L'émotion est forte lorsque Mialy, Malgache, évoque sa petite fille. Impossible de faire un trait sur le passé. Il y a maintenant dix ans qu'elle n'a pas revu Vero. Tout commence en 1991, quand Mialy se sépare de son concubin. Elle se retrouve
sans emploi, avec ses trois filles sur les bras. C'est alors qu'elle fait appel à un centre
d'accueil pour enfants. En 1993, elle leur confie les deux dernières, âgées de 4 et 6 ans. Le centre trouve du
Travail à Mialy qui est désormais
femme de ménage.
"Dès que je pouvais, je donnais 20 000 FMG (2
euros) pour assurer l'avenir de mes filles" assure Mialy. Et en 1994, tout va basculer. La cadette connaissait quelques problèmes de
santé. "Elle est cardiopathe." Au centre, on affirme qu'il faut l'envoyer à l'étranger pour se faire soigner, que c'est sa seule chance de s'en sortir. "J'ai alors signé des papiers pour cela" explique la mère de
famille, tentant de garder son calme.
Et puis quelque temps après, "on m'a dit que ce serait mieux pour ma fille de faire ses études là-bas. Qu'elle aurait de meilleures conditions de vie." Quand Mialy a protesté, elle s'est vue répondre : "tout est déjà fait de toutes façons". .Il n'a jamais été question d'adoption. Alors forcément, aujourd'hui, Mialy regrette d'avoir signé des papiers sans avoir fait attention. "Je ne me rappelle plus ce que j'ai signé c'est vrai ; mais jamais il n'a été question d'
adoption" s'insurge-t-elle.
Par la suite, le centre l'a informée que Vero avait été opérée en 1996, qu'elle allait bien. Mais rien ne le prouve. "On m'a dit qu'elle était en lieu sûr. Que sa
famille d'accueil subvenait à ses besoins, mais je n'en sais rien, je n'ai même pas son adresse." Au début, elle recevait des
jouets, des bricoles. Depuis quelques temps, elle ne reçoit plus rien. Pas de
lettre, ni de
photo. "Je ne sais pas si elle est encore en vie."
Aujourd'hui, Mialy a récupéré son autre
fille qui était au centre. Elle garde des enfants et a ses deux filles à charge. Elle doit essuyer les médisances du voisinage qui l'accuse d'avoir vendu son enfant. La directrice du centre lui a dit que sa
fille aurait le choix de revenir à
Madagascar dès sa majorité. Mais Mialy a peur qu'elle ne revienne jamais, qu'elle soit morte peut-être.
Date de création : 15/12/2005 15:18
Contributions de Jeremy

Madagascar