Quand on pense à Machiavel, on l'associe souvent à l'adjectif « machiavélique » qui signifie de nos jours « démoniaque, diabolique... ». Si on classe Machiavel dans la catégorie des penseurs et des philosophes, il est important de signaler que ce qui l'intéressait n'était pas la métaphysique mais la politique et contrairement à ce que l'on croit, Machiavel n'était pas proche des tyrans,
il était au contraire profondément républicain. Avoir une approche rationnelle, presque scientifique de la politique était son unique démarche en cette période troublée que traversaient l'
Italie et Florence sous le règne des Médicis. Nicolas Machiavel est né en 1469 à Florence dans une famille de petite bourgeoisie. La lignée des Médicis régissait Florence qui n'était qu'une petite République de pacotille. Les Médicis furent contraints à l'exil en 1494. Machiavel obtint alors le poste de secrétaire de chancellerie, avec des pouvoirs diplomatiques importants. Il remplit parfaitement son rôle, rencontrant notamment César Borgia en 1501 et 1502 qui avait des vues sur la
Toscane, la
France,
Rome... Puis un gouvernement populaire fut instauré à Florence en 1502, dirigé par Soderini, sorte de
Président de la République à vie : Machiavel y fut nommé responsable d'une milice militaire. La République de Florence et Soderini furent à leur apogée quand soudainement la République s'effondra en 1512 avec l'invasion des Espagnols qui décimèrent le tiers de la population. La milice fut dissoute, Machiavel torturé, exilé. C'est alors que les Médicis firent leur grand retour au pouvoir. Toujours en exil, Machiavel tenta de se rapprocher d'eux en rédigeant « Le Prince » (ouvrage analysant le rôle politique du souverain, qui ne sera publié qu'après sa mort). Il commenta aussi l'histoire romaine « Le Discours sur la première décade de Tite Live », écrivit une comédie « La Mandragore » et revint peu à peu en grâce. Il fréquenta à nouveau les réunions intellectuelles et termina de rédiger « Le Discours » et « L'art de la guerre ». En 1520, l'Académie de
Florence, sous la houlette du cardinal Jules de Médicis, le chargea d'écrire l'histoire de la cité. 7 ans plus tard, lorsque la République fut à nouveau proclamée, Machiavel connut à nouveau la disgrâce à cause de ses relations avec les Médicis. Se sentant rejeté, Machiavel disparut la même année le 22 juin 1927 d'un abus de camphre.
Machiavel a certainement été mal perçu puisqu'on n'a retenu de lui que cette espèce d'immoralisme politique... Pourtant, les italiens découvriront en lui un mystificateur (d'où le double sens de l'adjectif « machiavélique » signifiant également fourbe, ou rusé)... Ce serait en fin politique, de manière sournoise, que Machiavel aurait donné quelques conseils aux princes afin de mieux les guider vers leur perte, pour permettre au peuple de se soulever afin de reprendre les commandes d'une vraie République. En fait, Machiavel aurait parodié un genre littéraire très en vogue à l'époque, qui consistait à conseiller les Princes dans leurs actions pour qu'ils se conduisent vertueusement. Machiavel un immoral ? Ce serait plutôt un analyste politique amoral, ayant un jugement scientifique de la chose politique plutôt qu'une considération morale... En somme, l'inventeur de ce qu'on appelle Sciences politiques aujourd'hui. Le but de Machiavel n'était pas que la politique ou que les princes dominent les hommes, mais grâce à une analyse sérieuse, de rendre possible une
Politique républicaine grâce à des fondements solides et réalistes.
Date de création : 17/10/2006 15:20
Contributions de Chris

Machiavel
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :
J'ai étudié Le Prince de Machiavel et j'ai adorer sa facon de penser !