Souvent discréditée par les amateurs de sport de combats qui prétendent que la capoeira n'est en réalité qu'une danse, cet art martial est devenu très populaire depuis une dizaine d'années.
Mais son histoire remonte évidemment à bien plus loin.
Née au Brésil entre le XVI et le XVIII la capoeira était surtout pratiquée par les esclaves noirs. Elle se base en effet sur les
techniques de danses des peuple de l'
Afrique, nées en
Angola ou au
Mozambique. L'appellation capoeira désigne à l'origine des sortes de broussailles denses dans lesquelles les esclaves se cachaient pour fuir leurs maître. Ce sport symbolise le combat contre la répression pour la liberté.
Auparavant réprimée à cause du tapage et des rixes occasionnés par les capoeiristas qui s'entraînaient beaucoup dans la
rue, la toute première académie de Capoeira n'apparaît que dans les années 30. C'est la Luta Regional Baiana, fondée par un des plus grands maîtres de cet art, Mestre Pastinha. Cet homme a énormément apporté à sa passion, il a écrit en outre le premier
livre parlant de la philosophie de la Capoeira, a établi l'uniforme ainsi l'orchestre qui accompagne les sportifs. Son école est au départ à peine tolérée avant d'être officiellement autorisée. Elle pourra être considérée comme une très belle réussite dans l'histoire de la Capoeira.
Le sport gagne en popularité et de nombreux groupes se forment au
Brésil et mettent au point des réglementations, comme adopter des cordons de couleurs pour identifier le niveau d'un sportif. En même temps que la montée du mouvement de la conscience noire dans les années 80, on cherche à rétablir les traditions et cela accroît le nombre de formations de capoeiristas.
Ces groupes sont à l'image de la Capoeira car cette discipline se compose de plusieurs académies et d'écoles avec des pratiques et des inclinations différentes mais qui respectent toutes le même fondement culturel de ce sport si particulier.
On l'enseigne dans des écoles spécialisées où la hiérarchie est très marquée entre l'élève et le maître, appelé Mestre.
La capoeira tient beaucoup du spectacle, c'est un mélange entre art de combat et danse. Pour la pratiquer, deux capoeiristas évoluent au milieu d'un cercle, la roda, formé par les autres participants qui jouent de la musique. Les sportifs combattent alors au son des instruments. D'ailleurs, ils ne combattent pas réellement, on dit plutôt qu'ils « jouent » et ce jeu représente beaucoup de choses : le combat, le dialogue sans les mots, et l'expression corporelle. Ce qui est typique chez la capoeira et la distingue de la plupart des sports de combat, c'est que chaque attaque est une esquive. Il ne faut pas toucher l'adversaire, mais conserver un rapport harmonieux.
Comme par exemple pour le
karaté, le niveau du capoeiristas est délimité par la couleur de sa ceinture. Mais le niveau en question englobe plusieurs critères, à la fois la connaissance techniques des différents domaines (
danse,
musique..) et également l'engagement de l'individu dans le sport, son investissement dans son académie, son aide à l'organisation de manifestations, sa présence aux compétitions. Il est vrai que l'accomplissement moral a une importance tout aussi importante que la performance physique car l'éthique commune aux sports de combats se retrouve aussi chez la capoeira et se fonde sur la discipline et le respect mutuel. Mais la capoeira consiste en un apprentissage autrement plus complexe car elle joue énormément sur la comédie (ce que l'on appelle la mandiga, les combines utilisés pour tromper l'adversaire), la stratégie, et la
théâtralité de la représentation. Elle donne pour finir une part essentielle à la communication entre les lutteurs qui doivent rester très attentifs.
Ce
sport développe la souplesse, la dextérité, l'endurance et l'harmonie avec son corps.
La Capoeira reste un des sports les plus fascinants de part son histoire, sa culture et ses apports aussi divers qu'enrichissants.
Date de création : 26/11/2006 13:56
Contributions de Eve

la capoeira
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