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Le prix Goncourt 2006 est attribué à… Jonathan Littell pour son roman « Les Bienveillantes »



On aurait pu se croire à la remise des Césars, sauf que l'intéressé, 39 ans, n'était pas là, préférant l'ombre à la lumière et aux paillettes, à moins que ce ne soit un effet habile pour cultiver le mystère et la médiatisation. Première en France : le plus célèbre prix littéraire français était attribué à un Américain... Là ne
résidait pas le moindre des paradoxes. Outre le fait que « Les Bienveillantes » était déjà un énorme succès en librairie (250 000 exemplaires déjà vendus), cet énorme pavé de 900 pages en était aussi un dans la marre de la société « bien-pensante ». Car, il faut bien le dire, le sujet était délicat à traiter. Jugez vous-même : retracer l'histoire du nazisme en se plaçant sous un autre angle, celui d'un officier nazi face à l'extermination des Juifs et de son sentiment de culpabilité ou pas. Et, c'est bien en cela que ce livre bouleverse les consciences et suscite le malaise car comment expliquer l'inexplicable ? Comment retracer des vérités historiques, avec des noms, des dates, des lieux en se plaçant dans le rôle du bourreau, nuançant ainsi tout ce que l'âme humaine peut avoir d'ambigu et de non déterminé au départ ? Le plus problématique, c'était qu'on ne pouvait reprocher à Jonathan Littel des approximations historiques car il avait pris garde de ne mêler à son roman que des détails vérifiables (noms propres, hiérarchie SS, lieux topographiques...). De plus, Jonathan Little avait parcouru des zones de conflit pour des ONG (Tchétchénie, Afghanistan) pendant 15 ans et il avait pu, lors de ses expériences, mesurer, à l'échelle de ce qu'il voyait, les comportements humains, très ambigus quant à leur responsabilité en tant que meurtriers. Reste que le narrateur, Max Aue, ancien officier SS qui livre ses confessions sur le thème du bourreau et de sa responsabilité propre, prend ses sources dans l'Histoire, qu'il sait pratiquement tout de son déroulement, allant même jusqu'à décrire une rencontre avec Hitler et de fait, le lecteur ne sait même plus si ce Max Aue a vraiment existé ou pas. Plus encore, le fait que Max Aue ait quelques états d'âme le fait passer pour un Nazi aux idées modérées, voire un idéaliste, bien qu'il soit bel et bien un meurtrier et un pervers. Là où le bât blesse, c'est que Jonathan Little l'auteur, fait passer Max Aue pour quelqu'un qui aurait été de très ordinaire au fond, partagé entre son humanisme et son obéïssance à un endoctrinement insidieux. Il n'aurait donc été qu'un technicien désirant l'efficacité de son Travail dans les camps en ayant cependant conscience du bien et du mal et de la stupidité de l'antisémitisme. Pourtant, il apparaît aussi monstrueux quand il dépasse le cadre de ses fonctions, usant de meurtres, de viols, de tortures. La seule question qui est vraiment très dérangeante et l'on comprend qu'elle le soit, c'est : peu importent les raisons (économiques, sociales, racistes...), Comment des hommes peuvent-ils faire des choses aussi sordides tout en tentant d'excuser leurs actes par l'embrigadement et l'obéïssance ? Et surtout, comment peut-on nous demander à nous, lecteurs, d'essayer de comprendre leurs raisons, alors qu'elles sont tout simplement incompréhensibles et inexcusables ?... Nous, lecteurs, avons beau essayer de comprendre le pourquoi de cet étalage de crimes et d'états d'âme, mêlé de philosophie de bon aloi, il est une Entreprise qui doit se frotter les mains et ça, c'est beaucoup plus pragmatique : Gallimard aura remporté le jackpot cette année car, comme chacun sait, la controverse fait vendre, surtout quand il s'agit d'un sujet aussi sensible. Les membres du jury Goncourt semblent avoir été charmés par le sujet polémique et la manière d'écrire de l'auteur (7 voix contre 3). Les historiens, eux, semblent en général sceptiques sur l'oeuvre en question. Car, la question reste posée : comment faire d'un nazi un héros de roman ? C'est une question de morale et c'est que la fascination du mal ne date pas d'hier, que le mal devient presque invisible dans la chaîne des responsabilités, alors qu'il est bien là puisqu'il prend des initiatives et se complet à obéir. Pourquoi donc un tel débat médiatique envers ce qui ne sera probablement jamais l'oeuvre du siècle ? Car, pourquoi aurait-on de l'empathie pour un tel personnage, romanesque de surcroît, en oubliant l'horreur des victimes, ou en les atténuant du fait même de cette confession. Pour finir, un prix littéraire doit applaudir à un style de langue française et non à un débat choc. Et franchement, vous en connaissez beaucoup qui vont lire 900 pages pour faire bien dans la bibliothèque ? De toute façon, ce sera comme pour le Da Vinci Code, vous irez voir « les Bienveillantes » au cinéma car le livre s'y prête... Rien à voir avec Marcel Proust... Décidemment, tout se perd, même les prix littéraires !

Date de création : 11/11/2006 16:45
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Jonathan Littell
Jonathan Littell


Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :

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Il y a 11 commentaires pour cet article :
Le 22/11/2006 à 21:30:19, speppo@hotmail.com a écrit :

Je n'aime pas votre point de vue. Vous dîtes :" Nous, lecteurs, avons beau essayer de comprendre le pourquoi de cet étalage de crimes et d'états...". Je suis un lecteur et ne me sens pas representé par ce que vous dites: Je pense par contre qu'il faut s'interroger sur le pourquoi la normalité et ce genre de crimes puissent cohabiter. C'est ce que ce genre de littérature doit nous suggerer. L'atrocité du nazisme n'a pas été le résultat d'une folie individuelle ou collective c'était a ce temps la normalité pour beaucoup de personnes. Gare à penser que seuls les fous y on participé. C'est pourtant la direction que le monde a pris ces derniers temps. L'actualité est pleine d'exemples de ce type!
Le 22/11/2006 à 22:00:27, catherine en réponse a écrit :

Suis d'accord avec vous sauf sur un point : "qu'est-ce que la normalité ?". L'histoire a montré de tous temps que les hommes étaient capables de plein d'atrocités sans pour autant bouleverser les consciences qui obéissaient parce que cela était "normal" d'obéir. Le fait que l'homme en général, évolue vers plus d'humanité et de conscience des autres, est souhaitable. C'est pourquoi il est utile de se poser la question, justement aujourd'hui, : "peut-on banaliser des bourreaux ?" et les rendre humains alors que tout doit pousser l'homme à progresser vers l'amour et la compassion. Cela prendra du temps. Mais se poser cette dernière question est celle qui m'intéresse.
Le 23/11/2006 à 15:58:44, speppo@hotmail.com a écrit :

Je pensais l'avoir suggéré avec mes propos et je suis d’accord, qu'est la normalité si les personnes agissent ainsi? Mais encore qu’est la normalité aujourd’hui avec les guerres que nous menons, ou nos gouvernements pour nous? Par contre je ne sui pas d’accord sur le reste. La folie tout comme la normalité ou l’humanité, si vous préférez, est un groupement que nous faisons souvent pour nous distinguer et nous innocenter, surtout quand coupables nous menons une vie hostile envers le monde entier. Le vrais danger est celui de se sentir normal ou comme vous dites humains et les autres non. C’est pour cela que je vois un mérite dans la narration d’un criminel bien accompagné qui se sentais normal et par contre une erreur le penser que ce soit un livre à l’humaniser, « Max Aue » le narrateur du livre, étais humains ! Un humains parmi les autres et il se sentais humains comme vous et moi, mais encore comme pouvait le faire tous les collaborateurs, les fascistes et sympathisants, les violents, les meurtriers d’Europe et du monde entier, ceux d’hier tout comme ceux d’aujourd’hui. Nous voulons tous vivre en paix, mais seulement si nous nous remettons constamment en question on pourra vraiment « progresser vers l'amour et la compassion ». Si nous nous différencions à priori, on ne se posera pas les bonnes questions.
Le 04/12/2006 à 21:28:50, lincotin@msn.com a écrit :

Je n'en suis qu'à la page 160 mais je trouve votre commentaire un peu trop "politiquement correct". Je ne suis ni néo-nazi ni nostalgique de cette période mais je trouve que l'auteur nous apporte un vision différente de celle à laquelle nous sommes habitués en France. Il bouscule les consciences et en cela mérite une attention particulière. La question que cet ouvrage nous amène à nous poser est la suivante: comment aurions-nous agi à cette époque? cette question je me la pose depuis longtemps et je suis bien incapable d'y trouver une réponse. Il est toujours facile de juger 60 ans après sans y avoir été confronté.je sais que nous ne sommes que des Hommes avec nos forces et nos faiblesses et que notre vraie nature individuelle ne se manifeste vraiment que lors d'évènements dictés par le destin. A mon sens, et après 160 pages, l'auteur ne fait que nous jeter en plein visage ce que nous pourrions être en de pareilles circonstances et nous confronte avec nos propres consciences. Quant à votre jugement sur ces 900 pages, oui elles seront lues et pas seulement pour "faire bien".Pour ma part c'est l'histoire d'une semaine et pourtant je travaille.Je fais partie de ces lecteurs assidus qui préfèrent un bon livre à un mauvais programme télé! La lecture permet de s'instruire mais aussi de se divertir.... J'ai lu le "Da Vinci code" et j'ai adoré.J'ai adoré parce que je l'ai pris pour ce qu'il est:un divertissement. Il faut arreter de dire aux gens ce qu'ils doivent lire ou pas, ce qu'ils doivent regarder à la télé ou pas, nous sommes assez grands pour nous faire nos propres jugements! Et pour finir, concernant votre remarque sur les prix littéraires, je suis d'accord à 50% !! Le "goncourt" de l'an passé ("Trois jours chez ma mère" de François Weyergans)n'est qu'une masturbation de l'esprit d'un auteur en manque d'inspiration, mais peut-être était-ce au tour des éditions Grasset de recevoir la consécration???... Concernant e lauréat de cette année, je vous dirai si, à mon goût, il est mérité une fois arrivé à la page 900!!! Pour le moment il en a l'étoffe. Cependant un autre ouvrage justifie totalement son prix à mon goût (et méritait peut-être même mieux), il s'agit de "Une promesse" de Sorj Chalandon, prix Médicis. Enfin amis lecteurs, je ne saurais vous quitter sans vous conseiller un auteur finlandais trop peu connu en France: Arto Paasilinna! Amis lecteurs, lisez ce que vous voulez et forgez vous votre propre opinion! N'attendez pas qu'on le fasse pour vous! Et si vous etes à contre-courant, rassurez-vous, vous n'êtes pas forcément anormaux....
Le 05/12/2006 à 07:08:20, Catherine en réponse a écrit :

Bonjour lincontin.. Votre commentaire est intéressant. Le rôle d'un critique littéraire est d'attirer l'attention d'un futur lecteur pour le pousser à avoir sa propre opinion en l'incitant à lire l'oeuvre en question. Quant au Da Vinci Code, je persiste dans mon opinion. "Arto Paasilinna", je ne connais pas. Je vais donc, sur vos conseils, entreprendre sa lecture. Merci du conseil. Si ça tombe, je ne vais pas aimer du tout et cela sera mon droit comme vous le dites.
Le 05/12/2006 à 21:59:53, lincotin@msn.com (ou toph a écrit :

je vous remercie pour votre réaction et cette fois je suis en total accord avec vous!excepté le "da vinci code" bien sûr.... je suis honoré de vous faire connaître Arto Paasilinna.C'est pour cela que je me permets de vous conseiller deux ouvrages pour entrer dans "l'univers" Paasilinna : "prisonniers du paradis"- folio N° 3084 et "la douce empoisonneuse"- folio N°3830. vous y découvrirez un humour que j'apprécie particulièrement.... bien évidemment libre à vous de ne pas aimer!! quant à notre "goncourt", me voici rendu page 320 et malgré quelques longueurs assez lourdes sur la linguistique, je n'ai pas encore changé d'avis!
Le 07/01/2007 à 07:11:11, leo new york a écrit :

J'ai lu les bienveillantes et je ne vois pas pourquoi vous vous dechainez contre cette oeuvre. Il s'agit simplement d'une fiction qui s'appuie sur des faits reels. Ce Roman permet aux jeunes de comprendre d'une maniere abordable l'horreur NAZI et permet aux plus ages de s'interroger sur la nature de la bete qui est en nous. Pour ma part, la lecture de ce roman m'a pousse a faire des recherches sur des drames de la seconde guerre mondiale. Pourquoi condamne un roman qui contibue au devoir de memoire. Je positionne ce roman au meme niveau que le roman de Schmitt " la part de l'autre". Il est trop simple de dire que l'autre agit comme une bete car il n'est pas humain. L'autre agit comme une bete et il est humain au sens propre. Pourquoi un homme physiquement et a priori intelllectuellement "normal" a la naissance devient il une bete?? On ne peut pas eviter la question. Il ne sert a rien de se cacher derriere le meme argument "C'est un monstre"...
Le 08/01/2007 à 19:26:46, Catherine en réponse a écrit :

Bonsoir Léo d'Amérique. En aucun cas, un roman ne peut accorder le bénéfice du doute à la barbarie. Car le pire, c'est qu'il ne s'agit pas d'une fiction... Et on ne peut pardonner ni comprendre l'horreur nazie. Le devoir de mémoire, je veux bien, mais le devoir de mémoire pour tous les opprimés aussi qui n'ont pu s'exprimer... Où est-il ? Pourquoi ne pas glorifier "Mein Kampf" tant que vous y êtes. Pour votre gouverne, l'homme est un animal qui a évolué, certains sont toujours en retard. Ceux là même qui comprennent sont des monstres. C'est mon opinion. Je ne crois pas du tout en la bonté de l'homme. Il est capable du pire, comme du meilleur. En aucun cas, je ne veux absoudre le héros de ce roman ni son auteur... Tout simplement, parce que je suis humaine, justement.
Le 22/02/2007 à 00:45:26, musiquemarie a écrit :

Pour moi la question est: ma vie vaut elle plus que celle des juifs ? D'apres la réponse il y a soumission á l'horreur ou révolte et refus quitte á accepter de mourir. J'espere que je l'aurais fait si non je mourrais psychiquement Aue est un pervers tel que le définit la psychanalyse. Ilo n'est pas "normal"ni ordinaire. Il ne faut pas etre un héros pour que la dimension morale fasse partie intégrante de la vie psychique. Il faut la soumissiom á Loi : INTERDIT de l'inceste et du meurtre Mais quelle extraordinaire érudition
Le 25/02/2007 à 17:50:36, pathosvieunonosss a écrit :

faut-il être demeurer pour faire du " sentimentalisme " sur des personnages fictifs (Aue par ex ) !
Le 22/08/2007 à 11:58:33, quackels eric a écrit :

Je suis en pleine lecture du livre de Jonathan LITTELL, et je m'étonne du manque de références historiques. Quelles sont les bases? la documentation? quelles archives? consultées à quel endroit? quand? dans quelles conditions? avec qui? Même si la précision des faits est remarquable, j'aimerais connaitre les éléments de construction de ce roman historique.



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