C'était l'événement du début de l'année 2005. Le Peuple de l'Herbe, génial collectif précurseur de la scène électro lyonnaise, sort son troisième album. Cube est un parfait condensé de ce qu'ils maîtrisent le mieux : un métissage total des genres.
Oyez, oyez. La nébuleuse du Peuple de l'Herbe a encore frappé. Pour réaffirmer son statut de leader de l'électro du coin, voire de la
planète, elle pose sur la table une troisième rondelle de son gros son groovy, prêt à faire
danser les clubbers et bercer les fumeurs. Cube est sorti début 2005, et tout Lyon l'attendait de pied ferme. Sur le site officiel, un compte à rebours illustrait l'impatience générale.
Après écoute, dans le coin, on n'est pas déçu. Nul doute que la planète suivra. Pas de véritable surprise, finalement, sur les seize pistes de l'objet du désir. Si l'ensemble donne une impression de maturité posée, le melting pot des cultures musicales reste le leitmotiv des quatre
musiciens lyonnais. Un peu plus de
hip hop dans leur dub, quelques rasades de ragga mêlées à leur funk-house-drum'n'bass.
La palette est large, la maîtrise évidente. Les invités ajoutent à l'ouverture, et l'on se prend à imaginer les
concerts que tout ce joyeux bordel va donner. La naissance du Peuple de l'Herbe, rappelons-le aux non avertis, coïncidait à la fin du siècle dernier avec celle de la bonne zik underground à Lyon. En écoulant à 30 000 exemplaires des albums métissés et joyeusement foutraques, le groupe, composé de deux Dj's, d'un trompettiste et d'un batteur, inscrivait la ville comme place forte des " musiques actuelles ", cette formule malléable si chère aux " cultureux " du pouvoir.
Il ouvrait une brèche dans laquelle High Tone ou Zenzile n'ont pas tardé à s'infiltrer. Lyon est devenu un bastion de l'
électro, et les
discothèques ont adoré. Le Peuple a lancé la révolution, puis mûri et poursuivi la lutte. La différence entre Cube et les deux albums précédents (Triple zéro et PH Test two) ?
Nos jardiniers sonores ont enregistré la chose dans des conditions optimales. Leur propre studio, aux Subsistances, d'une superficie appréciable de 250 m2. Du temps, pas de pression. Ils se savaient attendus, ils semblent aussi savoir qu'ils ont du talent. Alors, la sérénité transpire du skeud, qui se veut sobre et abouti.
Les membres du groupe confiaient à l'hebdo
Lyon Capitale qu'il était "difficile de continuer à faire de la musique où l'on dirait à tout le monde que la vie est cool, car l'époque n'est pas à la fête. "
S'ils ont caché leur joie au moment de pondre cette petite merveille, nous n'en ferons pas autant en y collant les oreilles.
Date de création : 18/12/2005 10:18
Contributions de Jeremy

Peuple de l’Herbe