Les parents de Jeanne Bourgeois née en 1875, surnommée plus tard Mistinguett, sont des petits commerçants d'Enghien-les-Bains. Soucieux de son éducation, ils offrent des
cours de violon, de
chant classique et de comédie à leur fille. Mais, contre toute attente, c'est le caf'conc' et
le music-hall qui vont séduire Mistinguett. C'est ainsi que la surnomme affectueusement Saint Marcel, un célèbre meneur de revues parisiennes, qui la rencontre souvent dans le train d'Enghien. « Miss Helyett » ou « Miss Tinguette », pour finir « Mistinguette » débute donc sa carrière en 1885 au Trianon Concert. Après quelques années à l'Eldorado, elle connaît un premier vrai succès en 1909 à 34 ans au
Moulin Rouge avec « La Valse chaloupée ». Pourtant, elle ne sait guère chanter ni même danser, par contre, elle sait très bien jouer la comédie et charme ainsi son public avec sa drôle de gouaille et ses airs coquins. Elle finira par enlever le « e » final de son nom et apprendra la scène sur le terrain. Vêtue de robes à paillettes, de chapeaux décorés, elle se déchaîne sur scène de manière exubérante, entraînant la joie du public. Elle rencontre Maurice Chevalier, qui n'est pas encore une grande vedette à l'époque et qui sera son grand amour. Trois ans plus tard, Mistinguett connaît le succès et la notoriété aux
Folies Bergère avec «
La Valse renversante ». Maurice Chevalier et Mistinguett, amoureux fous, deviennent le couple idéal du
Music-hall. Ils s'éloignent, se retrouvent, s'éloignent à nouveau mais seront sur scène régulièrement tout au long de leurs carrières. Mistinguett devient LA référence en matière de revue musicale, une reine incontestée de la scène. Mistinguett, meneuse de revue devenue mythique, est adulée en
France mais aussi à l'étranger, plus précisément aux
Etats-Unis et en
Amérique du Sud. Maurice Chevalier se sent un peu en retrait vis-à-vis de la belle, il la quitte pour se destiner à sa carrière. C'est à cette époque, vers 1920 que Mistinguett crée « Mon homme » en hommage à Maurice Chevalier. (« Dans la vie, ma seule joie, mon seul bonheur... C'est mon homme... »). Aux
Etats-Unis, naîtra le mythe de ses jambes qui seront assurées pour... 1 million de dollars, une véritable fortune à l'époque ! Elle devient l'image type de la Parisienne en concurrence avec
Joséphine Baker. Elle monte également sur les planches («
Madame Sans Gêne » en 1921) et joue au
cinéma (« Les Misérables » en 1913, « Mistinguett détective » en 1927, « La Glu » et « Rigolboche » en 1936). Légende vivante, Mistinguett fait sans arrêt parler d'elle et se met à la publicité pour des parfums ou des galettes bretonnes ce qui lui rapporte de confortables revenus. Cependant, Mistinguett, dans ses costumes en plumes, continue toujours sa carrière au
music-hall. Dans la vie privée, elle est entourée, même âgée, par une cour d'admirateurs qui la suivent partout. Passionnée par son métier, elle se produira jusqu'à l'âge de 75 ans. Extrêmement fatiguée, à bout de forces, elle arrête le spectacle, mettant du même coup, peu à peu fin à sa vie. Quelques années plus tard, elle décède le 5 janvier 1956 à Bougival à l'âge de 81 ans. Elle correspondra avec
Maurice Chevalier jusqu'à sa mort, d'ailleurs ce dernier déclarera : « Mistinguett m'a donné les deux plus grands bonheurs de ma vie : l'
amour et le succès ». Des succès éternels sont associés à Mistinguett et restent encore aujourd'hui dans la mémoire collective. Qui n'a jamais fredonné « Mon Homme » ou « On dit que j'ai de belles gambâettes, c'est vrai ! », ou encore « Ca, c'est
Paris ! » ? Même les plus jeunes reprennent encore ses refrains en choeur lors des
karaokés... Preuve que Mistinguett, héroïne des années folles, reste bien vivante dans les mémoires.
Date de création : 16/10/2006 17:14
Contributions de Chris

Mistinguett
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