Le marché des disques "pirates" existe toujours à Lyon, mais il n'est plus le cheval de bataille des petits disquaires. Pleins feux sur un trafic mystérieux et surtout illégal.
Qui n'a pas rêvé de trouver, au coin de sa
rue, des disques live incontournables de
Bob Dylan ou
Johnny Hallyday ? Et ainsi ressentir l'excitation de tâter un objet rarissime et de flirter avec le risque. Car ne perdons pas de vue la loi du 5 février 1994 qui interdit en
France toute
contrefaçon. "Avant cette loi, les cd pirates étaient étalés sans aucun problème à la
Fnac", se souvient d'ailleurs un "petit" disquaire lyonnais.
A
Lyon depuis plus de vingt ans, il a perçu les colossales modifications du marché. Il faut dire que cela change tout de devenir illégal. "J'ai vécu certains moments chauds il y a quelques années. Un collègue lyonnais a d'ailleurs bien morflé et a définitivement arrêté le bootleg (comment a-t-on pu traduire ce mot par pirate ?)", poursuit-il.
Le marché du pirate ne tient que dans des négociations incessantes, et dans la nécessité de décortiquer les disques pendant environ deux heures.
Qui n'est pas tombé sur un live où il entendait davantage un "jacky" parlant de sa biture de la veille que son idole ? Pirate rime le plus souvent avec risque. Celui de se faire capter au bout de sa 30e acquisition mensuelle mais aussi celui de tomber sur un son de garage. "Personne n'est fiable dans ce milieu. La semaine dernière, j'ai commandé un
concert récent de
Muse et aujourd'hui, je reçois une merde !" Mais bons ou mauvais, d'où proviennent ces objets de collection?" Les bootlegs viennent la plupart du temps d'
Allemagne,
Hongrie, voire d'
Afrique du Sud. Ils sont généralement tirés à 500 exemplaires. J'ai un intermédiaire qui me contacte pour m'en proposer et voilà le résultat." Le résultat, c'est une caisse pleine de disques aux pochettes parfaites, mais au son souvent moins.
Une des explications à un recul évident du marché ? "Ce qui tue le pirate, c'est avant tout les graveurs et
Internet. Aujourd'hui, les mecs récupèrent un disque original aux
Etats-Unis avant de le copier en
Hongrie et ainsi faire couler le monde du disque. Et les mafias de l'est sont très bien
organisées", se lamente notre nostalgique vendeur. "C'est pourquoi je continue d'en proposer à petites doses parce que les flics ne font plus trop chier. Mais c'est surtout car j'ai, grâce à ces raretés, une clientèle très sympa. Parce qu'honnêtement, ce n'est pas un moyen de se faire du
pognon..."
Date de création : 13/12/2005 13:26
Contributions de Jeremy

Industrie du disque