisateur tenait à un réalisme optimal (Paulo Lins a vécu sa jeunesse dans la Cité de Dieu) et a donc effectué un drôle de
casting avec les jeunes des banlieues brésiliennes. Un
recrutement sur mesure pour une fresque dantesque, retraçant l'existence des gangs détalant et tuant à tout va, devant des policiers peu procéduriers.
Sorte de Tony Montana brésilien, Zé Pequeno (auparavant Daddinho) est l'un des héros cinématographiques les plus infâmes de l'histoire. Inhumain au possible (il explose le nombre record de "fils de p..." dans un film et y viole la seule femme qui lui plaît...), il stigmatise la crudité d'un carnage à l'indéniable lyrisme.
Car tous les personnages multiplient les facettes. Son bras droit Béné serait, malgré sa fonction de gangster dealer, le plus adorable des gendres. Son hilarante danse sur
James Brown et son éternel sourire en font le parfait opposé de "Zé". L'autre personnage clé, Booskapé, narrateur et
photographe en herbe, est un gentil looser ne collant pas toujours avec le sanguinaire environnement de la favela. Ajoutez-y Selura, la belle Angela, Manu le Coq, Steak
frites. Autant de personnages qu'on a le temps (2h15) de découvrir en profondeur. Une psychologie louable sur fond de violence parfois à la limite du supportable mais glissés dans des délires incomparables. Une merveille de sincérité type Scarface des temps modernes. A bien y réfléchir, le scénario ne prend jamais d'ampleur scorsenienne mais ne bat jamais de l'aile non plus. Les effets de flashback (une scène revient à quatre reprises), de flou, et les
couleurs toujours vives de l'image sont autant de prouesses techniques.
L'effrayante guerre de gangs -surtout lorsque l'on connaît le faible degré de fiction du film- n'y fait que s'empirer, autant que le plaisir des
yeux se confirme. Sans nul doute le meilleur moyen de fêter l'année du
Brésil...
Date de création : 09/12/2005 12:26
Contributions de Jeremy

Les dieux brésiliens
précision ce film se déroule sur les année 60, 70 et 80. Par ailleurs le film est un conte de fée par rapport au livre, sachez que zé pequeno a vraiment existé et d'aprés le bouquin il pouvait etre aussi mauvais que bon